Dossier Traité transatlantique de libre-échange
Chypre

Chypre

Capitale : Nicosie
Population : 0,85 million - (Eurostat - 2014)
Superficie : 9 251 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 2004-05-01
Taux de croissance du PIB : -5,4 % - (Eurostat - 2013)
Taux de chômage : 15,9 % - (Eurostat - 2013)
Dette publique : 111,7 % - (Eurostat - 2013)
Inflation : 0,0 % - (Eurostat - 2014)
Monnaie : Euro
Découpage administratif : 6 districts, 33 villes, 85 communes
Hymne national : Imnos is tin Eleftherian (Hymne à la Liberté)
Indicatif téléphonique : 357
Code ISO : CY
Système politique : République
Espérance de vie : 80,5 ans - (Eurostat - 2011)
drapeau Chypre

Politique

La République de Chypre, indépendante en 1960, est divisée depuis l'intervention turque de 1974. Le nord de l'île échappe au contrôle effectif du gouvernement de la République, seule reconnue par la communauté internationale.

Créée en 1983, la "République turque de Chypre-Nord" n’est reconnue que par Ankara. Les Chypriotes grecs sont regroupés au Sud  (750 000 en 2006) ; au Nord, se trouvent les Chypriotes turcs et de nombreux immigrants de Turquie (sans doute 250 000 en 2006).

Nicos Anastasiades, dirigeant du Rassemblement démocratique (DISY, conservateur), a été élu président de la République de Chypre lors du 2e tour de l'élection présidentielle du 24 février 2013, recueillant 55,7 % des suffrages, contre 42,5 % pour son adversaire, Stavros Malas (Parti progressiste des travailleurs, AKEL). Nicos Anastasiades succède ainsi à Dimítris Christofias.

Les élections législatives de mai 2011 ont renforcé le Rassemblement démocratique (DISY), représentant de la droite libérale, de deux sièges (de 18 à 20), au détriment de l'ancienne coalition au pouvoir depuis 2008. Le parti communiste (AKEL), désormais parti d'opposition, a gagné un siège (de 18 à 19). Le Parti démocratique (DIKO), son partenaire dans la coalition gouvernementale jusqu’en juillet 2011, a vu sa position s’éroder (de 11 à 9 sièges). Les prochaines élections législatives devraient se tenir en 2016.

Quant à la communauté chypriote turque, l'ancien Premier ministre Dervi? Ero?lu a remplacé Mehmet Ali Talat, élu en 2005, à la tête de l'Etat à la suite de l'élection du 18 avril 2010.

Le pays et l'Union européenne

Chypre dépose sa demande d’adhésion aux Communautés en 1990. L’UE considère que cette demande est faite au nom de l’île entière et ouvre les négociations en 1998, dans l’espoir de favoriser un processus de réunification politique. Mais les chypriotes turcs ne participent pas aux pourparlers, ayant posé comme préalable la reconnaissance de leur Etat.

Chypre adhère à l’Union européenne le 1er mai 2004. Si, en droit, c’est toute l’île qui est membre de l’UE, l'application de l'acquis communautaire est suspendue dans la partie nord. Cette division pose des difficultés dans le cadre des négociations d’adhésion de la Turquie, qui occupe militairement le nord de Chypre. Ankara s’est finalement engagé à reconnaître Chypre avant son éventuelle adhésion à l’UE, à laquelle Nicosie est favorable (dans une perspective de normalisation des relations entre les deux pays).
Le 1er janvier 2008, Chypre a adopté l'euro.

Chypre compte 6 représentants au Parlement européen et détient 4 voix au Conseil.

Géographie

Au carrefour de trois continents (Europe, Asie, Afrique), Chypre est la troisième grande île de la Méditerranée après la Sicile et la Sardaigne. Son point culminant est le mont Olympe (1952 m), situé dans le massif du Troödos.

La situation géographique de l’île a suscité pendant des siècles de constantes rivalités entre les puissances désireuses de s’en assurer la possession.

Economie

A son entrée dans l'Union européenne en 2004, Chypre était le plus riche des dix nouveaux adhérents. Mais si à l'époque la partie sud connaissait une réelle prospérité, le Nord, bien que bénéficiant d'une croissance élevée, subissait un retard de développement. La communauté chypriote turque demeurait en effet largement dépendante des échanges avec la Turquie et des subsides d'Ankara.

Les conséquences de la crise économique et financière ont cependant affecté l'île qui a été contrainte de solliciter en juin 2012 l’assistance financière de l’Union européenne, de la banque centrale européenne et du Fonds monétaire international, pour faire face aux besoins de ses banques, dont 40% des engagements extérieurs concernent la Grèce, et au financement des dépenses publiques. Un accord de principe a été donné aux autorités chypriotes, en vue de répondre à cette demande d’assistance financière. Des progrès ont été enregistrés dans les discussions entre Chypre et la troïka en vue de parvenir à un mémorandum d’accord. Des efforts sont encore nécessaires afin que cet accord soit finalisé, et qu’une décision sur l’assistance financière puisse être prise (la décision était attendue à l’Eurogroupe du 21 janvier). Le parlement chypriote a adopté le 20 décembre 2012 un budget d’austérité suite aux éléments d’accord identifiés avec la troïka.

L'économie chypriote est largement fondée sur le secteur tertiaire, notamment le tourisme (supérieur à 15 % du PIB), les services financiers et juridiques ainsi que le secteur maritime. La marine marchande chypriote est la troisième de l'Union européenne et la huitième du monde. Le commerce extérieur de l'île se fait à hauteur de 60 % avec l'UE. Le pays offre un environnement fiscal très favorable. Enfin, le potentiel gazier de la zone économique exclusive (ZEE) de Chypre pourrait, à moyen terme, bénéficier à l’économie du pays, et fait l’objet depuis septembre 2011 d’une campagne d’exploration menée par la société américaine Noble Energy. Les premières estimations indiquent l’existence possible d’un réservoir de gaz naturel équivalent entre 150 et 200 années de consommation de Chypre et à la moitié des importations annuelles de l’UE.

Histoire

Chypre a connu une série d’influences, mycénienne, phénicienne, grecque, romaine, byzantine...

  • 1191 : en route pour Jérusalem, Richard Cœur de Lion s’empare de Chypre. Le pouvoir est confié aux Templiers puis à la dynastie poitevine des Lusignan pendant trois siècles. L’île est conquise par les Vénitiens en 1489, puis par les Turcs en 1571.
  • 1878 : Chypre passe sous tutelle britannique. Elle devient colonie de la Couronne en 1925. Alors que les communautés grecque et turque cohabitaient tant bien que mal sous la domination ottomane, les rivalités sont exacerbées par la lutte anti-coloniale.
  • 1960 : proclamation, le 16 août, de l’indépendance de Chypre. Les tensions entre les communautés grecque et turque croissent. Après les événements de Noël 1963, l’ONU doit intervenir pour mettre fin aux violences (création de la FNUCHYP en 1964). Le conflit entre la Grèce et la Turquie est évité de justesse.
  • 1974 : les militaires au pouvoir en Grèce organisent un coup d’Etat contre le président chypriote Makarios. Des troupes turques débarquent dans le nord de l’île pour protéger les intérêts de la communauté turque. L’île se retrouve divisée.
  • 2004 : rejet du plan des Nations Unies pour la réunification de l’île. Chypre entre divisée dans l’Union européenne.

  • Lehttp://fr.wikipedia.org/wiki/3_avril 3 avril 2008, la rue Ledra, coupée en deux par un mur, rue piétonne et commerçante du Vieux-Nicosie, est rouverte après 40 ans de séparation. On peut y voir là un premier pas symbolique vers la réunification de l'île.

Drapeau et hymne

Créé et adopté à l’occasion de l’indépendance du pays en 1960, le drapeau chypriote est le seul, avec celui du Kosovo, à dessiner la carte de son territoire. Il apparaît en couleur dorée, symbolisant le cuivre, richesse principale de l’île. Le fond blanc et le rameau d’olivier signifient quant à eux à la paix et la sérénité, qui prévalaient à cette date. Depuis, la division du pays a entaché cette idée première. Dans le cas d’une réunification, le choix d’un nouveau drapeau pourrait être fait.

L’hymne chypriote, intitulé en français "Ode à la liberté", a été écrit en 1823 par le poète Dionysios Solomos et composé en 1844 par Nikolaos Mantzaros. Adopté unilatéralement par la communauté grecque de l’île en 1966, l’hymne n’est pas reconnu par la communauté turque.

Lire l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

Chypre est depuis la haute antiquité d’abord une terre de culture grecque, puisque la mythologie y fait naître Aphrodite, quelque part entre Limassol et Paphos.                   


La culture chypriote est le reflet des influences culturelles variées qui ont marqué l'île. Si elle a su garder intacte sa double identité hellénique et turque, elle a assimilé des éléments d’autres cultures jusqu’à devenir une véritable mosaïque culturelle. Ainsi les églises byzantines et les mosquées côtoient-elles les vestiges de l’époque néolithique, les temples de style gréco-romain, les châteaux ou églises franques et les forteresses vénitiennes. Le dialecte chypriote et la gastronomie gardent encore les traces du passage des Lusignan et des Vénitiens.

Par ailleurs, ses vins figurent parmi les plus vieux du monde : de nombreuses appellations que l’on retrouve dans beaucoup de pays européens proviennent d’ailleurs de cépages importés de Chypre après les croisades.

Aujourd’hui, l’île présente les deux visages contrastés de la tradition et de la modernité. Tous les domaines culturels sont représentés, avec une propension manifeste pour les arts plastiques. Chypre s’est doté d’un orchestre symphonique et de plusieurs festivals de niveau international : le Festival Kypria (pluridisciplinaire), un Festival Européen de Danse, le Festival de Paphos (opéra), le Festival de Bellapaïs (musique classique), un Festival de Théâtre Antique. Et les producteurs privés sont toujours plus nombreux à organiser de grands concerts avec les plus grands noms de la chanson ou de l’opéra.

Léonce Machairas (XVe siècle)

Sa chronique, avec la chanson chypriote "Arodaphnousa", ont inspiré "Pisanella" et d’autres pièces poétiques à Gabriele d’Annunzio.

Gustav Lafont (XIXe siècle)

Poète romantique, il a vécu au XIXème siècle. Il a notamment réalisé la traduction en français de l'"Hymne à la liberté" du poète national grec Dionisios Solomos.

Charalambos R. Lipsos

A la fois peintre et poète, il est un des rares à avoir rencontré un succès égal dans les deux domaines. Il publie ses premiers poèmes dès l’âge de seize ans. Quatre de ses recueils ont été publiés en français : "Philosophiques apothéoses", "Ruines grecques", "Non-être", "Fausse île". Il a réalisé plus de trente-cinq expositions en France, en Belgique et aux Etats-Unis.