Commission Juncker 2014-2019
Bulgarie

Bulgarie

Capitale : Sofia
Population : 7,24 millions - (Eurostat - 2014)
Superficie : 110 899 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 2007-01-01
Taux de croissance du PIB : 0,9 % - (Eurostat - 2013)
Taux de chômage : 13 % - (Eurostat - 2013)
Dette publique : 18,9 % - (Eurostat - 2013)
Inflation : -1,8 % (Eurostat - 2014)
Monnaie : Lev
Découpage administratif : 28 régions, 260 communes
Hymne national : Mila rodino (Chère patrie)
Indicatif téléphonique : 359
Code ISO : BG
Système politique : République
Espérance de vie : 74,4 ans - (Eurostat - 2012)

Politique

La Bulgarie (Balgarija) est une république de type présidentielle, organisée par la constitution de 1991.

Plamen Oresharski assure la fonction de Premier Ministre. Il était vice-doyen de la faculté des finances de l'Université d'économie nationale et mondiale, puis est devenu directeur du Trésor et de la dette du Ministère bulgare des Finances en 1993. Il est à la tête du gouvernement bulgare depuis le 29 mai 2013.

Depuis le 23 janvier 2012, le Président de la République est le conservateur Rossen Plevneliev, élu le 30 octobre 2011.

Le pays et l'UE

Depuis l’effondrement du bloc soviétique et le changement de régime politique, la Bulgarie s’est orientée de manière continue vers un rapprochement avec l’UE. Elle a établi des relations diplomatiques avec l'Union européenne en 1988. L’accord européen d'association signé en 1993 est entré en vigueur en 1995. Enfin, le pays a présenté sa candidature d’adhésion à  l’UE en 1995. Les négociations d'adhésion ont commencé en 2000. Le traité d'adhésion qui prévoyait une date d'adhésion au 1er janvier 2007, a été signé, quant à lui, le 25 avril 2005.

La Bulgarie a adhéré à l'Union européenne le 1er janvier 2007. Elle assurera la Présidence de l'Union européenne au second semestre 2018.

Le pays compte 17 députés au Parlement européen et 10 voix au Conseil de l'UE.

Géographie

Située à l’est de la péninsule balkanique, le territoire de 111 000 km2 de la Bulgarie est bordé au nord par la Roumanie, à l’est par la mer Noire, au sud par la Turquie et la Grèce, à l’ouest par la Serbie et la Macédoine.

Deux chaînes de montagnes traversent le pays : le Balkan et la chaîne du Rhodope, culminant à 2900 m. De part et d’autre du Balkan, le pays s’articule autour de deux larges vallées - celle du Danube partagé avec la Roumanie et celle de la Marica. Plus d’un tiers du territoire est recouvert de forêts, principalement de conifères.

Le réseau urbain reste assez faiblement développé et s’appuie avant tout sur la capitale Sofia, qui compte 1,1 millions d’habitants sur les 7,8 millions du pays, des villes d’importance moyenne – Stara Zagora, Plovdiv et Pleven - et deux ports sur la Mer Noire, Varna et Burgas. Au sud du pays se concentre une minorité d’origine turque. La Bulgarie a aussi une importante minorité tzigane.

Economie

L'agriculture est la base traditionnelle de l'économie nationale. Les principales cultures sont les céréales, le maïs, le tournesol, la betterave et le coton. La Bulgarie profite également d'anciennes traditions dans l'industrie légère et surtout dans le secteur agro-alimentaire et le textile.
Le tourisme constitue une part importante de l'économie bulgare, en raison de son climat méditerranéen, de ses nombreuses stations balnéaires et stations de ski. En 2008, le pays a accueilli 8,9 millions de touristes.

Durant la décennie 2000, la Bulgarie a connu une croissance économique importante liée avant tout à la perspective de son adhésion à l'Union européenne et l’intensification de ses échanges avec les pays membres de l’UE. En 2013, la croissance du PIB s'est élevée à 0,9% et le chômage à 13%. Il est particulièrement important chez les catégories sociales les plus fragiles de la population bulgare, en particulier chez les tziganes.

Histoire

Les deux premiers royaumes bulgares

    • 681 : Le premier royaume bulgare danubien, de courte durée, est fondé par l’unification des tribus slaves et bulgares venues du Danube inférieur au VIe siècle. La zone de contact entre l’Empire romain d’Orient et les tribus slaves ou magyares reste pendant des siècles âprement disputée.
    • 852-888 : Le pays est converti au christianisme de rite grec par les frères Cyrille et Méthode, qui apportent l’écriture cyrillique. Les monastères constituent durant l’ensemble de l’histoire bulgare des lieux privilégiés d’élaboration et de défense d’une identité nationale bulgare.

    • 893-927 : La Bulgarie connaît un "Siècle d'Or" pendant le règne de Siméon le Grand, tsar des Bulgares qui tente de conquérir Byzance. Après des luttes sanglantes la Bulgarie orientale et occidentale redeviennent des provinces byzantines sous le basileus Basileios II, le "tueur de Bulgares".

    • 1186-1393 : Deuxième Royaume Bulgare soutenu par les royaumes latins et la papauté dans le contexte des croisades, émaillé de conflits multiples avec les Serbes, les Mongols et les Byzantins. La prise de la capitale Tirnowo (1393) et la chute du tsar Ivan III marquent le début de cinq siècles de domination ottomane.

    Autonomie et troisième royaume de Bulgarie

    • 1878 : Le Traité de San Stefano met fin à la guerre russo-turque (1876-1878) et permet la création d’une Bulgarie autonome, libérée de la présence ottomane mais toujours soumise nominalement à Istanbul. Les grandes puissances européennes révisent le traité au congrès de Berlin (juillet 1878) imposant une réduction de l'étendue de la Bulgarie, séparée de la Macédoine et de la Roumélie orientale, jusqu’à la réunification de 1885.

    • 1908 : Le prince Ferdinand Ier, qui a mené depuis 1887 une politique hostile à la Russie faite  d’européanisation de l’administration, de l’économie et de l’armée, inspirée par le premier ministre Stambouliov, se proclame Tsar des Bulgares et fonde le Troisième Royaume, marquant la souveraineté de la Bulgarie et son indépendance à l’égard de l’Empire ottoman.

    La démocratie au bout du chemin

    • 1919 : En tant qu’alliée des empires centraux lors de la Première Guerre Mondiale, la Bulgarie se voit contrainte, lors de la signature du Traité de Neuilly, de céder la Macédoine à la Grèce, tout en conservant l’accès à la mer Égée, et la Dobroudja.

    • 1944 : Le coup d’Etat nationaliste de 1934 initie une décennie de gouvernement autoritaire du tsar Boris III. La Bulgarie rejoint les puissances de l’axe durant la Seconde Guerre Mondiale, jusqu’au coup d’Etat pro-soviétique de 1944 qui est suivi de l’occupation du pays par l’armée rouge.

    • 1946 : Un référendum met fin à la Monarchie et instaure une République populaire, sous le gouvernement de Dimitrov. La dictature adopte des formes staliniennes jusqu’à la déstalinisation de 1956, mais se poursuit jusqu’à la chute du mur de Berlin.

    • 1989 : Avec l’effondrement du bloc soviétique, le pays s’oriente vers l’établissement d’un Etat de droit, d’une démocratie conforme au pluripartisme et d’une économie de marché.

    Drapeau et hymne

    Le drapeau bulgare remonte à 1879. A l’époque, le pays subit le joug ottoman et, grâce à l’implication de la Russie, récupère un vaste territoire, néanmoins limité par les puissances occidentales. Par conséquent, la Bulgarie adopte un drapeau proche de celui de la Russie, vecteur d’indépendance : seul le vert remplace le bleu, dans une déclinaison locale des couleurs slaves. Le blanc symbolise la paix, le vert l’abondance et la liberté, et le rouge le courage et la bravoure.

    L’hymne bulgare, intitulé Mila Rodino ("Chère patrie"), a été créé en 1885, adopté en 1964 et modifié en 1990. Le chant a été composé en réaction à l’implication occidentale qui visait à limiter, voire à diviser le territoire bulgare, à la suite de la victoire slave de la fin du XIXe siècle face à l’empire ottoman. Le texte, écrit par le poète Ivan Vazov et mis en musique par Tsvetan Radoslavov décrit le pays comme un paradis et loue le courage des défenseurs de la patrie.

    Voir l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

    Culture

    Cyrille et Méthode (IXème siècle)

    Les deux frères de Thessalonique, évangélisateurs des peuples slaves, sont les créateurs de l’alphabet cyrillique et les traducteurs des textes sacrés. Ils sont canonisés à la fin du IXème siècle, et incarnent le symbole de l’essor de la nation bulgare et du christianisme de rite grec. Le culte dont ils font l’objet témoigne de l’interpénétration de longue date entre la culture nationale et le sentiment religieux. Le 24 mai est aujourd’hui un jour férié en Bulgarie, dédié à l’écriture slave, l’éducation et la culture bulgare.

    Christo (1935-)

    Cependant, au delà de l’attachement à la tradition religieuse, des artistes bulgares se sont illustrés dans les courants les plus novateurs de l’art contemporain. Il s’agit en particulier de Christo qui s’est spécialisé dans les installations éphémères, qui ont un écho considérable dans le monde artistique international. L’ "emballeur" a notamment œuvré sur le Pont Neuf à Paris, le Reichstag, et le MOCA (musée d’art contemporain) de Chicago. L’effet de décalage produit par ces grands voilages recouvrant des monuments politiques, culturels et touristiques provoque un changement du regard sur l’objet architectural et fait naître un questionnement de la notion de monument.

    Sylvie Vartan (1944-)

    La chanteuse d’origine bulgare témoigne des liens culturels entre la France et la Bulgarie. Il s’agit sans aucun doute de la Bulgare la plus connue des Français, sa carrière musicale commence en 1962, année de sa rencontre avec Johnny Hallyday. Elle reste attachée à son pays : en 1990, elle donne un grand concert à Sofia, et fonde une association humanitaire afin d’aider les plus démunis dans le pays.

    Julia Kristeva (1941 -)

    Née en Bulgarie, Julia Kristeva s’installe en France en 1964. Psychanalyste et théoricienne du langage, elle établit un dialogue entre la sémiologie et l’analyse psychologique. Disciple de Lacan, elle s’écarte de lui en soulignant l’importance des fonctions maternelles dans de développement de la subjectivité et l’apprentissage du langage. Elle enseigne à l’université de Paris et a publié divers ouvrages, dont le plus connu est "Etrangers à nous même".