Commission Juncker 2014-2019
Allemagne

Allemagne

Capitale : Berlin
Population : 80 millions - (Eurostat - 2014)
Superficie : 357 167 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 1957-01-01
Taux de croissance du PIB : 0,4 % - (Eurostat - 2013)
Taux de chômage : 5,3 % - (Eurostat - 2013)
Dette publique : 78,4 % - (Eurostat - 2013)
Inflation : 1,0% - (Eurostat - 2014)
Monnaie : Euro
Découpage administratif : 16 Länder dont 3 villes-Etat, 32 Regierungsbezirke, 323 Landkreise, 14865 communes
Hymne national : Deutschlandlied (Chant d'Allemagne)
Indicatif téléphonique : 49
Code ISO : DE
Système politique : République fédérale
Espérance de vie : 81 ans - (Eurostat - 2012)
drapeau Allemagne

Politique

L’Allemagne est une république fédérale de type parlementaire composée de 16 Länder fédérés, régie par la Loi fondamentale de 1949.

A Berlin, la capitale fédérale, siège le Parlement bicaméral qui se compose du Bundestag et du Bundesrat, constitué des représentants des Länder.

Angela Merkel (CDU) est devenue la première "Bundeskanzlerin" de la République fédérale allemande en novembre 2005. Elle a formé un gouvernement de "grande coalition" pendant quatre ans, rassemblant chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates.

A l'automne 2009, elle a été reconduite sans difficulté à ses fonctions de chancelière après la victoire de son parti, la CDU, aux élections législatives allemandes organisées le 27 septembre 2009. Cette fois-ci, c'est un gouvernement dit de "petite coalition" - Chrétiens-démocrates de la CDU/CSU avec les libéraux du FDP - qui dirige la première puissance économique européenne.

Lors des élections législatives du 22 septembre 2013, la CDU a obtenu 41,5% des voix et la SPD 25,7%. Angela Merkel forme alors un nouveau gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates, qui entre en fonctions le 17 décembre 2013.

Joachim Gauck est devenu le 11e président allemand le 18 mars 2012. Jouissant d'une grande popularité, il succède à Christian Wulff, élu président le 30 juin 2010 et contraint de démissionner en février 2012 à la suite d'un scandale financier.

Le pays et l'Union européenne

Comptant parmi les membres fondateurs de la construction européenne, l’Allemagne a su faire de la promotion du projet européen la pierre de touche de sa réconciliation avec les ennemis des deux guerres mondiales et le socle de la restauration de sa souveraineté et de sa légitimité. Konrad Adenauer, chancelier de 1949 à 1963, se fit le fervent défenseur des étapes successives de la construction communautaire, CECA, CED et CEE.

La volonté d’entente renforcée du couple franco-allemand au travers du renforcement des coopérations intergouvernementales, des concertations et des projets culturels lui a souvent valu de jouer le rôle de moteur de l’Europe et il s’est exprimé d’une seule voix dans les couples de dirigeants célèbres, Adenauer- De Gaulle, Giscard d’Estaing- Schmidt ou encore Kohl-Mitterand. 

Les Allemands ont consenti, lors du traité de Maastricht, à la disparition du Deutschmark, symbole de la reconstruction et de la prospérité née du miracle économique allemand, tout en oeuvrant en faveur de l’adoption de conditions d’unification monétaire très strictes, qui se sont traduites dans les critères de convergence limitant l’inflation et les déficits publics admissibles et dans la garantie de l’indépendance de la banque centrale européenne, symboliquement pourvue d’un siège à Francfort-sur-le-Main.

Le poids institutionnel et démographique de l’Allemagne (elle dispose de 96 sièges de députés au Parlement européen et de 29 voix au Conseil des ministres et elle est la plus grosse contributrice au budget de l'UE à hauteur de 19,6 %) lui a permis de peser sur les choix stratégiques récents de l’Europe, notamment en faveur de l’élargissement aux pays d’Europe centrale et orientale, auxquels de nombreux et étroits liens historiques, géographiques et économiques la rattachent, ainsi que dans les réponses européennes à la crise économique et financière. Le couple franco-allemand constitue, depuis l'origine, le principal moteur de l'intégration européenne.

Géographie

Située au coeur de l’Europe, l’Allemagne s’étend sur plus de 800 km, des Alpes bavaroises à la mer du Nord et à la mer Baltique et sur 600 km du Rhin à l’Oder. Les paysages s’étendent des plaines du Nord jusqu’aux différents massifs montagneux de l’Allemagne centrale (Harz, Hunsrück, Rothaargebirge) et méridionale (Foret Noire, Jura souabe). Le territoire se répartit entre trois grands bassins fluviaux, le Danube, le Rhin et l’Elbe.

Si plusieurs métropoles organisent le territoire – Berlin, Munich, Hambourg, Francfort - la concentration de la population est particulièrement importante dans la vaste zone de conurbation de la Ruhr autour de Düsseldorf et Dortmund, où s’est concentrée l’industrie lourde.

Avec 82 millions d’habitants, l’Allemagne est le pays le plus peuplé de l'UE.

Economie

Au cours des Trente Glorieuses, l’Allemagne a su se hisser au troisième rang des puissances économiques mondiales, première à l’échelle européenne, grâce à l’impulsion des secteurs dynamiques de la construction automobile et de l’industrie chimique, mais également des biens d’équipement. Sa force économique repose avant tout sur les exportations qui la placent au premier rang mondial. 30% de sa production y sont consacrés, dans un pays au marché intérieur pourtant important.

Le modèle de "l'économie sociale de marché" s’appuie sur une forte protection sociale, un taux de redistribution par les prélèvements fiscaux élevé et l’importance des institutions de cogestion et de négociation collective entre les syndicats et le patronat. Ce modèle connaît aujourd’hui des difficultés à la fois en raison de la concurrence internationale accrue par la mondialisation et en raison des coûts sociaux et économiques de la réunification. Depuis la fin des années 1990, les gouvernements successifs se sont assigné la tache d’alléger substantiellement les dépenses de l’Etat Providence.

L’Allemagne a su développer de nouveaux atouts dans les secteurs de haute technologie et les biotechnologies, en particulier dans les métropoles universitaires d’Allemagne méridionale. Elle a misé sur la tertiarisation de son économie et les industries à forte demande de main d’oeuvre qualifiée pour passer le cap du déclin industriel de larges régions, dans la Ruhr comme en Saxe et en Thuringe. L’industrie continue à occuper une proportion importante des actifs (près du tiers).

Après une décennie de faible croissance, l'Allemagne a retrouvé des taux de croissance élevés depuis 2005, consécutifs à de profondes réformes. Elle est depuis 2007 la quatrième puissance économique mondiale. L'Allemagne est également très dynamique sur le plan du commerce extérieur, et occupe la troisième place mondiale. Cela s'explique par le fait que les produits allemands sont généralement des produits à haute valeur ajoutée, jouissant d'une réputation de haute qualité.


Egalement touchée par la crise, elle a néanmoins su se repositionner sur les marchés grâce à ses exportations de produits haut-de-gamme, notamment dans le secteur de technologie de pointe, d'automobile ou encore la pharmaceutique.

Histoire

Les origines du pays

  • 962 : Naissance du Saint Empire Romain Germanique qui se considère comme le seul descendant légitime de l’Empire romain et prend la suite de la dynastie carolingienne. Les empereurs s’engagent dans une lutte de pouvoir de longue haleine avec la papauté qui aboutit au concordat de Worms (1122).

  • 1517 : La Réforme religieuse initiée par les 95 thèses de Martin Luther se diffuse largement dans l’Empire et suscite des guerres confessionnelles répétées aboutissant en 1555 à la reconnaissance de la Confession d’Augsbourg (luthérienne) et de sa domination en Allemagne septentrionale.

  • 1648 : Les Traités de Westphalie mettent fin à la Guerre de Trente Ans, conflit aux enjeux religieux, territoriaux et institutionnels multiples, en assurant la coexistence des confessions chrétiennes et en rénovant le Saint Empire, affaibli au profit des principautés territoriales qui en font partie.

L'unification nationale 

  • 1740-1786 : Frédéric II, roi de  Prusse, accélère l’ascension territoriale et militaire de la Prusse, engagée depuis le XVIIe siècle. Elle s’accompagne d’une pression fiscale accrue et d’un renforcement du pouvoir royal. La Prusse accède ainsi au rang de grande puissance européenne, rivale des Etats des Habsbourg au sein de l’Empire.

  • 1813-1814 : Le sursaut des guerres de libération contre l’occupation napoléonienne, aboutissant à la victoire de Leipzig (1813), suscite la naissance du sentiment national allemand qui s’exprime dans le mouvement intellectuel et artistique romantique.

  • 1871 : L’Allemagne est unifiée sous l’égide de la Prusse, dont le roi devient l’empereur Guillaume Ier à la suite de la politique "du sang et du fer" du chancelier Bismarck et au lendemain des guerres victorieuses contre l’Autriche et la France.

Les bouleversements du XXème siècle

  • 1918 : Le Traité de Versailles signe la défaite de l’Empire allemand au cours de la Première Guerre Mondiale, met fin à sa politique impérialiste et colonialiste et ampute l’Allemagne d’une part importante de son territoire. De la fin de la guerre naît la République de Weimar, marquée par une extension des droits sociaux et de la démocratie.

  • 1933 : Les crises économiques, l’humiliation du Traité de Versailles et la faible adhésion des élites à la république conduisent Adolf Hitler et la NSDAP au pouvoir, où il met en place une dictature sanglante fondée sur des principes racistes et bellicistes qui mènent à la Seconde Guerre Mondiale et à la destruction planifiée et massive des Juifs d’Europe, dont plus de cinq millions sont assassinés, en particulier dans des camps d’extermination en Allemagne et dans les pays occupés.

  • 1949 : La fondation de la République Fédérale d’Allemagne initie la renaissance politique du pays, qui est sorti anéanti de la Seconde Guerre Mondiale et est occupé par les quatre forces alliées. Elle marque aussi la division durable du pays sous l’effet des tensions de la Guerre Froide, puisque la zone orientale devient la République Démocratique d’Allemagne la même année. La RFA fait le choix de l’intégration européenne et de l’atlantisme et s’engage dans un spectaculaire redressement économique.

  • 1989 : La Chute du mur de Berlin symbolise la fin de la division de l’Allemagne, qui se matérialise par la réunification du 3 octobre 1990.

Drapeau et hymne

Le drapeau allemand, trois bandes horizontales noire, rouge et or, a été créé en 1816 et adopté en 1919 puis en 1949. Il est le seul symbole inscrit dans la Loi fondamentale allemande. Ses origines sont incertaines. Les couleurs viendraient des uniformes d’un corps prussien de bénévoles ayant combattu la France napoléonienne en 1815. Le drapeau actuel a été pour la première fois adopté par la République de Weimar, puis par les deux Allemagne en 1949. En 1959, la RDA y ajoute le marteau, le compas et le blé pour se distinguer. En 1990, le drapeau devient celui du pays unifié.

L’hymne national allemand, intitulé "Chant des Allemands", a été écrit par August Heinrich Hoffmann von Fallersleben en 1841, sur une mélodie de Haydn datant de 1797. Le chant prône une Allemagne unie et libre. En 1871, l’hymne est adopté par l’Empire allemand et repris en 1922 par la République de Weimar. De 1933 à 1945, l’Allemagne nazie n’utilise que le premier couplet de l’hymne : "Deutschland über alles". Après-guerre, l’hymne est banni. En 1952, pour la participation de l’Allemagne aux Jeux olympiques, seul le troisième couplet est chanté. Ce dernier formule les trois piliers du bonheur du peuple : unité, justice et liberté. Ce troisième couplet devient l’hymne national de l’Allemagne unifiée en 1991.

Lire l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

Johannes Gutenberg (1400-1468)

Son invention est considérée comme un événement majeur de la Renaissance, l'invention des caractères métalliques mobiles ayant été déterminante dans la diffusion des textes et du savoir.
Sa formation d'orfèvre lorsqu'il s'installe à Strasbourg entre 1434 et 1444 lui permet d'acquérir les techniques de la ciselure et à la maîtrise des alliages, essentielles pour sa future invention.

C'est en 1450 que Gutenberg convainquit le riche banquier Johann Fust de l'aider à financer son projet, par l'octroi d'un prêt de 800 florins. Le seul livre dont le tirage était susceptible de succès immédiat leur permettant de rentrer immédiatement dans leurs frais, était la Bible dans sa version latine.
Mais Gutenberg sera spolié de son matériel par Johann Fust, et ne sera sauvé de la misère que grâce à Adolphe II de Nassau qui lui accorda une pension à vie et le titre de gentilhomme de sa cour.

Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832)

Goethe demeure le poète emblématique de la culture classique et romantique allemande. Ses oeuvres poétiques (Le roi des aulnes), dramatiques (Faust) et romanesques (Les souffrances du jeune Werther) constituent autant de jalons de la création artistique nationale et universelle. La nation des "penseurs et des poètes (Dichter und Denker)" s’est construite sur un héritage culturel foisonnant qui s’est exprimé dans tous les domaines artistiques avec une semblable intensité, en littérature avec Lessing, Goethe, Schiller, Thomas Mann ou Brecht, comme en musique avec Bach, Beethoven, Schumann ou Wagner, ou encore en philosophie, ne serait-ce qu’à travers Kant, Hegel et Heidegger. Du romantisme à l’expressionisme, du baroque au classicisme de Weimar, la culture allemande a inspiré la culture européenne autant qu’elle s’en est nourri.

Ludwig van Beethoven (1770-1827)

Beethoven, l'un des plus grands compositeurs de tous les temps, a marqué l’histoire de la musique. S’affranchissant des règles classiques, il ouvrit de nouvelles perspectives dans la composition musicale et jeta les bases du romantisme. Malgré une vie marquée par le drame de la surdité, il fait preuve d'une foi en l’homme et d’un optimisme volontaire, affirmant la création musicale comme action d’un artiste libre et indépendant.

D'un tempérament fougueux, son art s’est exprimé à travers différents genres musicaux, et bien que sa musique symphonique soit la principale source de sa popularité universelle, il a eu un impact également considérable dans l’écriture pianistique et dans la musique de chambre.
 

Günter Grass (1927-)

Loin d’être éteinte, la création artistique allemande a retrouvé dans les dernières décennies du vingtième siècle un nouveau souffle, dont témoigne la métropole berlinoise où se concentrent les audaces des grands noms de l’architecture et une scène culturelle vivante, aussi bien au travers du théâtre d’avant-garde de Frank Castorf que dans les succès du nouveau cinéma allemand (Good Bye Lenin, de Wolfgang Becker (2003) par exemple), renouant avec la grande tradition cinématographique de Fritz Lang à R.W. Fassbinder. Autour des grands auteurs de la littérature d’après-guerre, Günter Grass ou Christa Wolf, une nouvelle génération d’auteurs impose sa marque. Günter Grass, a obtenu le prix Nobel de littérature en 1999 pour son oeuvre abondante où se rencontrent la satire réaliste et le fantastique souvent ironique (Le Tambour).

Max Planck (1858-1947)

La vie scientifique allemande peut s’enorgueillir de ses contributions au patrimoine commun de l’humanité dans de nombreuses disciplines, où elle accumule les prix Nobel, ainsi en physique avec Einstein, Heisenberg et Planck ou en biologie. De nombreux pôles d’excellence de la recherche allemande s’attachent à promouvoir une coopération scientifique européenne. Le réseau d’institutions de recherche a adopté le nom d’Instituts Max Planck en hommage au grand physicien.

Textes et documents

  • E. François, H. Schulze éd., Deutsche Erinnerungsorte, beck, Munich, 2003
  • A.M. Le Gloanec dir. Allemagne, peuple et culture, La Découverte, Paris, 2005
  • J.Rovan, Histoire de l’Allemagne, des origines à nos jours, Point-Seuil, Paris, 1999