Dossier spécial L'Europe dans la Présidentielle
Dates clés

Chronologie de l'Union européenne : 1957-1973, de l'Europe des six à l'Europe des neuf

Signature du traité de Rome

De l'échec de la CED à l'entrée en vigueur de l'union douanière, l'Europe fait un long chemin. La coopération communautaire ne se limite plus seulement au charbon et à l'acier : le traité de Rome introduit la Communauté économique européenne (CEE) et la la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom). En 1973, la communauté européenne vivra son premier élargissement.

25 mars 1957 : signature des traités de Rome

A la suite de la pénurie énergétique provoquée en 1956 par la crise de Suez, Jean Monnet estime que les Européens doivent s’unir au sien d’une communauté atomique qui les conduira vers l’autosuffisance énergétique. De leur côté, les partenaires de la France sont plutôt favorables à la création d’un marché commun, un projet qui n’a pas la faveur des milieux économiques français traditionnellement protectionnistes. Afin de concilier tous les intérêts, deux traités distincts sont signés à Rome, l’un portant sur la Communauté européenne de l’énergie atomique (Euratom), l’autre instituant la Communauté économique européenne (CEE).

 

11 janvier 1960 : création du Fonds social européen

Les signataires du traité de Rome n’ont pas voulu limiter l’intégration européenne à la mise en place d’un marché commun. Dès l’origine, la Communauté met en oeuvre des actions à dimension sociale pour accompagner l’ouverture des économies européennes. Première mesure de ce type, la création du Fonds social européen (FSE) a pour but de soutenir la formation et la reconversion professionnelle des travailleurs. Régulièrement reconduit, le FSE dispose de 60 milliards d’euros pour la période 2000-2006.

30 juillet 1962 : lancement de la PAC

A la suite de la conférence de Stresa de 1958, et à la demande de la France, le Néerlandais Sicco Mansholt est chargé de réfléchir à la mise en place d’une politique agricole commune basée sur trois principes : unicité des marchés, préférence communautaire et solidarité financière. Au bout de quatre ans de négociations, le vice-président de la Commission vient à bout des réticences nationales et dégage les grandes lignes de la PAC, qui entraînera une modernisation rapide de l’agriculture européenne. Mais la question agricole continuera de provoquer des remous au sein de la Communauté, notamment par son poids croissant dans le budget.

8 avril 1965 : signature du traité de fusion des exécutifs communautaires

Pour améliorer l’efficacité de l’exécutif communautaire, les Six décident de fusionner en une seule institution la Haute Autorité de la CECA, la Commission de la CEE et la Commission Euratom. La Commission des Communautés européennes jouit de pouvoirs étendus qui lui permettent de mener une action transversale. Une vive querelle idéologique oppose alors le général de Gaulle à Walter Hallstein, qui voit dans cette nouvelle Commission l’embryon d’un gouvernement fédéral européen. Hallstein finit par démissionner. Le Belge Jean Rey lui succède en  juillet 1967 à la tête de la première Commission issue du traité de fusion.

Juillet 1965 : début de la "crise de la chaise vide"

En 1965, la Commission européenne propose une réforme du financement de la politique agricole commune, laquelle devait par ailleurs être arrêtée à la majorité qualifiée à partir du 1er janvier 1966. Redoutant d’être mise en minorité sur le dossier agricole, auquel elle est très attachée, la France condamne fermement cette orientation et boycotte les institutions communautaires pendant sept mois. Cette crise prend fin avec le "compromis de Luxembourg" du 29 janvier 1966, qui permet à chaque pays membre de s'opposer à une décision communautaire prise à la majorité s'il estime que ses intérêts nationaux sont gravement menacés.

1er juillet 1968 : entrée en vigueur de l'union douanière

Grand succès pour le marché commun : les droits de douane qui continuaient à être perçus lors des échanges entre les Six sont éliminés 18 mois avant la date prévue par le traité de Rome. Un tarif douanier commun est introduit en remplacement des droits de douane nationaux pour les échanges avec le reste du monde.

24 avril 1972 : entrée en vigueur du serpent monétaire européen

A la fin des années 60, les pays membres des Communautés sont frappés par des désordres monétaires qui nuisent au fonctionnement du marché commun. Pour éviter les divergences provoquées par des réponses politiques nationales, les Six conviennent d’un plan par étapes en vue de la création d'une union économique et monétaire européenne ; sur la base d’une proposition de Raymond Barre (alors Vice-président de la Commission), le luxembourgeois Pierre Werner présente en 1970 un rapport sur ce thème.

Trois ans plus tard, l’allemand Karl Schiller élabore un système destiné à réduire les fluctuations monétaires entre les Six : le serpent monétaire est né, lointain ancêtre de l’euro.

1er janvier 1973 : premier élargissement des Communautés

Au cours des années 50, le Royaume-Uni s’était tenu à l’écart de toutes les tentatives d’intégration européenne susceptibles de remettre en cause sa souveraineté, ses rapports avec son ancien Empire et sa relation privilégiée avec les Etats-Unis. Mais durant les années 60, les Britanniques réorientent leur politique étrangère vers une Europe continentale de plus en plus prospère.

En 1971, après deux refus de la France, qui redoute un affaiblissement des Communautés, le Royaume-Uni voit enfin s’ouvrir les portes du marché commun. Il y est officiellement admis le 1er janvier 1973, en compagnie de l’Irlande et du Danemark.

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