Acteurs d'aujourd'hui

Martin Schulz, ancien président du Parlement européen et candidat à la chancellerie allemande

Martin Schulz (c) Parlement européen

Homme politique allemand, Martin Schulz a été président du Parlement européen de 2012 à 2017. Il est actuellement le candidat social-démocrate pour la chancellerie fédérale et le principal adversaire d'Angela Merkel, chancelière sortante.

Vie et carrière politique

Les 766 - épisode 6

A l'approche des élections européennes 2014, la radio associative Eur@dioNantes a suivi le président du Parlement européen dans son travail quotidien. Elle nous propose une vidéo décalée et pleine d'humour.

Né le 20 décembre 1955 à Hehlrath, en Allemagne, Martin Schulz entame une formation de libraire, de 1975 à 1977, après avoir obtenu son "Abitur" (équivalent du baccalauréat français) au sein du prestigieux lycée Heilig-Geist-Gymnasium de Würselen, une petite ville située près d'Aix-la-Chapelle, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Après des études universitaires, il travaille dans plusieurs librairies et maisons d'édition pendant cinq ans, avant d'ouvrir sa propre librairie à Würselen en 1982, dont il assure la direction jusqu'en 1994.

Dès l'âge de 19 ans il rejoint le Parti social-démocrate allemand (SPD). Dix ans plus tard en 1984, il est élu au conseil municipal de Würselen, puis maire de la ville à l'âge de 31 ans, poste qu'il occupe jusqu'en 1998.

Son engagement européen

Sa carrière européenne débute en 1994, avec son élection en tant que député au Parlement européen. Dès lors, il ne cesse d’être réélu, et gagne en importance au sein de l'institution. Il sera notamment coordinateur du groupe social-démocrate à la sous-commission des Droits de l'homme de 1994 à 1996, ainsi qu'à la commission des Libertés civiles et des Affaires intérieures.

De 2000 à 2004, il occupe le poste de représentant allemand au sein du Groupe des Socialistes et Démocrates du Parlement, avant d’en devenir le président en 2004. Il sera reconduit à ce poste lors des élections de 2009.

Le Parlement doit être au même niveau que la Commission et que le Conseil européen en débattant et en contrôlant leurs propositions

Suite à un accord tacite entre le PPE et le S&D, conclu à l’issue des élections de juin 2009, il devient président du Parlement européen à l'âge de 56 ans, le 17 janvier 2012, pour un mandat de deux ans et-demi. A ce poste, Martin Schulz désire faire entendre la voix de l'institution "complètement marginalisée" pendant la crise de l’euro. Pour "redresser la balance", M. Schulz tient à ce que "tout ce qui se décide en Europe soit légitimé par une décision parlementaire". "Le Parlement doit être au même niveau que la Commission et que le Conseil européen en débattant et en contrôlant leurs propositions", affirme-t-il encore.

Une position qu'il confirme lorsqu'il se lance dans la campagne pour la présidence de la Commission européenne, afin de succéder à José Manuel Barroso à la fin de l'année 2014. Profitant des nouvelles possibilités offertes par le traité de Lisbonne, Martin Schulz souhaite politiser le choix du président de la Commission, et ainsi permettre aux citoyens de choisir "entre une Europe du centre droit et une Europe du centre gauche, une Europe libérale et une Europe socialiste, pour aider à sa démocratisation".

Le 6 novembre 2013, sa candidature reçoit le soutien d'une majorité de partis membres du Parti socialiste européen (PSE). Il sera le candidat désigné le 1er mars 2014 comme candidat au poste de président de la Commission européenne.

Le Parti populaire européen ayant remporté les élections européennes en mai 2014, M. Juncker, le candidat PPE a été présenté par le Conseil européen de juin 2014 comme candidat officiel au poste de président de la Commission européenne. Le social-démocrate Martin Schulz a bénéficié d'un accord de partage du perchoir européen entre le PSE et le PPE. Il a été réélu président du Parlement européen le 1er juillet 2014. A la fin de sa législature, il décide de ne pas briguer un troisième mandat. Il quitte ses fonctions le 17 janvier 2017, laissant sa place à l'Italien Antonio Tajani (PPE).

Martin Schulz ambitionne à présent de devenir chancelier allemand à l'issue des élections fédérales de septembre 2017. Quelques jours après avoir quitté ses fonctions de président du Parlement européen, il a en effet été nommé tête de liste par son parti, le SPD, après le renoncement du président du parti et actuel vice-chancelier Sigmar Gabriel, trop peu populaire.

Depuis qu'il s'est engagé dans la campagne pour le Bundestag, il peine toutefois à combler son retard dans les sondages face à sa principale adversaire, l'actuelle chancelière Angela Merkel. Le SPD comptait sur un "effet Schultz" et une campagne axée sur la justice sociale pour déstabiliser la chancelière. Toutefois, depuis le début de l'année 2017, les sociaux-démocrates ont subi trois défaites aux élections régionales en faveur des conservateurs de la CDU : dans la Sarre en mars et dans le Schleswig-Holstein ainsi qu'en Rhénanie-du-Nord-Westphalie en mai.

Une personnalité au caractère bien trempé

Ce père de famille de deux enfants a obtenu diverses récompenses au cours de sa carrière : en 2006 il reçoit l'Ordre du Mérite allemand, en mai 2009, le "Docteur honoris causa" de l'université technique d'Etat de Kaliningrad, en remerciement de son engagement ancien en faveur de l'amélioration des relations entre l'Union européenne et la Russie, et finalement la Légion d'honneur le 8 juin 2010.

Maniant aussi bien le français que l'anglais, Martin Schulz est également célèbre pour ses échanges virulents avec ses pairs au Parlement et avec certains chefs de gouvernement.

Sa première "joute verbale" a eu lieu avec l'ancien Président du Conseil italien, Silvio Berlusconi en juillet 2003, en réponse aux critiques de Martin Schulz sur sa gestion des affaires italiennes. M. Berlusconi a rétorqué : "Monsieur Schulz, je sais qu'en Italie il y a un producteur qui est en train de monter un film sur les camps de concentration nazis : je vous proposerai pour le rôle de kapo. Vous êtes parfait !"

Pour Jean-Marie Le Pen, "M. Schulz, qui est le président du groupe socialiste au Parlement, est un monsieur qui a la tête de Lénine et parle comme Hitler." L'eurodéputé Daniel Cohn-Bendit lui a quant à lui envoyé un "ta gueule" en pleine séance plénière.