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Angela Merkel, candidate pour un quatrième mandat à la chancellerie allemande

Angela Merkel

Angela Merkel est la chancelière allemande depuis 2005. Reconduite à deux reprises, en 2009 et 2013, elle est candidate à un 4e mandat et tête de file de la CDU-CSU (centre-droit) lors des élections fédérales du 24 septembre 2017.

Fille d’un pasteur et d’une institutrice, Angela Dorothea Merkel naît le 17 juillet 1954 à Hambourg. Sa famille se rend ensuite dans le Brandebourg, en Allemagne de l'Est, où elle passe son enfance. Comme beaucoup d'habitants de la RDA, elle participe alors à des mouvements de jeunesse communistes.

En 1978, elle entreprend des études de physique à l’université de Leipzig. Elle obtient son doctorat en 1986, puis travaille jusqu'en 1990 à l'Institut de physique chimie de l'académie des sciences de RDA.

A partir des années 1990, elle connaît une rapide ascension politique. En 1990, elle entre dans la compétition électorale pour le bureau politique Demokratischer Aufbruch, mouvement d’opposition au communisme. Elle est nommée porte-parole du dernier gouvernement de RDA. Après la réunification de l’Allemagne, elle devient membre du Parti Démocrate Chrétien CDU et est élue au Bundestag. Sous la chancellerie d’Helmut Kohl, elle occupe successivement le poste de ministre fédéral des Femmes et de la Jeunesse (1991-1994) et celui de ministre de l’environnement (1994-1998).

En 1998, Angela Merkel est élue à la tête de la CDU et devient ainsi la première femme à diriger un parti chrétien-démocrate. Sept années plus tard, elle est nommée chancelière à la tête d’un gouvernement de coalition. Elle est reconduite à ce poste en 2009, puis en 2013 où elle dirige un nouveau gouvernement de coalition avec le parti social-démocrate SPD.

En 2013, elle est classée à la 2e place des personnes les plus puissantes du monde par le magazine Forbes, juste derrière Barack Obama. En Allemagne, elle bénéficie d'une cote de popularité particulièrement importante.

En 2014, elle est réélue sans surprise à la tête de la CDU pour la huitième fois consécutive. Le 6 décembre 2016, avec 89,5% des voix, elle est à nouveau choisie pour diriger le parti de l’Union chrétienne démocrate huit mois avant les élections législatives pour lesquelles elle briguera un quatrième mandat.

Candidate pour briguer un quatrième mandat à la tête de la chancellerie fédérale, la chancelière n'a pas été particulièrement déstabilisée par ses adversaires durant la campagne. Elle est effectivement largement en tête des sondages, depuis plusieurs mois. Accusée par Martin Schulz de ne pas assez participer au débat lors de la campagne, elle a préféré mettre en avant les points forts de ses années à la tête du pays et le principal sentiment qu'elle inspire : la stabilité. Plusieurs fois, la chancelière a pris des positions appréciées par ses adversaires sociaux-démocrates telles que l'accueil de plusieurs millions de migrants en 2015 et 2016.

Sa vision de l'Europe

A peine arrivée au pouvoir en 2005, la chancelière allemande montre sa fidélité à la France et sa volonté d’entretenir la dynamique du moteur de la construction européenne. Dès le lendemain de son investiture, elle se rend à Paris pour rencontrer Jacques Chirac et le Premier ministre Dominique de Villepin. Pour elle, "cette visite n'a rien d'un rite, mais exprime la conviction profonde qu'une bonne relation franco-allemande, approfondie, amicale, est non seulement importante pour nos deux pays, mais aussi nécessaire et utile à l'Europe".

Néanmoins, Angela Merkel remet en cause la relation "classique" voire "mécanique" existante entre la France et l’Allemagne. L’axe franco-allemand ne doit pas, à ses yeux, être "exclusif" ou "dirigé contre les autres". Elle veut voir naître des relations plus étroites avec la Grande-Bretagne et désire également œuvrer pour le rapprochement de son pays avec l’Europe centrale et orientale. Elle remet par exemple en cause l’axe Paris-Berlin-Moscou.

Toutefois, la chancelière allemande est réputée pour sa discrétion, son pragmatisme et son approche "pas-à-pas", tant dans le domaine de la politique nationale que dans sa gestion de la crise économique et financière européenne, où elle occupe un poids primordial, du fait notamment de la bonne santé économique de son pays.

Parfois qualifiée par ses détracteurs de "Dame de fer" allemande (en référence à la Britannique Margaret Thatcher), voire de "nouvelle Bismarck" ou de "Reine de l'Europe", Angela Merkel a montré sa détermination à sortir de la crise par une "croissance des réformes structurelles", et non "une croissance par les déficits", et à obtenir d'importantes garanties économiques et budgétaires de la part de ses partenaires en échange de mesures communes pour lutter contre la crise.

D’autre part, la chancelière se positionne contre l’adhésion de la Turquie à l’UE et veut former un partenariat renforcé avec les Etats-Unis avec un rôle plus important pour l’OTAN.