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Bulgarie

[Revue de presse] Élections bulgares : une victoire serrée qui perpétue l'instabilité politique

Boïko Borissov

L'ancien Premier ministre bulgare Boïko Borissov retourne au pouvoir après dix-huit mois de gouvernance socialiste. Son parti, le Gerb (Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie, centre droit), a remporté les élections législatives hier.

Gerb obtiendrait 33% des voix, mais resterait loin de la majorité absolue. Il devancerait les socialistes qui obtiendraient 16% des suffrages. Le pays connaît une situation difficile, notamment avec la crise financière qui l'a sévèrement touché. "Pour compliquer encore la donne, la future assemblée sera très morcelée, obligeant M. Borissov à discuter avec plusieurs petites formations", affirme La Croix. Pour Euronews, "la mise en place d’un gouvernement de large coalition est la seule solution pour éviter la poursuite de l’instabilité politique en Bulgarie".

Le Point constate que "les électeurs du pays le plus pauvre de l'Union européenne, miné par la corruption, paraissent sans illusion sur la capacité du scrutin à améliorer leur quotidien et l'état du pays". Dimanche, le président bulgare Rossen Plevneliev avait rappelé que "la future équipe au pouvoir, quels que soient son chef et sa couleur politique, devra affronter des réformes impopulaires de la santé, de l'éducation et des retraites", rapporte Ouest France.

La Bulgarie est en proie à de nombreuses difficultés, ce qui avait mené ses habitants à manifester en février 2013 et à la démission du gouvernement de l'époque, celui de Boïko Borissov. Pour La Tribune, les "politiques sont incapables de trouver une issue, le mécontentement populaire s'amplifie, la politique est paralysée et l'économie patine à nouveau... Ajoutez à cela une corruption et un manque de transparence qui continuent à grever le bon fonctionnement de l'économie bulgare et vous aurez un pays bloqué dans sa pauvreté".

Pour Le Monde, le grand absent de ces élections était le projet de construction du gazoduc South Stream. Il est censé contourner l'Ukraine pour importer du gaz directement depuis la Russie. Le quotidien signale que "la classe politique bulgare [est] embarrassée (…). La Bulgarie, dépendante de l’énergie russe et inquiète d’une nouvelle guerre du gaz entre Moscou et Kiev, y est plutôt favorable. Mais l’Europe, en froid avec le Kremlin, s’y oppose".