Représentation de la France au sein de l'UE
08/09/09Pierre Lellouche : "Oui à la Turquie avec l'Europe. Non à la Turquie dans l'Europe" Votre commentaire
Avocat de formation, spécialiste des relations internationales, Pierre Lellouche est, depuis le 23 juin dernier, Secrétaire d'Etat en charge des Affaires européennes. A quelques semaines du second référendum irlandais, il a accepté de rencontrer Touteleurope.fr. L'occasion de l'interroger sur cette échéance importante pour l'avenir de l'Union européenne, mais également de revenir sur le débat sur la réforme des institutions, les relations avec la Turquie, la crise financière ou encore sa vision de l'Europe d'aujourd'hui.
Voir la vidéo (11'16)
"Il faut sortir du débat institutionnel pour parler de l'Europe concrète"
Traité de Lisbonne
Les Irlandais voteront pour ou contre le traité de Lisbonne le 2 octobre prochain. A l'heure actuelle, quatre Etats membres n'ont pas encore complétement ratifié le traité de Lisbonne.
Voir l'état des ratificationsAlors que les Irlandais sont rappelés aux urnes le 2 octobre prochain pour se prononcer une nouvelle fois sur la ratification du Traité de Lisbonne, Pierre Lellouche est formel : il faut respecter "le choix souverain" de l'Irlande d'avoir recours au référendum (les 26 autres Etats membres ayant opté pour la voie parlementaire), même si ce choix est "extrêmement stratégique, puisque le sort de 500 millions de citoyens européens va dépendre de 1,6 millions d'électeurs".
"J'espère que le traité de Lisbonne passera, car je suis profondément convaincu que l'Europe a besoin d'institutions fortes, et la présidence stable du Conseil, le haut représentant, le service d'action extérieure, le renforcement du processus de codécision avec le Parlement européen etc., tout cela fait un système, qui est certes compliqué, mais qui est adapté à l'Europe réunifiée", précise le secrétaire d'Etat.
Mais Pierre Lellouche insiste surtout sur un point : il faut, avant la fin de l'année, "clore ce chapitre interminable des institutions, auquel personne ne comprend rien (...) pour reparler [aux citoyens] de leur vie, de leur prospérité, de leur travail, de leur sécurité, de leur avenir".
Le secrétaire d'Etat souhaite en effet que l'Europe devienne l'un des grands pôles qui compte sur la scène internationale, pour ne pas "subir le 21e siècle, mais en être les bâtisseurs, avec les Etats-Unis, avec la Chine, avec la Russie, et pas simplement les témoins d'une histoire qui nous dépasse".
"Oui à la Turquie avec l'Europe. Non à la Turquie dans l'Europe"
Pays candidats
Avec la Croatie et L'Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM), la Turquie est l'un des trois pays actuellement candidats à l'entrée dans l'Union européenne. Ils pourraient être rejoints très bientôt par l'Islande.
Voir l'état des lieux des négociationsLa question de l'adhésion de la Turquie, candidate à l'entrée dans l'Union européenne depuis 1963, est l'un des débats les plus sensibles en Europe, et notamment en France.
Sur ce sujet, Pierre Lellouche rappelle essentiellement la position de la France : "il y a une politique de la France, et non deux ou trois, elle n'a pas varié, et elle est que le but n'est pas l'adhésion" de la Turquie à l'Union européenne.
Le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes précise cependant que la Turquie est "un pays ami, un partenaire culturel", rappelant qu'il a lui-même enseigné à l'université de Galatasaray, " d'une importance stratégique essentiel pour l'Europe, mais nous ne sommes pas d'accord sur la finalité de la négociation c'est-à-dire l'adhésion".
Pierre Lellouche souhaite cependant "ouvrir le débat", avouant que "beaucoup de [ses] partenaires européens, en privé" reconnaissent qu'ils sont d'accord avec la position française, mais qu'ils préfèrent laisser à la France le soin de le dire à leur place.
Ainsi, il affirme ne pas souhaiter "de crise avec la Turquie" mais poursuivre les négociations pour dessiner "quelque chose qui serait taillé sur mesure des besoins de ce pays et des besoins et intérêts de l'Europe, qui permette d'associer la Turquie au devenir commun, mais qui ne soit pas une adhésion de droit commun".
"L'Europe pèse sur les autres pôles de puissance"
G20
Il y a quelques jours, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel et Gordon Brown faisaient parvenir à la présidence suédoise de l'Union européenne une lettre commune demandant une position ferme et commune de l'UE lors du prochain G20, notamment sur la question des bonus.
Découvrir cette lettreAlors que la prochaine réunion du G20 aura lieu les 24 et 25 septembre prochains à Pittsburg, aux Etats-Unis, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes est confiant : "lorsqu'il y a une volonté et que celle-ci est relayée par la machine européenne, alors elle pèse sur les autres pôles de puissance".
Pierre Lellouche rappelle à ce titre que c'est la présidence française de l'Union européenne, avec les soutien des autres Etats membres, qui a "arraché le sommet de Londres", et que "à chaque fois, c'est une bataille, une épreuve de force" avec les autres partenaires internationaux.
La crise financière a été l'occasion pour l'Union européenne de faire preuve "d'une volonté forte de réformer le capitalisme, d'arrêter les outrances à la fois immorales et dévastatrices de certains comportements dans la finance internationale" précise Pierre Lellouche. Or pour cela, "il faut se concerter entre Européens d'abord et ensuite avec les autres grands pôles à commencer par les Etats-Unis".
Le secrétaire d'Etat reconnaît que ces négociations sont souvent "difficiles", mais l'enjeu est important : "le système est devenu fou (...). La rapacité, la cupidité, plus la dérégulation : on arrive à scier la branche sur laquelle est assise l'économie mondiale, et derrière elle la démocratie !", rappelant que la situation actuelle n'est pas très différente de celle de 1929, prélude à plusieurs années de guerre et 60 millions de morts.
Au G20, l'Union européenne devra donc défendre sa position, notamment face aux Etats-Unis et aux autres acteurs financiers. Mais pour Pierre Lellouche, "on aura la même explication de texte sur le climat à la fin de l'année à Copenhague, à chaque fois ce sera difficile. Mais nous avons des standards qui sont ceux de l'Europe, à nous de faire avancer ces standards au niveau universel".
"Il faut une politique énergétique commune aux 27 Etats membres"
Sur la question essentielle de l'environnement, et notamment de l'énergie, Pierre Lellouche explique qu'il y a "une très grande disparité entre les Etats membres", certains étant très dépendants du gaz russe, comme les pays baltes, d'autres pas du tout, comme les pays de la péninsule ibérique, d'autres encore ayant recours au charbon, comme la Pologne.
Or, Pierre Lellouche souhaite faire de l'énergie l'une des priorités de son secrétariat d'Etat car il considère que "la prise de conscience de notre dépendance à l'égard de certaines énergies plus l'aspect environnemental nous force à poser le problème nécessaire d'une politique énergétique commune".
"Il faut parler aux citoyens de ce qui les intéressent en Europe"
Interrogé sur sa vision de l'Europe, le secrétaire d'Etat explique que, pour lui, "l'Europe c'est la paix", et que "le premier souci c'est de faire en sorte que cet ensemble soit préservé des aléas de la politique intérieure et des intérêts économiques à court terme".
En effet, même si "la tendance est toujours d'essayer de s'en sortir soi-même", Pierre Lellouche considère que la crise financière a démontré la difficulté pour chaque Etat membre d'y faire face seul. Il considère ainsi que, face à la mondialisation, l'Union européenne permet à chacun d'avoir un poids, démographique, économique, stratégique, qu'il n'aurait pas sans elle.
Alors comment expliquer que, comme le montre les taux d'abstention records lors des dernières élections européennes, les citoyens semblent de plus en plus éloignés de l'Europe ? Pour Pierre Lellouche, cela relève de trois phénomènes :
- une génération nouvelle pour qui "l'Europe est un acquis, ils n'ont pas à se battre pour elle", elle fait finalement "partie des meubles"
- un désintérêt des citoyens pour les questions institutionnelles. Et pourtant "c'est ce dont on leur parle depuis 15 ans !" rappelle Pierre Lellouche, reconnaissant que "personne n'y comprend rien"
- des véhicules de communication qui ne sont pas assez modernes
Pour Pierre Lellouche c'est l'addition de ces phénomènes qui pourraient expliquer un éloignement des citoyens. Il reste cependant optimiste et considère que "les Français, comme les Européens, sont attachés à l'Europe. Ils savent que c'est dans leur intérêt. Il faut trouver les moyens de leur parler de ce qui les intéresse, dans cette Europe-là".
En savoir plus
Traité de Lisbonne : nouveau référendum irlandais le 2 octobre
G20 de Pittsburgh : Gordon Brown se rallie au couple franco-allemand
Ces villes se sont penchées sur deux problèmes principaux :
* Comment les dirigeants politiques et les agglomérations transfrontalières peuvent-ils formuler et appliquer des politiques efficaces ?
* Comment la participation de la société civile peut-elle garantir la légitimité des politiques des agglomérations transfrontalières ?
Parmi les partenaires du projet: La Mission Opérationnelle Transfrontalière (MOT), Lille Métropole pour l'Eurométropole Lille-Kortrijk-Tournai, l'agglomération de Strasbourg pour l'Eurodistrict Strasbourg-Ortenau, Esztergom pour l’EGTC Ister-Granum, Bâle- pour l'Eurodistrict trinational de Bâle , Slubice Francfort (Oder)-Slubice agglomération, Chaves pour l’Eurocidade Chaves-Verin
Pour en savoir plus et lire les recommandations concrètes du projet EGTC : http://urbact.eu/fr/header-main/actualites-et-evenements/view-one/infos-urbact/?entryId=4955
et site URBACT: www.urbact.eu
Votre analyse est complètement fausse vu qu'il n'y a aucune critique de la politique d'Israël!!!!
Ils ne siègent pas assez longtemps pour être influents.
Encore des efforts!
Bravo pour vos travaux de synthèse remarquables.
Donc affirmer qu'il n'y a pas de risque de contrariété entre la CJUE et le Conseil constitutionnel est plutôt de mauvaise foi, et précisément d'ailleurs, il semble bien que tel soit le cas au sujet des jeux de hasard!
Marc Janin
Pour plus d'informations, n'hésitez pas à regarder ce communiqué d'Eurostats :
http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/4-22022010-AP/FR/4-22022010-AP-FR.PDF
D'après l'économiste français Patrick Artus, il n'est plus possible de maintenir la pression fiscale à un niveau si élevée en zone euro si les pays de l'Est ont opté pour la flat tax, le même taux d'imposition pour tous. Si l'on veut que l'Europe reste compétitive dans un monde globalisé, il faudrait réduire sensiblement les impôts pour tous, à commencer par le travail, car les TPE ou les PME (qui embauchent 80% des salariés du privé en France) ne peuvent pas créer les emplois durables lorsque la fiscalité est si lourde. A moins que tout le monde travaille dans le secteur public, ce qui est évidemment impossible.
Il est si facile aujourd'hui d'installer son activité et ses comptes bancaires dans les pays qui ne prélèvent pas les impôts et même de partir et faire sa carrière dans les pays qui taxent moins le travail. Ainsi, je comprends Mme Merkel et j'aimerais que son exemple soit suivi par d'autres chefs de l'Etat européens car ce n'est pas à l'Etat de créer la croissance ou les emplois - l'Etat doit créer un environnement propice à l'activité économique et permettre que la croissance démarre d'elle-même.
Je suis beaucoup plus inquiétée par le score de Geert Wilders, car la poussée du populisme a toujours été nocive à un peuple quel que soit le pays, le contexte historique ou le développement économique.
Merci de cette précision.
Je dois dire que je partage l'essentiel de l'article que je viens de lire. Personnellement je pense que si les dirigeants actuels de l'État d'Israël persiste dans leurs choix politiques dévastateurs pour la Paix je serais prêt à soutenir un blocus économique maritime et diplomatique d'Israël.
Bien à Vous
Bernard FRAU
Membre du Comité National de l'Alliance Écologiste Indépendante
Cher Alexandre, comme vous l'aurez remarqué, l'expression "acte de provocation" est entre guillemets dans l'article. De plus, la plupart des sources s'accordent sur le fait que l'objectif de la "flottille de la liberté" était non seulement humanitaire mais aussi politique, de visibilité, comme d'autres opérations du mouvement "Free Gaza" : il aurait été apparemment plus simple de faire d'acheminer cette aide humanitaire par la terre.
Pour autant cette action, dont la nature "provocatrice" constitue d'ailleurs le corps de métier de bien d'autres mouvements politiques, ne semble en aucun cas justifier la réaction disproportionnée du commando israélien.
israel maintient un blocus sur plus d'un millions de personnes depuis plus de 3 ans et tout ce que vous trouvez a dire est que cette flotille humanitaire constitue une provocation.
go on TTE
A chacun maintenant de prendre ses positions et de montrer qui il protège vraiment au delà des discours ...
les traders et leur bonnus, les banques et leur profits
... ou les contribuables qui garantissent les déficites aggravés par leur spéculation.
Quant à l'exclusion de ceux qui ne respectent pas l'euro rappellons que la position de l'Allemagne et fondée sur les traités et le droit ... indépendemant de la question de solidarité.
La Grèce à en toute connaissance de cause maquillé ses comptes publics.
A elle d'en subir les conséquences et responsabilité vis à vis de ceux qui néanmoins l'aide aujourd'hui à s'en sortir.
Cela est absolument nécessaire pour la sauvegarde de la monnaie unique. Car seul, ce gouvernement peut défendre la monnaie. Celui-ci aurait dû etre mis en place en 2001, ainsi il y a déjà 10 ans de retard. Et s'il était créé, la crise actuelle aurait pu être évitée. Les attaques contre l'Euro continueront si rien n'est fait pour gérer efficacement la monnaie,car la Banque Centrale Européenne doit être contrôlée par ce gouvernement qui fait défaut. Il en va de la survie de l'Europe économique.
Je trouve très utile ce type d'information, mais c'est vraiment dommage qu'elle est jamais à jour! On est en 2010 et avoir juste des donnes de 2006 disponibles?
Cordialement,






















