République tchèque

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Capitale: Prague
Population: 10,51 millions - (Eurostat - 2010)
Superficie: 78 867 km² - (Eurostat)
Taux de croissance du PIB réel: -4,1 % - (Eurostat - 2009)
Taux de chômage: 6,7 % - (Eurostat - 2009)
Dette publique en % PIB: 35,4 % - (Eurostat - 2009)
Inflation: 6,3 % - (Eurostat - 2008)
Déficit/excédent public en % PIB: -5,9 % - (Eurostat - 2009)
Monnaie: Couronne tchèque
Date d'adhésion: 1er mai 2004

Politique

© Communauté européenneLa République Tchèque (Česká Republika) est une république à caractère mixte, présidentiel et parlementaire.

L’échec des élections européennes de juin 2004 a entraîné la démission du gouvernement et l’accélération des alternances. Le pays connaît depuis quelques années une instabilité gouvernementale chronique et une forte volatilité de l’électorat, en partie liée à la désaffection des Tchèques envers une classe politique jugée corrompue.


En avril 2009, le Président Vaclav Klaus a nommé Jan Fischer, Premier ministre, pour former un gouvernent d'intérim, en pleine présidence semestrielle de l'Union européenne, suite à la chute du cabinet "Topolanek".  M. Fisher est un haut fonctionnaire qui dirige depuis six ans l'Office tchèque des Statistiques. Il n'est affilié à aucun parti politique. Suite aux élections législatives de mai 2010 c'est finalement Petr Necas du Parti démocratique civique (ODS) qui est actuellement premier ministre.

Vaclav Klaus a été réélu, le 15 février 2008, pour un 2e mandat de 5 ans à la tête de la République tchèque. Soutenu par le Parti démocrate civique (ODS), il a recueilli 141 voix lors du 3e tour de scrutin de cette 2e élection présidentielle, soit une voix de plus que la majorité simple requise au 3e tour.

Le pays et l'Union européenne

Adhésion à l'Union européenne et entrée dans l'OTAN

Après l’effondrement du bloc communiste, la République tchèque s’est fixée, à l’instar de la plupart des pays d’Europe centrale et orientale, un double objectif : s’ancrer dans une Europe synonyme de démocratie et de prospérité et nouer une alliance militaire avec les Etats-Unis, pour se protéger de la Russie. Dès 1999, elle devient membre de l’OTAN. Son appartenance à l’alliance militaire atlantique lui vaut de participer aux missions au Kosovo et en Afghanistan ainsi qu’à l’intervention en Irak de la coalition menée par les Etats-Unis.

La République Tchèque dépose sa candidature à l'entrée dans l’Union européenne en janvier 1996. Les négociations d’adhésion entamées en 1998 ouvrent une période de transformation durant laquelle la République Tchèque adapte son économie et son système politique aux normes européennes. Elle devient membre de l’Union européenne le 1er mai 2004, après un référendum tenu les 13 et 14 juin 2003, révélant près de 77, 3 % de soutien à l'adhésion à l'UE avec une participation électorale de 55 %.

La République Tchèque compte 22 députés au Parlement européen et dispose de 12 voix au Conseil.

Elle a assuré la Présidence du Conseil de l'Union européenne le 1er semestre 2009.

Relations avec les pays voisins et querelles sur les questions européennes

La République Tchèque a noué des liens solides avec le grand voisin allemand, malgré un contentieux persistant autour de la région frontalière des Sudètes (3 millions d’Allemands furent expulsés des Sudètes à la suite des décrets Beneš adoptés en 1945). En 1991, elle fonde avec ses autres voisins, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie, le groupe de Visegrad, chargé de défendre les intérêts de ses membres au sein de l’Union européenne.
 
Les questions européennes constituent un important sujet de discorde entre le président Vaclav Klaus, hostile à une Europe intégrée, et les sociaux-démocrates, les centristes et les chrétiens-démocrates, plutôt europhiles, à l’image de la population tchèque.

Histoire

Le royaume de Bohême

    • 1355 : le roi de Bohême Charles IV est élu empereur du Saint Empire Romain Germanique. Fondé au IXème siècle, le royaume de Bohême est l’un des grands Etats de l’Occident chrétien.


    • 1526 : le royaume de Bohême tombe sous la domination des Habsbourg. Il est intégré au vaste ensemble qui deviendra l’Empire austro-hongrois.


    • 1618 : La "Défenestration de Prague" déclenche la révolte des Etats de Bohême contre la dynastie des Habsbourg. La défaite à la bataille de la Montagne Blanche (devant Prague) (1620) entraîne la réduction à l’obéissance du royaume de Bohême et le renforcement de l’autorité royale.

    • 1848 : renouveau des aspirations nationales. Les mouvements nationalistes font valoir la spécificité du peuple tchèque au sein du Royaume d’Autriche.

    La Tchécoslovaquie : invasion allemande et emprise soviétique

    • 1918 : naissance, au lendemain de la Première Guerre mondiale, de la République tchécoslovaque. Dans l'entre-deux-guerres, sous la direction de Tomáš Masaryk, la Tchécoslovaquie devient une véritable démocratie libérale et connaît un développement industriel.


    • 1938 : au terme des accords de Munich, conclus entre Hitler et les puissances d’Europe occidentale, la province germanophone des Sudètes est livrée à l’Allemagne. Les troupes allemandes envahissent le pays en 1939. La Bohême-Moravie est transformée en protectorat du Reich.

    • 1948 : la Tchécoslovaquie est rattachée au bloc soviétique à la suite du "coup de Prague" au cours duquel les communistes de Gottwald s’emparent du pouvoir.


    • 1968 : le "Printemps de Prague" revendiquant une libéralisation du régime communiste et une plus grande indépendance à l’égard de l’Union soviétique est durement réprimé par les chars russes et le réformateur Dubcek doit démissionner.

    L'indépendance et partition de la Tchécoslovaquie

    • 1989 : la Tchécoslovaquie se détache du bloc soviétique lors de la "Révolution de velours". Elle retrouve sa pleine indépendance sous la présidence de Václav Havel.

    • 1993 : partition à l'amiable de la Tchécoslovaquie. La République tchèque et la Slovaquie suivent désormais des chemins séparés au sein de l’Europe réunifiée.

    Géographie

    La République tchèque est limitée au nord-ouest par l'Allemagne, au nord-est par la Pologne, au sud par l'Autriche et au sud-est par la Slovaquie.

    Entre le point culminant, le mont Snêzka à 1602 mètres, et le niveau le plus bas, à 115 mètres sur l'Elbe, le relief fait alterner plaines et paysages accidentés. La partie occidentale de la République tchèque, la Bohême, constitue une plaine entourée d’un quadrilatère de montagnes. Prague en occupe le centre la ville est drainée par l’Elbe et ses affluents, comme la Vltava. La Bohème est plus riche en basses montagnes et en plateaux que la Moravie, entourant Brno et limitée à l’est par les Carpates Blanches.

    Ce pays aux dimensions relativement modestes (79 000 km2) offre des paysages riches et variés. Les forêts, les réserves naturelles, les sources d'eau minérale sont autant de raisons qui attirent les touristes en République tchèque.

    Economie

    Rattrapage et ouverture

    La République tchèque connaît aujourd’hui le deuxième niveau de développement économique parmi les anciens pays communistes, juste derrière la Slovénie. Le pays rattrape progressivement les standards occidentaux : en 1996, le PNB par habitant équivalait à 50 % de la moyenne européenne ; cinq ans plus tard, la richesse par habitant avait augmenté de 10 %. Cependant, le taux de chômage reste élevé.

    L’économie tchèque est une économie très ouverte. Les deux tiers environ de son commerce extérieur sont réalisés avec les pays de l’UE, dont plus de la moitié avec l’Allemagne. La Bohème et la Moravie sont des régions fortement industrialisées, et ce depuis le début du 20ème siècle. L’expérience communiste a accentué cette industrialisation. Depuis les débuts de la transition, ce secteur d’activité est en déclin constant, au profit des services.

    Secteur privé, investissements et réformes structurelles

    Au cours des années 90, l’économie tchèque a connu une croissance rapide du secteur privé, qui représente aujourd’hui 80 % du PNB, alors qu’il atteignait à peine 4 % au début de la transition. Cette profonde mutation s’est traduite par une explosion du nombre de petites et moyennes entreprises, en particulier dans le secteur des services.

    Depuis 1999, la République tchèque bénéficie de flux élevés d'investissements directs étrangers (IDE), qui lui permet de couvrir son déficit courant. Ainsi, en 2002, les flux d'IDE entrants (13, 4 % du PIB dont 41 % liés aux privatisations) ont suffi à couvrir le déficit courant (6, 4 % du PIB). En revanche, depuis 2003, en l'absence de privatisation majeure, les flux de capitaux étrangers décroissent (1, 8 milliard d'euros en 2003, contre 9 milliards en 2002 et 3,6 milliards en 2004) et couvrent le déficit courant beaucoup moins largement que les années précédentes.

    Le Gouvernement a pris conscience de l'urgence d'entreprendre des réformes structurelles (réforme fiscale, réforme du système de retraite et de sécurité sociale). Son objectif affiché consiste à stabiliser le déficit public à 4 % du PIB à l'horizon 2006 par le biais d'une hausse des taxes et de mesures d'économie dans les secteurs social (indexation des retraites sur l'inflation et non sur les salaires, baisse des indemnités pour congés maladie ...) et administratif (réduction des emplois dans le secteur public, modération salariale).

    Culture

    Kafka (1883-1924)

    La République Tchèque est l’héritière d’un legs culturel et littéraire impressionnant. Parmi les écrivains tchèques, Franz Kafka a exprimé – en allemand - l’absurdité du monde moderne dans Le procès et La métamorphose. Le Soldat Schwejk de Jaroslav Hasek, avec ses ruses et son pacifisme viscéral, et le Golem de Gustav Meyrink constituent deux figures littéraires populaires de la culture de Prague.

    Milan Kundera (1929- )

    Le milieu littéraire tchèque est toujours vivant aujourd’hui. Il existe d’ailleurs un pont entre la dramaturgie et la politique : Václav Havel, symbole de la résistance au communisme, est devenu président de Tchécoslovaquie en 1990. Milan Kundera, autre écrivain tchèque célèbre, vit aujourd’hui en France, et écrit en français, tout en développant abondamment dans son œuvre le thème de l’exil et des difficultés du franchissement des frontières entre cultures.

    Mise à jour : mardi 20 juillet 2010 12:18