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Estonie
Population: 1,34 million - (Eurostat - 2010)
Superficie: 43 698 km² - (Eurostat)
Taux de croissance du PIB réel: 3,1 % - (Eurostat - 2010)
Taux de chômage: 16,9 % - (Eurostat - 2010)
Dette publique en % PIB: 6 % - (Eurostat - 2011)
Inflation: 4,9 % - (Eurostat - 2011)
Déficit/excédent public en % PIB: 0,1 % - (Eurostat - 2010)
Monnaie: Euro
Date d'adhésion: 1er mai 2004
Politique
L'Estonie (Eesti) est une république parlementaire. L'ancien député européen Toomas Hendrik Ilves (social-démocrate) en est le président depuis son élection par un collège électoral en octobre 2006.
Le Premier ministre Andrus Ansip (Parti de la Réforme) assume les responsabilités gouvernementales depuis mars 2005. Son gouvernement est composé d'une coalition entre son parti libéral et la droite et la gauche.
M. Ansip a été reconduit au poste de premier ministre le 6 avril 2011 à la tête d’une coalition de droite composée par les libéraux du Parti de la Réforme et par les conservateurs de l’Union Pro Patria/Res Publica (IRL). Les deux partis de la coalition se sont entendus afin que Mme Ene Ergma (IRL) reste Présidente du Rigiikogu.
Cinq partis politiques sont actuellement représentés au Riigikogu, le Parlement estonien, depuis les élections de 2007.
Le pays et l'Union européenne
Depuis son indépendance, obtenue en 1991, l’Estonie a poursuivi le double objectif d’entrer dans l’Union européenne et d’adhérer à l’OTAN. Les négociations d’adhésion entre Tallinn et Bruxelles ont débuté le 31 mars 1998, trois ans après le dépôt de sa candidature en novembre 1995. Durant tout le processus d'adhésion et en concertation avec les instances communautaires, des réformes importantes ont été entreprises par les autorités estoniennes en vue de la transformation et de la modernisation de l'économie nationale.
Les performances économiques se sont améliorées malgré un environnement difficile, lié surtout à la crise russe de 1998. Au sein de l’UE, l’Estonie entretient des relations privilégiées avec la Finlande et la Suède, qui sont ses principaux partenaires économiques.
L’entrée de l’Estonie dans l’UE a été approuvée par référendum à une large majorité (67 % des suffrages exprimés), le 14 septembre 2003. Les Estoniens ont désormais vaincu leurs réticences initiales et ils considèrent généralement que l’appartenance à l’UE représente une promesse de développement et de stabilité pour leur pays.
Le pays compte 6 députés européens et est représenté par 4 voix au Conseil. L’Estonien Siim Kallas est commissaire européen en charge des transports, après avoir, sous la Commission précédente, détenu le portefeuille Administration, audit et lutte antifraude.
Alors que la confiance des marchés financiers dans la zone euro est au plus bas, l’Estonie adopte la monnaie unique le 1er janvier 2011, espérant stabiliser ses investissements, réduire sa dette privée et favoriser ses échanges commerciaux avec ses partenaires européens.
Histoire
L'Estonie sous influences
- 1219 : après la fondation danoise de Tallinn, l’Estonie entre dans la zone d’influence du Danemark, qui christianise la région, puis tombe sous la coupe des chevaliers Teutoniques, en 1346. Les villes estoniennes entretiennent de fructueuses relations commerciales avec les villes de la Hanse.
- 1561 : l’Estonie passe aux mains de la Suède qui y introduit le luthéranisme, que l’université de Tartu (Dorpat) nouvellement fondée s’attache à diffuser.
- 1721 : à la suite de la Grande Guerre du Nord, le territoire estonien est annexé pour deux siècles par la Russie. Elle subit une politique de russification systématique au XIXe siècle, qui touche davantage la paysannerie estonienne que les barons d’origine germanique.
Le réveil du sentiment national
- 1869 : en parallèle des autres pays baltes, le milieu du XIXe siècle entraîne le réveil du sentiment national estonien. Le succès de l'édition populaire de l'épopée nationale, le Kalevipoeg, parue en 1862, en atteste, cristallisant l’identité estonienne.
- 1917 : le gouvernement provisoire issu de la Révolution russe de 1917 accorde son indépendance à l’Estonie. L’année suivante, les Bolchéviques tentent d’envahir le pays.
- 1920 : après avoir battu l’Armée rouge, la République estonienne proclame son indépendance, reconnue par Moscou au traité de Tartu.
De la période soviétique à l'Union européenne
- 1939 : le protocole secret du pacte germano-soviétique conclu entre Hitler et Staline, attribue l'Estonie à la sphère d'influence soviétique. Le pays est annexé par l’URSS en 1940, entraînant une collectivisation forcée et de nombreuses déportations.
- 1988 : sous l'effet de la politique de glasnost et sous la pression du Front populaire, le Soviet suprême d'Estonie accorde à la législation nationale la primauté sur les lois de l’URSS. C’est le début du mouvement qui conduira à l’indépendance.
- 1991 : la déclaration d’indépendance de l’Estonie est obtenue malgré l’opposition du gouvernement russe.
- 2004 : l’adhésion à l’OTAN et l’entrée simultanée dans l’Union européenne marque l’aboutissement d’une décennie d’efforts.
- 2011 : L'Estonie devient le 17e pays à adopter la monnaie unique
Géographie
L’Estonie est le plus septentrional des trois Etats baltes, sur les bords de la mer Baltique. Elle est entourée par la Russie à l'est et la Lettonie à l’ouest, mais le pays dont elle est le plus proche, culturellement et politiquement, est incontestablement la Finlande, située sur l'autre rive du Golfe de Finlande : Helsinki n'est qu'à 85 Km à vol d'oiseau et reliée à Tallinn par des liaisons quotidiennes. L’appartenance de l’estonien aux langues finno-ougriennes et le luthéranisme majoritaire dans la population contribuent également à cette proximité. Cependant l’Estonie compte une importante minorité russe (environ un tiers de la population) Le gouvernement s’efforce d’encourager une intégration plus poussée de ces minorités.
Ce territoire de dimensions limitées (45 000 km2) alterne plaines et collines au sol pauvre, souvent boisé ; les forêts couvrent plus de 45 % du territoire, entrecoupées de très nombreux lacs. On compte plus de 1521 îles et de nombreux lacs, en particulier le lac Peipous et le lac de Pskov, partagés avec la Russie. La préservation d’environnements et d’écosystèmes fragiles se traduit par l’ampleur des réserves naturelles, qui couvrent près de 10 % du territoire. Le climat frais et tempéré connaît des amplitudes thermiques restreintes, puisque les températures moyennes varient de 18° en été à -5° en hiver.
Economie
En quinze ans, l’Estonie est passée d’une économie dirigiste et nationalisée à une économie de marché performante, en menant une politique d’ouverture résolument libérale.
Les privatisations dans tous les secteurs -industriel, commercial et financier- ont permis de dégager une dynamique de croissance, malgré les tensions sociales qu’elles ont engendrées.
Située dans une région à fort potentiel de croissance, le plus petit des Etats baltes s’est fait un nom dans l’exportation d’équipements électriques et électroniques (en particulier en ce qui concerne les télécommunications), de bois et de textiles. Les nouvelles technologies se sont profondément insérées dans les modes de vie de la population estonienne, un atout dans sa stratégie de développement d’une économie de services à haute qualification. La population estonienne fait preuve d’une maîtrise particulière des nouvelles technologies.
Considéré un temps comme le "Tigre de la Baltique" en raison de forts taux de croissance soutenus par ses importations (8,1% en 2004, 10,5% en 2005 et 11,4% en 2006), l’Estonie a finalement été touchée par la crise économique, la croissance de son PIB ayant considérablement ralentie pour atteindre environ 3% en 2010, tandis que son taux de chômage avoisinait les 17% à la même date.
Néanmoins, affichant une dette publique bien inférieure aux 60% fixés par l'UE (8% en 2010), une monnaie stable et des finances saines, elle rejoint la zone euro le 1er janvier 2011. Les échanges avec ses partenaires communautaires, surtout avec la Finlande, de loin son premier partenaire commercial, devraient se voir renforcés.
Culture
Friedrich Reinhold Kreutzwald (1803-1882)
La littérature estonienne est en partie liée au réveil du sentiment et de l’identité nationale au XIXe siècle. Si le premier ouvrage publié en langue estonienne est un catéchisme luthérien de 1535, le succès de la littérature en langue estonienne, très proche du finnois, après des siècles de domination de l’élite d’origine allemande, est dû pour une large part à Friedrich Reinhold Kreutzwald, qui a collecté et rédigé l’épopée nationale, Kalevipoeg (1857-1861) (le fils de Kalev).
En 1905, le mouvement "Jeune Estonie" autour de Gustav Suits ou Friedebert Tuglas, mêle des programmes esthétiques, culturels et politiques dans ses revendications face à la culture russe. A la même époque, Eduard Vilde remporte un certain succès avec ses romans naturalistes. La veine littéraire estonienne ne s’est pas tarie. Elle trouve aujourd’hui encore en Jaan Kross un représentant de poids.
Les ouvrages de cet écrivain contemporain sont des classiques, traduits dans des dizaines de langues dont le français. Il a notamment écrit "Le fou du Tsar", "Le départ du professeur Martens", "La vue retrouvée" et "L’œil du grand tout".
Arvo Pärt (1935-)
L’Estonie est aussi terre d’élection de la musique et des musiciens. Au delà des motets et de la musique chorale de Rudolf Tobias, au XIXe siècle, l’Estonie peut s’enorgueillir des compositions classiques contemporaines d’Arvo Pärt, mais aussi des symphonies romantiques et atonales d’Eduard Tubin. Neeme Järvi est un célèbre chef d’orchestre qui travaille actuellement à l’orchestre philarmonique de Detroit.
Andrus Veerpalu (1971-)
Cet athlète a été médaille d’or en ski de fond à Salt Lake City en 2002, sur l’épreuve de 15 km. Il a remporté la même course à Turin (2006), ce qui fait de lui le double champion olympique de la discipline.





















