Autriche

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Capitale: Vienne
Population: 8,4 millions - (Eurostat - 2011)
Superficie: 83 871 km² - (Eurostat)
Taux de croissance du PIB réel: 2,1 % - (Eurostat - 2010)
Taux de chômage: 4 % - (Eurostat - 2011)
Dette publique en % PIB: 72,2 (Eurostat - 2011)
Inflation: 1,7 % - (Eurostat - 2010)
Déficit/excédent public en % PIB: -3,9 % - (Eurostat - 2011)
Monnaie: Euro
Date d'adhésion: 1er janvier 1995

Politique

© Communauté européenneL’Autriche est une république fédérale de type parlementaire constituée de 9 provinces fédérées, régie par la Constitution de 1920, rétablie en 1945.

Les élections législatives anticipées de novembre 2002 au Nationalrat, principale chambre du parlement bicaméral, qui comprend également le Bundesrat, avaient abouti à la reconduction de la coalition entre le Parti conservateur (ÖVP) et le parti populiste de Jörg Haider (FPÖ) qu’il a quitté en avril 2005 pour fonder le BZÖ.

A partir de janvier 2007, à la suite du "mariage de raison" entre les les sociaux-démocrates (SPÖ) et conservateurs (ÖVP), Alfred Gusenbauer a assumé la Chancellerie fédérale. Les sociaux-démocrates ont laissé en échange les grands ministères aux conservateurs.

Les législatives de 2008 ont confirmé ce rapport de force, et l'alliance gauche-droite a perduré avec cette fois Werner Faymann (SPÖ) à sa tête.

Le Président de la République, élu au suffrage universel direct pour six ans, est Heinz Fischer (SPÖ) depuis 2004.

Le pays et l'Union européenne

Pendant la Guerre froide, la neutralité imposée à l’Autriche par le traité d’Etat  de 1955 lui a interdit de participer au projet communautaire. Mais la décomposition du bloc soviétique a changé la donne : le pays a déposé sa candidature le 17 juillet 1989 et adhéré à l’UE le 1er janvier 1995.

Les relations entre le gouvernement autrichien et les partenaires européens  ont connu une crise en février 2000, lorsque des mesures symboliques furent adoptées contre l’Autriche pour condamner la participation au gouvernement du parti d’extrême droite FPÖ. Le débat porta alors sur la marge d’intervention des Etats membres de l’Union dans la vie politique intérieure d’un des partenaires.

Lors de la présidence autrichienne de l’UE en 1998, l’Autriche soutint avec ferveur le processus d’élargissement aux pays d’Europe centrale et orientale, au nom des liens historiques et géographiques qui la relie à eux. Le pays est également favorable à un approfondissement des relations avec les pays des Balkans occidentaux et souhaite pouvoir jouer le rôle de porte-parole et d’intermédiaire dans les relations avec les nouveaux Etats membres, comme l’a démontré à nouveau l’exercice de la présidence de l’Union européenne par l’Autriche au premier semestre 2006.

L’Autriche est très attachée à l’équilibre institutionnel entre grands et petits pays. Elle dispose au Parlement européen de 19 sièges et de 10 voix au Conseil des ministres.

Histoire

Le Saint Empire Romain Germanique et les Habsbourg

    • 1273 : Rodolphe Ier de Habsbourg prend la tête du Saint Empire Romain Germanique. La dynastie des Habsbourg porte la couronne impériale presque sans interruption jusqu’au début du XIXème siècle.



    • 1526 : la mort du roi de Hongrie Louis II à la bataille de Mohacs scelle l’union personnelle du Royaume de Hongrie avec les Etats héréditaires des Habsbourg, archiduché d’Autriche et royaume de Bohême. Tout au long de l’histoire de la monarchie danubienne, malgré les velléités de centralisation administrative, les entités demeurent largement distinctes les unes des autres.


    • 1683 : l’échec du deuxième siège de Vienne par les Ottomans donne le signal d’une rapide reconquête de la Hongrie, avec la prise de Buda par les Habsbourg en 1686. Les guerres contre l’ennemi ottoman se poursuivent tout au long du XVIIIème siècle avec quelques interruptions et aboutissent à la conquête progressive de territoires balkaniques, organisés en glacis militaire.


    • 1740-1790 : les règnes de Marie-Thérèse et de Joseph II constituent un apogée de la monarchie austro-hongroise et de la réforme de l’administration dans le sens du despotisme éclairé.

    La monarchie autrichienne dans la tourmente

    • 1806 : disparition du Saint Empire Romain Germanique sous la pression de Napoléon Ier. Cependant l’Autriche s’élève au rang d’Empire, dont François Ier prend la couronne, jetant les nouvelles bases constitutionnelles de la monarchie danubienne pluriethnique.


    • 1848 : le "Printemps des peuples" secoue l’Empire conservateur et exprime les velléités séparatistes et le sentiment national de nombreuses composantes non germanophones de l’Empire. Francois Joseph Ier accède au trône.


    • 1866 : à l’issue de la guerre austro-prussienne, l’Autriche perd son statut de puissance germanique dominante au profit de la Prusse. Malgré le sentiment d’un lent déclin, Vienne devient un centre intellectuel et artistique brillant au tournant du XXème siècle.


    • 1914 : l’héritier du trône d’Autriche, François-Ferdinand, est assassiné à Sarajevo : la Première Guerre mondiale se déclenche par le jeu des alliances en Europe. A l’issue du conflit, la République est proclamée et l’Empire des Habsbourg démembré. L’Autriche regroupe l’essentiel des territoires germanophones de l'Empire.


    • 1938 : l’Autriche est annexée au Reich allemand (Anschluss), puis divisée en quatre zones d’occupation à l’issue du second conflit mondial. La seconde république est proclamée en 1945.

    Indépendance et république

    • 1955 : avec le traité d’Etat, la souveraineté autrichienne est reconnue sur le plan international en échange d’une garantie de neutralité. La même année, les puissances alliées retirent leurs troupes du territoire autrichien.

    Géographie

    © [2008] JupiterimagesLes 84.000 km2 de vallées et de massifs alpins qui constituent l’Autriche sont situés au cœur de l’Europe. L’Autriche est bordée par l’Allemagne et la République tchèque au nord, la Slovaquie et la Hongrie à l’est, la Slovénie et l’Italie au sud et la Suisse et le Liechtenstein à l’ouest.

    L’Autriche est un des pays les plus boisés d’Europe. Dans ce pays majoritairement  montagneux, Alpes et Préalpes couvrent 80% du territoire. Elles culminent au Grossglockner, en Carinthie, à 3797m. Les principales vallées – l’Inn, l’Enns, la Mur et le Danube - constituent les principales voies de communication du pays.

    L'Autriche comprend 9 provinces (Bundesländer) qui sont : le Burgenland, la Carinthie, la Basse-Autriche, Salzbourg, la Styrie, le Tyrol, la Haute-Autriche, Vienne et Vorarlberg.


    Vienne domine très largement le réseau urbain avec près de deux millions habitants sur les huit que compte le pays. Salzburg, Linz, Graz ou Innsbruck se placent au second rang.

    Economie

    © [2008] JupiterimagesL’Autriche est l’un des Etats d’Europe dont le PNB par habitant est le plus élevé, et elle continue à afficher un taux de chômage parmi les plus faibles d’Europe. Bien que l'Allemagne demeure son principal partenaire commercial, l'adhésion à l'Union européenne de l'Autriche lui a permis de réduire sa dépendance économique à l'égard de l'Allemagne.

    Le gouvernement s’astreint depuis 2002 à maintenir l’équilibre budgétaire et condamne régulièrement certains pays "laxistes" vis-à-vis du Pacte de stabilité. Pour maintenir sa compétitivité face à la concurrence internationale, le gouvernement a lancé une nouvelle série de réformes en 2003 allant dans le sens de la libéralisation et de l’allègement de l’Etat-Providence.

    Mais frappée comme ses partenaires européens par la crise économique et financière dès 2008, l'Autriche a vu son déficit public passer de 0,9% de son PIB en 2008 à 4,6% en 2010. Elle fait ainsi fait l'objet d'une procédure de non-respect des critères de Maastricht sur le Pacte de stabilité engagée contre elle par la Commission européenne. En 2011, son déficit public a légèrement diminué pour atteindre 3,9% de son PIB.

    Culture

    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

    © [2008] JupiterimagesPour beaucoup, l’Autriche et Vienne restent la patrie de la musique et des compositeurs, et tout particulièrement du plus célèbre d’entre eux, W.A. Mozart qui y composa la plupart de ses oeuvres. Les valses de Strauss conservent également une popularité inchangée au panthéon de la culture autrichienne. Cette Vienne classique et impériale s’exprime en outre dans le riche patrimoine architectural, du Belvédère à Schönbrunn.

    Gustav Klimt (1862-1918)

    A ce patrimoine universel classique s’ajoute une remarquable contribution à  l’Europe contemporaine, à la fois par ses interrogations et par son cosmopolitisme ; Vienne rayonne au tournant du XIXème et du XXème siècle. Tant les promoteurs de l’art nouveau autour de la "Sécession viennoise" avec Gustav Klimt, peintre du Baiser ou de la Frise Beethoven, Egon Schiele ou Oskar Kokoschka, que les écrivains tels que Hoffmannsthal, Karl Kraus ou Robert Musil et son Homme sans qualités devenu un monument de la littérature mondiale du XXème siècle, traduisent une culture sophistiquée et consciente de son héritage, mais en proie au doute et confrontée à son déclin. Ce centre intellectuel novateur a également renouvelé les approches médicales du psychisme à travers les théories de Sigmund Freud.

    Friedensreich Hundertwasser (1928-2000)

    A la fois artiste, peintre, penseur mais surtout architecte, Hundertwasser est animé par un immense amour de la nature et est l'un des grands pionniers d'une architecture humaniste, écologique et d'un design moderne et particulier qui le distingue des autres architectes. Passionné par l'eau et les couleurs, son œuvre picturale est caractérisée par le foisonnement organique des formes et repose sur la brillance des couleurs.
     
    L'Autriche bien sur, mais également l'Allemagne, le Japon,les Etats-Unis, Israël, la Suisse ou encore la Nouvelle-Zélande qu'il affectionnait particulièrement, sont les pays où Hundertwasser a exprimé son art.
     

    Elfriede Jelinek (1946-)

    Pourtant, cela ne saurait faire oublier que la culture autrichienne s’exprime avec autant de force et d’intensité créatrice aujourd’hui, au travers d’une création théâtrale abondante et d’une littérature provocante et exigeante, de Thomas Bernhard à Elfriede Jelinek. Le questionnement des sociétés industrielles et consuméristes contemporaines ainsi que l’extraction d’une douloureuse histoire longtemps refoulée joint sa voix à des interrogations similaires exprimées dans d’autres pays européens.

    Textes et documents

    • Histoire des Habsbourg, Henri Bogdan, Perrin, 2005
    • Vienne 1900, Klimt, Schiele, Moser, Kokoschka. Catalogue de l’exposition au Grand Palais, RMN, Paris, 2005 
    Mise à jour : mardi 24 avril 2012 15:01