Sommaire
La crise de la vache folle, les risques épidémiologiques liés au SIDA, au SRAS, et plus récemment avec différentes pandémies, mais aussi le vieillissement de la population dans l'UE ont rendu indispensable une coopération au niveau européen en matière de santé publique.
Depuis le traité de Maastricht de 1992, l'UE dispose d'une base juridique pour intervenir dans le domaine de la santé publique. L'Union veille ainsi à assurer un niveau élevé de protection de la santé humaine dans la définition et la mise en œuvre de toutes les politiques et actions de la Communauté. Avec le traité de Lisbonne, l'article 168 du TUE, la compétence de l'UE est élargit aux "mesures fixant des normes élevées de qualité et de sécurité des médicaments et des dispositifs à usage médical". Par ailleurs, un nouveau domaine d'action existe pour l'UE qui vise à "améliorer la complémentarité des services de santé des Etats membres dans les régions transfrontalières".

Depuis février 2010, la politique européenne en matière de santé publique est gérée par le commissaire européen John Dalli (Malte).
Voir sa biographie
Ainsi, si l'action de l'Union ne fait que compléter les mesures prises au niveau national, l'objectif de santé publique fait désormais partie de l'une des préoccupations majeures de l'Union.
En vertu du traité, les mesures prises par l'Union européenne doivent viser à améliorer la santé publique, à prévenir les maladies et les affections humaines, et à déterminer les sources de danger pour la santé humaine.
Afin de mener à bien ces objectifs et d'améliorer les systèmes de santé nationaux, l'Union encourage la coopération et la coordination entre les Etats membres dans ces domaines et concentre, notamment, son action sur :
L'UE mène des actions de recherche et de prévention des grandes maladies. Contre le cancer, notamment, elle multiplie les actions de dépistage et d'information du public.
Au niveau épidémiologique, un réseau de surveillance et de contrôle des maladies transmissibles permet de promouvoir une coopération et une coordination entre Etats membres afin d'améliorer la prévention et le contrôle des maladies transmissibles. C'est également le cas en cas de grande pandémie comme en 2009 avec la crise de la grippe A. L'Union européenne a adopté des communications développant une approche européenne coordonnée sur les fermetures d’écoles les plus appropriées pour protéger la santé humaine. Il s'agissait dans le même temps de concilier la liberté de circulation et la protection de la santé publique pour les voyageurs présentant des symptômes grippaux.
Par ailleurs, l'UE développe des actions de coopération avec les pays tiers afin de lutter contre le SIDA tout en apportant un large soutien au Fonds mondial de lutte contre le sida et à d'autres organismes. Sur le sol européen, l'action de l'UE porte sur les points suivants: renforcer la prévention et l'information ; améliorer la surveillance ; mettre en place des réseaux reliant les principaux acteurs intervenant dans la lutte contre le VIH/Sida ; encourager la diffusion des bonnes pratiques.
La consommation de drogues (cannabis, amphétamines, cocaïne, héroïne, alcool, abus de médicaments...) constitue une préoccupation majeure dans l'Union européenne. Chaque année, environ 8000 décès sont imputables aux drogues. L'UE agit à deux niveaux : non seulement, elle lutte contre le trafic de drogues via l'Office européen de police (EUROPOL) créé en 1999 et situé à La Haye (Pays-Bas), mais elle promeut aussi la santé publique à travers des campagnes d'information.
Le plan d’action dans la lutte contre la drogue (2009-2012) fixe cinq priorités à mettre en œuvre pour lutter contre les drogues: la coordination tant à l’échelle nationale qu’européenne, la réduction de la demande et de l’offre de drogue, la coopération internationale et l’information sur les phénomènes de toxicomanie.
L'UE met à la disposition du grand public, des professionnels de la santé et des pouvoirs publics des données comparatives sur la santé des citoyens européens : conditions de vie et de travail, prévention des maladies, évolution et efficacité des systèmes de santé, nouvelles technologies de la santé...
Elle s'appuie aussi sur des campagnes d'information, afin, notamment, de mettre en avant l'influence des modes de vie et autres facteurs déterminants sur la dégradation de la santé : consommation d'alcool, de tabac, nutrition, stress, toxicomanie, environnement...
Le traité de Lisbonne a élargi les compétences partagées entre Union européenne et Etats-membres via l'article 168 (TFUE) aux mesures concernant la surveillance des menaces transfrontières graves sur la santé.
De plus, les Etats prennent de plus en plus en compte cette dimension pour leur citoyens. Le premier hôpital transfrontalier européen ouvrira en 2012 à Puigcerda (Espagne) et soulagera des milliers de Français des Pyrénées Orientales qui devaient jusque là faire jusqu'à 100 km pour des soins. La facture de 31 millions d'euros a été réglée à 60% par le Fonds européen de développement économique et régional (FEDER). Les 12,4 millions restant ont été pris en charge par la Généralité de Catalogne (60%), région autonome du nord-est de l'Espagne, et la France (40%).
Cette dimension est prise en compte par l'Union européenne. Ainsi, le Parlement européen travaille sur l'adoption de nouvelles règles relatives à l'étiquetage des produits alimentaires. Celle-ci deviendrait obligatoire et sera beaucoup plus lisible grâce à un tableau nutritionnel au dos des emballages et la valeur calorique sur le devant. Le nouvel étiquetage prévoit également l'obligation d'indiquer le pays d'origine du produit alimentaire. Pour l'instant, ce n'est obligatoire que pour les viandes bovines, le miel et l'huile d'olive. Si le règlement entre en vigueur, ce type de signalisation se trouvera également sur toutes les catégories de viandes ainsi que sur l’ensemble des produits laitiers.
L'ensemble des politiques communautaires doit prendre en compte les exigences en matière de santé publique. C'est le cas, par exemple, de la politique de recherche avec des actions portant sur la nutrition, les maladies infectieuses, le vieillissement..., de l'exclusivité de 10 ans accordée aux "médicaments orphelins" traitant des maladies rares, de la santé sur le lieu de travail, etc.
Article 168 (TFUE)
Un niveau élevé de protection de la santé humaine est assuré dans la définition et la mise en œuvre de toutes les politiques et actions de l'Union. L'action de l'Union, qui complète les politiques nationales, porte sur l'amélioration de la santé publique et la prévention des maladies et des affections humaines et des causes de danger pour la santé physique et mentale. Cette action comprend également la lutte contre les grands fléaux, en favorisant la recherche sur leurs causes, leur transmission et leur prévention ainsi que l'information et l'éducation en matière de santé, ainsi que la surveillance de menaces transfrontières graves sur la santé, l'alerte en cas de telles menaces et la lutte contre celles-ci. L'Union complète l'action menée par les États membres en vue de réduire les effets nocifs de la drogue sur la santé, y compris par l'information et la prévention.
(voir la suite de l'article 168)
Le domaine de la protection de la santé publique relève avant tout de la compétence nationale; l'action de l'UE complète les politiques nationales en la matière mais ne les remplace pas. Les gouvernements nationaux sont donc libres d'organiser et de fournir les services de santé comme ils le souhaitent selon leur politique interne.
Des textes contraignants peuvent néanmoins être adoptés par la Communauté européenne. A titre d'exemple, la réglementation sur le tabac provient d'une norme communautaire qui impose une limitation de la teneur en goudron et nicotine, et rend obligatoire l'inscription sur les paquets de cigarettes d'un avertissement dissuasif.
Afin d'assurer à l'Union, un plan d'action cohérent et efficace en matière de santé publique, l'UE agit dans le cadre d'une programmation pluri-annuelle.
Le Programme "Santé publique" (2003-2008) s'inscrit dans cette perspective. Ses trois objectifs fondamentaux sont les suivants: promouvoir la diffusion et le partage d'informations en matière de santé, améliorer la capacité de réaction face aux menaces sanitaires, et encourager l'adoption de modes de vie sains. Ce programme comporte des calendriers de travail annuels et des actions d'évaluation de ses résultats.
La Communauté s'est dotée de certains organes spécialisés afin de contribuer à l'élaboration d'une véritable politique de santé publique dans l'Union européenne. On peut ainsi citer l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) créé en 1993 et situé à Lisbonne (Portugal) qui produit des statistiques comparatives sur la consommation et la circulation des drogues dans l'UE ou bien l'Agence européenne des médicaments (AEME) mise en place en 1995 à Londres (Royaume-Uni) qui délivre des autorisations de mise sur le marché des médicaments valables dans les 27 Etats membres de l'Union européenne.
Le premier Programme "Santé publique" (2003-2008) de l'UE bénéficiait d'une enveloppe de 353,77 millions d'euros. Un deuxième programme d'action communautaire dans le domaine de la santé pour la période du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2013 a été mis en place. Il poursuit trois grands objectifs: améliorer la sécurité sanitaire des citoyens ; promouvoir la santé, y compris la réduction des inégalités en la matière ; produire et diffuser des informations et des connaissances en matière de santé. Le programme est doté d'une enveloppe financière de 321,50 millions d'euros pour la période 2008-2013.
Aux crédits communautaires s'ajoutent les contributions des Etats membres de l'Association Européenne de Libre Echange (AELE) (Islande, Liechtenstein, Norvège et Suisse), qui bénéficient d'un accès au marché unique.
En pratique, la politique européenne de santé publique c'est :
Pour les prochaines années à venir, l'Union européenne souhaite renforcer davantage la cohésion entre politique de santé publique et protection des consommateurs.
Elle regroupera ainsi sous une même action les affaires de santé publique et de protection du consommateur. A ce titre, la Direction générale de la Commission européenne compétente en matière de santé publique est également en charge de la protection des consommateurs (Direction générale de la santé et de la protection des consommateurs - DG SANCO).
Le nouveau programme d'action de l'UE en matière de santé publique pour la période 2007-2013, qui est entré en vigueur le 1er janvier 2008, est axé sur 3 objectifs principaux:
Textes et documents
Europa : Synthèses de la législation (SCADPlus) - Santé publique
Les services de la santé en Europe en 2007 : quels enjeux ? (Arnaud Senn, Septembre 2007) - Fondation Robert Schuman
Sites utiles
Europa : Portail sur la santé dans l'UE, Commission européenne
Europa : DG santé et protection des consommateurs, Commission européenne
Europa : Indicateurs de santé de la Communauté européenne, Commission européenne
Europa : "HELP - Pour une vie sans tabac", Commission européenne
Europa : Agence exécutive de santé publique
Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies - ECDC 171 83 Stockholm - Suède - Tél. : 00.46.8.30.00.56 - Fax : 00 46.8.30.00.57
L'Agence européenne des médicaments - 7 Westferry Circus - Canary Wharf - Londres E14 4HB - Royaume-Uni - Tél.: 00.44.20.74.18.84.00 - Fax: 00.44.20.74.18.84.09 - Mail: mail@emea.europa.eu
L'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies - Rua da Cruz de Santa - Apolónia 23-25 - P-1149-045 Lisbonne - Tél.: 00.351.218.11.30.00 - Fax: 00.351.218.13.17.11 - Mail: info@emcdda.europa.eu
L'Office européen de police EUROPOL - Raamweg 47 - PO Box 90850 - NL-2509 LW La Haye - Pays-Bas - Tél: 00.31.70.302.5000 - Fax: 00.31.70.345.5896 - Mail: info@europol.europa.eu
Mise à jour : 20/07/10