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Inaugurée officiellement par la Commission européenne et la Présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne le 21 janvier à Madrid, l'Année européenne 2010 a placé la pauvreté et l'exclusion sociale au coeur des préoccupations de l'Union sous le slogan "Halte à la pauvreté !".
A l'occasion de la cérémonie d'ouverture, le Président de la Commission José Manuel Barroso a précisé que la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale devait s'inscrire dans le contexte de sortie de crise qui occupera l'Union dans les mois à venir.
Vladimír Špidla, encore commissaire en charge de l'Emploi, des Affaires sociales et de l'Egalité des chances pour quelques jours, a rappelé qu'une personne sur six vivait aujourd'hui en Europe dans la précarité. Il a souhaité que l'Année européenne puisse faire la priorité absolue de l'Union.
Jusqu'au 17 décembre 2010, date officielle de clôture de l'Année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale, de nombreux événements ont donc été organisés autour de cette thématique, à travers des programmes pour l'essentiel nationaux, mais qui se sont inscrits dans une campagne de communication à dimension européenne.
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C’est, en millions, le nombre de personnes qui seraient menacées de pauvreté dans l’Union européenne, soit 17 % de la population, dont 19 millions d’enfants.
De même, selon l'Eurobaromètre, la grande majorité des Européens (73%) considèrent que la pauvreté est un problème très répandu dans leur pays, et ils sont 89 % à souhaiter que leur gouvernement prenne des mesures d'urgence pour y remédier.
Chaque année depuis 1983, l'Union européenne choisit un thème d'action pour sensibiliser les citoyens à une problématique importante.
L'objectif : faire naître chez les citoyens européens une conscience commune des problématiques qui concernent l'ensemble des pays du continent en mobilisant les institutions, mais également les organisations de la société civile et les citoyens.
L'Année européenne est également l'occasion de mettre une thématique précise au coeur des travaux des décideurs européens. En 2009, l’Union a célébré l’année européenne de la créativité et de l’innovation, en 2008 le dialogue multiculturel, en 2007 l’égalité des chances.
2011 est l’année européenne des activités de volontariat pour la promotion de la citoyenneté active. 2012 pourrait être celle du vieillissement actif et de la solidarité intergénérationnelle.
En 2010, l’Union européenne s’est associée aux États membres autour du thème de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Les objectifs de cette Année européenne étaient de renforcer la prise de conscience du public sur ces questions et de renouveler l'engagement politique de l’UE et de ses États membres dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale.
Le fil conducteur de l’Année européenne 2010 était de donner voix aux inquiétudes des victimes de la pauvreté et de l’exclusion sociale tout en encourageant les citoyens européens et les autres acteurs à s’engager sur ces questions importantes.
Cette Année européenne a également cherché à remettre en question les stéréotypes et les perceptions collectives liés à la pauvreté. En embrassant les principes européens de solidarité et de partenariat, l’Année 2010 a lancé un signal fort : il faut s’attaquer de front aux causes de la pauvreté afin de garantir pour chacun un rôle actif dans la société.
Halte à la pauvreté ! 
Bien que l'Année européenne 2010 a été essentiellement organisée au plan national, la Commission européenne a lancé une campagne européenne intitulée 'Halte à la pauvreté !'. Le site Internet de la campagne a permis aux partenaires et aux acteurs clés de se concerter et de mener des initiatives communes. Il a mis également en avant certaines des manifestations organisées par les Etats participants.
L'Année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale a regroupé 29 participants : les 27 Etats membres de l'Union européenne, plus la Norvège et l'Islande).
Les activités menées dans le cadre de cette Année européenne ont été en grande partie décentralisées, chaque participant disposant de son propre programme national.
Ainsi, des manifestations locales et nationales se sont tenues dans chaque État participant. Au nombre de ces manifestations, on a compté des campagnes de sensibilisation, des ateliers, ainsi que des séminaires d’information dans les écoles.
Des films, magazines et autres supports d’information ont été produits afin d’aider les communautés à prendre conscience des incidences de la pauvreté et de l’exclusion sociale.
Quant aux personnes directement concernées, elles ont pu en profiter pour mieux s’informer de leurs droits.
Une campagne de communication de la Commission européenne a relié cependant l'ensemble de ces initiatives à l'échelle européenne, sous le slogan "Halte à la pauvreté". Dans le cadre de cette campagne ont été notamment organisés un concours destiné aux journalistes, une initiative dans le domaine artistique ainsi que deux "semaines thématiques", en mai et octobre, ponctuées de manifestations nationales un peu partout dans l'Union.
Aux côtés de personnalités publiques, des personnes ayant vécu dans la pauvreté ont joué le rôle d’ambassadeurs, ce qui a renforcé la visibilité et la crédibilité des actions organisées pendant l’Année européenne, tout en incitant d’autres citoyens à s’impliquer.
L'Année européenne de la lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale a bénéficié d'un budget de 17 millions d'euros.
Ce budget a servi à financer des campagnes de sensibilisation aux niveaux européen et national autour des problématiques de la pauvreté et de l'exclusion sociale.
Il a financé également, dans les différents pays participants, des centaines de projets liés aux priorités nationales.
La France a présenté en août 2009 son programme national pour l’année européenne 20101. C’est la Direction Générale de l’Action Sociale (DGAS), rattachée au Ministère du travail et au Ministère du logement, qui était chargée de sa mise en œuvre.
Celle-ci a été largement décentralisée : les préfets de régions ont été chargés de mobiliser les partenaires territoriaux, en fonction de la diversité des contextes locaux. Parmi les événements prévus, trois séminaires nationaux décentralisés ont été organisés en région.
La France a poursuivi avec cette Année européenne 5 objectifs principaux :
La lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale comme un élément essentiel de la cohésion sociale et du développement durable de notre société est l'axe autour duquel s'est articulé l'ensemble des événements du programme français. Il s'est décliné en trois thèmes autour desquels se rassemblaient les projets :
Comme tous les ans, l’année européenne de lutte contre la pauvreté s’est accompagnée d’un financement de projets spécifiques, dont la sélection s’est close en novembre 2009. La France a reçu environ 600 projets d’associations et de collectivités territoriales.
La liste des 68 projets retenus a été officialisée lors de la cérémonie d’ouverture nationale organisée le 18 février à Paris au Palais des Congrès, en présence de Martin Hirsch, haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté. 750 000 euros ont été alloués par l’Union européenne au financement de ces projets, la France y contribuant pour un montant équivalent.
Parmi ces projets on trouve notamment un café rencontres, un concert "2010 minutes pour la lutte contre la pauvreté", la création d’un chenil social associé à une formation et à des ateliers de soins aux animaux pour les personnes en situation d’exclusion sociale, la création d’une frise du temps "Apprendre ensemble pour lutter contre l’exclusion sociale et soutenir l’envie de découvrir", et beaucoup d'autres projets un peu partout en France.
Sources
Année européenne 2010 de lutte contre la pauvreté - Commission européenne
Mise à jour : 10/08/2011