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L'agriculture est incontestablement le secteur économique dans lequel l'intégration communautaire a été la plus poussée. La PAC représente environ 40% du budget de l'Union européenne.
Figurant dès 1957 dans le traité de Rome, la Politique Agricole Commune (PAC) n'a été mise en place qu'en 1962 et reflète, à cette époque, la nécessité d'augmenter la production alimentaire dans une Europe dévastée par des années de guerre. Très rapidement, elle atteint l'objectif principal qui lui était assigné : garantir l'autosuffisance alimentaire de la Communauté européenne.
Depuis 2010, la Politique agricole commune est gérée par le commissaire européen Dacian Ciolos (Roumanie).
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La PAC a en effet permis d'augmenter très significativement le niveau de la production agricole en Europe grâce à la mise en place d'outils garantissant le revenu des agriculteurs, accompagnant l'exode rural et favorisant la modernisation des exploitations.
De ce fait, l'Union européenne est devenue une véritable puissance agricole mondiale, concurrençant les Etats-Unis en termes d'exportation comme d'importation de denrées agroalimentaires.
Cependant, des déséquilibres sont rapidement apparus et se sont accentués avec le temps. Victime de son succès, la PAC a connu de nombreuses réorientations visant à corriger ses excès productivistes et ses effets néfastes sur l'environnement.
Elle connaît ainsi depuis le début des années 90 un processus de réforme continu, qui vise à garantir une agriculture européenne compétitive, plus respectueuse de l'environnement, capable de maintenir la vitalité du monde rural et de répondre aux exigences des consommateurs en matière de bien-être animal, de qualité et de sécurité des denrées alimentaires.
La Politique agricole commune a pour but (art. 39 TFUE) :
A ces objectifs définis par les traités s'ajoutent l'attachement à une alimentation saine et de qualité, une production respectueuse de l'environnement et des animaux, ainsi qu'une attention croissante pour le développement rural (2e pilier de la PAC) à travers l'aménagement des territoires, la gestion des ressources naturelles et la diversification économique dans les zones rurales de l'UE.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les pays européens se trouvent dans une situation de pénurie alimentaire. Il leur faut reconstruire un secteur agricole structurellement déficitaire. Après de longues négociations, et sur insistance de la France, ils choisissent de le faire dans le cadre de la Communauté économique européenne récemment créée.
En 1962, les six Etats membres de la CEE mettent en place une politique agricole commune (PAC) avec comme objectif principal d'augmenter la production alimentaire et la productivité en Europe, avec pour conséquence de stabiliser les marchés et d'augmenter in fine les revenus des agriculteurs.
Les 21 OCM ont été remplacés en 2008 par un OCM unique.Pour ce faire, la Communauté finance l'effort de production des agriculteurs et met en place des Organisations communes de marché (OCM), qui orientent les productions, stabilisent les prix et garantissent la sécurité des approvisionnements de 21 produits ou groupes de produits (céréales, fruits et légumes, viande porcine, œufs, vin). Lorsque certains produits ne trouvent pas preneur, la Communauté les rachète à un prix garanti (négocié chaque année), supérieur au prix du marché mondial.
Dès les années 1970, l'Europe parvient ainsi à garantir aux pays membres une auto-suffisance alimentaire. Elle est cependant rapidement confrontée à de nouveaux problèmes :
La PAC et le reste du monde
Vivement critiquées par les pays tiers, les aides directes couplées et les subventions à l'exportation, à l'origine de distorsions de concurrence, constituent aujourd'hui un mécanisme marginal de la PAC, sous l'impulsion de l'OMC notamment. Les pays du Sud se sont vus octroyer un accès privilégié au marché européen (l'initiative "tout sauf les armes" élimine en particulier les contingents et droits de douane pour la totalité des produits, à l'exclusion des armes, importés des 48 pays les plus pauvres du monde). En raison notamment des désaccords Etats-Unis - UE sur les questions agricoles, les négociations du "cycle de Doha" sont aujourd'hui au point mort.
Aussi, depuis 1972 et l'échec du plan Mansholt, la PAC est amenée à s'adapter par des réformes successives (1992, 1999, 2003) qui visent à :
Depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, les décisions législatives relatives à la PAC relèvent de la procédure législative ordinaire (ex-"codécision") : le Parlement européen a désormais un rôle fondamental en matière agricole, équivalent au Conseil. Les actes non législatifs (montant des aides, quotas, prix, prélèvements...) sont prises par le Conseil à la majorité qualifiée sur la base des propositions de la Commission.
Trois grands principes sous-tendent la PAC :

Afin d'encourager la production de produits de qualité, l'Union européenne a mis en place un système d'étiquetage qui atteste l'origine et la qualité des produits : AOP (Appellation d'Origine Protégée), IGP (Indication Géographique Protégée) et STG (Spécialité Traditionnelle Garantie). L'UE a aussi créé un label pour les produits issus de l'agriculture biologique.
La PAC est par ailleurs organisée autour de grands mécanismes :
Depuis le 1er janvier 2007, le financement des deux piliers de la PAC est assuré par le Fonds européen agricole de garantie (FEAGA) et le Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER), qui remplacent le Fonds européen d'orientation et de garantie agricole (FEOGA).La PAC (1er et 2e pilier) est la première dépense d'intervention de l'Union européenne.
Avec 56 milliards d'euros, elle représente environ 40 % du budget communautaire. Elle représentait jusqu'à 70 % du budget en 1984 par exemple, contre 43% en 2008.
Sur la période 2007-2013, la France reste le premier bénéficiaire des dépenses relatives aux marchés agricoles (premier pilier), avec un taux de retour d'environ 20 %. Les agriculteurs français reçoivent environ 10 milliards d'euros par an d'aides agricoles de l'Union européenne, dont 85 % issus du premier pilier. La tendance à la baisse du taux de retour est inéluctable avec l'élargissement de l'UE et le plafonnement budgétaire décidé en 2002.
En 2010, la France est le premier bénéficiaire de la PAC, en recevant 19,2 % de l'ensemble des crédits, devant l'Espagne (13,6 %), l'Allemagne (12,7 %), l'Italie (10,4 %) et le Royaume-Uni (7,3 %).La question du financement de la PAC reste une pomme de discorde entre les membres de l'UE, ainsi qu'entre les institutions européennes. Le budget de la future PAC (2014 - 2020) est actuellement en négociation.
Certains pays dont le Royaume-Uni, qui bénéficie moins des aides agricoles, souhaitent rompre avec le principe de solidarité financière et demandent la "renationalisation" partielle du financement de la PAC.
Publié en novembre 2007 par la Commission européenne, le "bilan de santé de la PAC" a donné le coup d'envoi à une vaste consultation auprès des Etats membres sur les mesures à mettre en oeuvre pour préparer l'après 2013. Un an après, le 20 novembre 2008, les ministres de l'agriculture s'accordent sur l'éventail suivant :
Le 12 octobre 2011, la Commission européenne a dévoilé ses propositions législatives sur la future PAC.
La politique agricole commune est actuellement sujette à d'importantes négociations entre les Etats membres, qui visent à définir ses règles et son budget pour la période 2014 - 2020.
Plusieurs défis sont apparus ou subsistent, que la réforme de la PAC doit s'attacher à relever :
Textes et documents
Synthèse de la législation communautaire en vigueur
Redonner du sens à la PAC - Rapport d'information du Sénat (2010)
La politique agricole commune (PAC), Jean-Christophe Bureau, 2007, La Documentation française.
Commission de l'Agriculture et Développement Rural - Commission européenne
Sites utiles
Rubrique PAC - Ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la pêche
Europa - Direction générale de l'Agriculture et du Développement Rural - Commission européenne
Adresses utiles
Commission européenne - Direction Générale de l'Agriculture - B-1049 Bruxelles - Tél.: 00.322.295.32.40 - Fax: 00.322.295.01.30
Département des ressources documentaires du Ministère de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Pêche - 78, rue de Varenne - 75349 Paris Cedex 07 - Tél.: 01.49.55.47.17
Mise à jour : 04/03/10