1992-2012

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Angela Merkel

Persuadée que l'UE a besoin d'un nouveau souffle, Angela Merkel plaide pour une refondation du projet européen passant par l'indispensable adoption d'un Traité Constitutionnel.




Sa vie

Propos choisis

"Une nouvelle fondation de l’Union européenne est plus nécessaire que jamais"

"Je ne veux pas dramatiser les choses, mais j'estime qu'il faut plus que jamais une nouvelle raison d'être à l'UE. Nous devons, et j'en suis profondément convaincue, réviser en profondeur le projet européen."

"Nous avons besoin du traité constitutionnel"

"Il s’agit maintenant de donner une nouvelle impulsion à la politique européenne. Et dans ce sens, c’est avec plaisir que j’ai lu le discours du Premier ministre britannique à Oxford il y a 15 jours [2 février 2006] qui correspond à une véritable profession de foi dans une Europe économiquement forte et génératrice de croissance et je pense que c’est également dans cette direction que nous devrions aller lors du conseil du mois de mars sous la présidence autrichienne".
Angela Dorothea Merkel est née le 17 juillet 1954 à Hambourg. Fille d’un pasteur et d’une institutrice, elle entreprend en 1978 des études de physique à l’université de Leipzig. Elle obtient son doctorat en 1986. Elle travaille jusqu'en 1990 à l'Institut de physique chimie de l'académie des sciences de RDA.

En 1990, elle entre dans la compétition électorale pour le bureau politique Demokratischer Aufbruch, mouvement d’opposition au communisme. Elle est nommée porte-parole du dernier gouvernement de RDA. Après la réunification de l’Allemagne, elle devient membre du Parti Démocrate Chrétien et est élue au Bundestag. Sous la chancellerie d’Helmut Kohl, elle occupe successivement le poste de ministre fédéral des Femmes et de la Jeunesse (1991-1994) et celui de ministre de l’environnement (1994-1998).

En 2000, Angela Merkel est élue à la tête de la CDU et devient ainsi la première femme à diriger un parti chrétien-démocrate. Cinq années plus tard, elle est nommée chancelière à la tête d’un gouvernement de coalition.

Pour une "refondation" du projet européen


Après les "non" français et néerlandais à la Constitution, Angela Merkel se prononce pour une véritable refondation de l’Union européenne.
Elle estime que le projet européen a montré sa "supériorité" mais qu’il doit retrouver un nouveau souffle. L’idéal de paix qui prévalait après 1945 ne peut plus, selon elle, être un moteur. L’Europe doit aujourd’hui faire face au défi de la mondialisation.

La chancelière allemande pense que l’adoption d’un traité constitutionnel reste indispensable pour le bon fonctionnement de l’Union. Ainsi, elle désire conserver les fondamentaux inscrits dans le traité signé en 2004. Elle est convaincue que c’est aux Etats membres de faire le nécessaire afin de persuader leurs citoyens des bienfaits des politiques communautaires.

Ainsi, Angela Merkel désire replacer les européens eux-mêmes au centre du projet afin de leur expliquer "ce que l'Europe signifie pour leurs emplois, leur prospérité, leur sécurité sociale, leurs soins de santé et leur retraite". Elle est en accord avec la volonté d’une "Europe des résultats" exprimée par M. Barroso en 2006.

Angela Merkel veut sortir l’Europe de l’impasse. Elle montre très rapidement qu’elle est capable de faire avancer l’Union européenne sur des sujets aussi brûlant que la  question budgétaire. En décembre 2005, alors qu’elle fait ses premiers pas sur la scène européenne, elle obtient un accord inespéré sur les perspectives financières 2007-2013 en faisant preuve d’une grande capacité de négociation.

Cette compétence lui sera très utile à l'avenir. L'Allemagne aura en effet un rôle essentiel dans la "relance" de la construction européenne car le pays occupera la présidence de l’Union durant le 1er semestre 2007.
 

Un axe franco-allemand non-exclusif


A peine arrivée au pouvoir, la chancelière allemande montre sa fidélité à la France et sa volonté d’entretenir la dynamique d'un couple qu’elle considère comme moteur pour la construction européenne. Ainsi, dès le 23 novembre, au lendemain de son investiture, elle se rend à Paris pour rencontrer Jacques Chirac et le Premier ministre Dominique de Villepin. Pour elle, "cette visite n'a rien d'un rite, mais exprime la conviction profonde qu'une bonne relation franco-allemande, approfondie, amicale, est non seulement importante pour nos deux pays, mais aussi nécessaire et utile à l'Europe". 

Néanmoins, Angela Merkel remet en cause la relation "classique" voire "mécanique" existante entre la France et l’Allemagne. L’axe franco-allemand ne doit pas, à ses yeux, être "exclusif" ou "dirigé contre les autres". Elle veut voir naître des relations plus étroites avec la Grande-Bretagne et désire également œuvrer pour le rapprochement de son pays avec l’Europe centrale et orientale. Elle remet par exemple en cause l’axe Paris-Berlin-Moscou.

D’autre part, la chancelière se positionne contre l’adhésion de la Turquie à l’UE et veut former un partenariat renforcé avec les Etats-Unis avec un rôle plus important pour l’OTAN.  

Mise à jour : 24/05/08