Les élargissements

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De 6 à 27 pays...

La construction européenne est née de la volonté d'hommes politiques visionnaires - Jean Monnet, Robert Schuman, Konrad Adenauer, pour ne citer qu'eux - dont l'ambition était de préserver la paix en Europe et d'en assurer la prospérité économique.

En 1951, 6 pays décident de se constituer en Communauté européenne pour le charbon et l’acier : la RFA, la France, la Belgique, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. En 1957, ils fondent la Communauté économique européenne et la Communauté européenne de l'énergie atomique, à l'origine de l'Union européenne telle que nous la connaissons aujourd'hui.

De 6 pays en 1957 à 27 aujourd'hui, l'UE a connu cinq vagues d'adhésion de nouveaux pays, communément appelées "élargissements".


1er élargissement : Royaume-Uni, Irlande, Danemark (1973)

Les adhésions aux communautés européennes

1973 : Royaume-Uni, Irlande, Danemark

1981: Grèce

1986 : Espagne et Portugal

1995 : Autriche, Finlande, Suède

2004 : Chypre, Malte, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Slovaquie, Slovénie

2007 : Roumanie et Bulgarie
Au cours des années 50, le Royaume-Uni s’était tenu à l’écart de toutes les tentatives d’intégration européenne susceptibles de remettre en cause sa souveraineté, ses rapports avec son ancien Empire et sa relation privilégiée avec les Etats-Unis. Mais durant les années 60, les Britanniques réorientent leur politique étrangère vers une Europe continentale de plus en plus prospère.

En 1971, après deux refus de la France, qui redoute un affaiblissement des Communautés, le Royaume-Uni voit enfin s’ouvrir les portes du marché commun. Il y est officiellement admis le 1er janvier 1973, en compagnie de l’Irlande et du Danemark. Les Communautés (CECA, CEE, CEEA) passent ainsi de 6 à 9 membres.

2ème et 3ème élargissements : Grèce, Espagne, Portugal (1981 et 1986)

Le 2ème élargissement

Associée aux Communautés depuis 1961, la Grèce s’était retrouvée isolée diplomatiquement à la suite du coup d’Etat militaire de 1967. En 1974, la chute du régime des colonels et le retour à la démocratie rapprochent la République hellénique de l’Europe occidentale. La Grèce dépose sa candidature en 1975, mais elle doit rattraper son retard économique avant de devenir le 1er janvier 1981 le dixième membre des Communautés européennes.

Le 3ème élargissement

Leurs régimes dictatoriaux avaient tenu l’Espagne et le Portugal éloignés de la construction européenne. Après la mort de Franco et la chute de Salazar, ces deux pays en voie de démocratisation peuvent désormais prétendre à faire partie de la famille européenne. A la suite de longues négociations, dues aux craintes économiques suscitées par cette adhésion, l’Espagne et le Portugal rejoignent les Communautés européennes le 1er janvier 1986, portant à douze le nombre de leurs membres.

 

4ème élargissement : Autriche, Suède, Finlande (1995)

En raison de leur neutralité militaire, une partie des pays européens était restée à l’écart de la construction communautaire, préférant adhérer à l’AELE (Association européenne de libre-échange). En 1991, la création de l’EEE (Espace économique européen) étendait les règles du marché commun aux pays de l’AELE.

Entre temps, la disparition de l’Union soviétique a  rendu pratiquement caduc le statut de pays neutre. Dès lors qu’il s’agissait d’appliquer les règles européennes, les pays de l’AELE avaient tout intérêt à intégrer les Communautés.

C’est ainsi que l’Autriche, la Suède, la Finlande, la Suisse et la Norvège (qui l'avait déjà fait au début des années 70) déposent tour à tour leur candidature à l’adhésion. En 1995, seuls les trois premiers pays rejoignent finalement ce qui est devenu l’Union européenne, portant à quinze le nombre de ses membres.

5ème élargissement : Chypre, République tchèque, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Slovaquie, Slovénie, Bulgarie, Roumanie (2004 et 2007)

La disparition progressive du bloc de l'Est, avec la chute du mur de Berlin en 1989, a permis au continent européen de se réunifier.

Treize pays se sont ainsi lancés dans les années 90 dans un processus d’adhésion à l'Union européenne : Chypre, Malte, dix pays d'Europe centrale et orientale (Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie) et la Turquie.

Le 31 mars 1998, les négociations d'adhésion ont démarré avec les six pays les mieux préparés : Chypre, Estonie, Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovénie.

Puis, le 15 février 2000, six autres pays ont suivi : la Bulgarie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Roumanie et la Slovaquie.

Les chefs d'Etat ou de gouvernement ont décidé, lors du Conseil européen de Copenhague de décembre 2002, que Chypre, la République tchèque, l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République slovaque et la Slovénie respectaient les critères pour entrer dans l'Union européenne. Ils leur ont alors proposé d'intégrer l'Union européenne le 1er mai 2004.
 
Le 16 avril 2003, a ainsi été signé le traité d’adhésion à Athènes.

L'UE a ensuite signé un traité d'adhésion avec la Roumanie et la Bulgarie le 25 avril 2005.

Le Conseil européen des 14 et 15 décembre 2006 a entériné l'avis favorable rendu par la Commission européenne au sujet de l'entrée de ces deux pays dans l'Union.

Le 1er janvier 2007, la 5e vague d'élargissement a ainsi été clôturée par l'adhésion de la Bulgarie et la Roumanie

 

Futur de l'élargissement

Depuis 2005 le processus d’élargissement est fondé sur trois principes :

  • consolider les engagements de l'UE en matière d'élargissement, y compris la capacité d’absorption ;
  • appliquer des conditions équitables et rigoureuses ;
  • mieux communiquer sur l'élargissement.

 

Les négociations d’adhésion avec la Croatie ont démarré le 3 octobre 2005. Le dernier chapitre ayant été refermé le 30 juin 2011, l'adhésion de la Croatie devrait être effective au 1er juillet 2013.

L’ancienne République yougoslave de Macédoine s'est vue reconnaître le statut de pays candidat après avoir déposé sa demande en mars 2004. Ses citoyens n'ont plus besoin de visa pour entrer dans l'Union européenne depuis décembre 2009.

Les négociations avec la Turquie, démarrées le 3 octobre 2005, ont été partiellement suspendues en décembre 2006, la Turquie n’ayant pas mis en œuvre de manière complète le Protocole d’Ankara qui étend l’Union douanière aux Etats devenus membres en 2004 et notamment à la République de Chypre. Les négociations sur le chapitre "science et recherche" sont les seules à être (provisoirement) closes, depuis le 12 juin 2006.

Les négociations sont actuellement en cours sur 12 autres chapitres (sécurité alimentaire, politique industrielle et de l’entreprise, statistiques et contrôle financier, santé et protection des consommateurs et réseaux transeuropéens, droit des sociétés et droit de la propriété intellectuelle, fiscalité...). Ces négociations sont menées conformément aux conclusions du Conseil européen de décembre 2007 qui laissent ouvertes les deux issues possibles au processus de négociation.

Après avoir déposé une demande en 2009, l'Islande a vu s'ouvrir officiellement les négociations pour son adhésion le 27 juillet 2010. Les plus gros points à régler concernent la pêche et la volonté des Islandais d'adhérer à l'Union européenne. Il faudra de toute façon un référendum en Islande pour valider l'adhésion.

Le Monténégro et la Serbie sont les derniers pays à avoir reçu le statut de pays candidat, respectivement en 2010 et 2012.

Par ailleurs, trois pays sont des candidats potentiels. Quatre ont été désignés comme tels par le Conseil européen en juin 2003 : l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine. Le Kosovo les a rejoints en 2008.

 

Mise à jour : 10/08/12