Santé publique

 Imprimer cette page Envoyer la page

Comparatif : la consommation de drogues dans l'UE

© Ministère de l'Intérieur75,5 millions d’Européens ont déjà fumé du cannabis au cours de leur vie et 6 % des jeunes adultes européens (15-34 ans) ont déjà consommé de la cocaïne.

Tels sont les résultats impressionnants du dernier rapport annuel de l'Observatoire des drogues et des toxicomanies (OEDT) publié en novembre 2010.


La cocaïne : une drogue qui a le vent en poupe

Même si le cannabis demeure la substance illicite la plus couramment
consommée en Europe, le rapport 2010 de l’OEDT indique que la consommation de cocaïne s'est considérablement accrue ces dernières années.

Selon cette étude, 14 millions d’Européens (4,1 % de l’ensemble de la population adulte) ont consommé au moins une fois dans leur vie de la cocaïne.



L’usage de la cocaïne varie fortement d’un pays à l’autre, mais les plus forts taux sont rapportés par le Royaume-Uni et l'Espagne où plus de 10 % des jeunes adultes sont des consommateurs.

Cette drogue dure semble principalement consommée par les jeunes âgés d'une vingtaine d'années. Par rapport au cannabis, la consommation de cocaïne est moins fréquente chez les plus jeunes.

Par ailleurs, un rapport de l'OEDT datant de 2007 indiquait que 60 % des adultes qui fréquentent des lieux nocturnes en République tchèque, en France, en Hongrie, aux Pays-Bas et en Grande Bretagne ont affirmé avoir déjà goûté à l’ecstasy.

La principale raison de cette hausse de la consommation de drogues s'explique, en partie, par la baisse de leur prix qui a dans certains cas chuté de 50 % entre 2001 et 2006:  résine de cannabis (19 %), marijuana (12 %), cocaïne (22 %), héroïne (45 %), amphétamines (20 %), ecstasy (47 %).

En tout, ce sont entre 6300 à 8200 personnes qui meurent chaque année en Europe d'une overdose. Mais le nombre total de décès liés à la consommation de drogues pourrait être jusqu’à trois fois plus élevé, en raison d’une sous-déclaration des décès et compte tenu des décès indirectement liés à l’usage de drogues (SIDA, violence, accidents et suicide).

Afin de lutter contre une mortalité liée à la toxicomanie de plus en plus élevée, l'Union européenne a lancé en 2007 le programme d'action "Prévenir la consommation de drogue et informer le public" couvrant la période allant jusque 2013. Le budget alloué à ce titre représente 21,35 millions d'euros.


Le Royaume-Uni sèvère pour le trafic de drogues, clément pour l'usage personnel de drogues douces


Chaque Etat membre prévoit une hiérarchisation des drogues qui distingue de manière plus ou moins affinée les drogues dures des drogues douces.

La détention de drogues douces à usage personnel est rarement ou faiblement sanctionnée en Allemagne, au Danemark, aux Pays-Bas, au Portugal et au Royaume-Uni. Dans ces 5 Etats membres, les juges ont la possibilité de ne pas appliquer les peines encourues (en cas de première infraction pour possession illégale destinée à une consommation personnelle ou pour une petite quantité).

Un seul pays a décidé de dépénaliser totalement l'usage de stupéfiants pour consommation personnelle : l'Italie. Quelle que soit la quantité détenue, l'usager encoure uniquement des sanctions administratives.

C'est également en Italie que les mesures médicales sont le plus développées. Les centres d'aides à la désintoxication date de 1975 et l'incitation à la désintoxication ainsi qu'à la réinsertion a été constamment renforcée depuis.

L'Allemagne est, quant à elle, de plus en plus sensible à la nécessité de mettre en place des mesures de prévention à la consommation.

Le trafic de drogue est pénalement réprimé dans la totalité des pays, avec un régime des peines applicables variable.

Aux Pays-Bas, la législation se caractérise par la sévérité des peines encourues en cas de trafic de drogues dures. L'objectif est d'éviter le glissement des consommateurs de drogues douces vers la consommation de drogues dures.

Le Royaume-Uni est le pays européen où l'on encourt les peines les plus sévères.

Au Danemark, la législation est particulièrement sévère sur la répression du blanchiment de l'argent de la drogue.

Dans la plupart des cas, une réduction de peine est prévue pour les individus acceptant de suivre un traitement thérapeutique.


QUELQUES CHIFFRES


- 1/4 des européens adultes (15-64 ans) ont déjà fumé du cannabis ;
- 4,1 % de la population européenne a déjà recouru à la cocaïne ;
- 5,8 % des adultes ont pris de l’ecstasy ;
- 1,35 million d’Européens connaissent un problème lié à leur consommation de drogues, principalement d’héroïne.



Mise à jour : 10/08/2011