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Politique économique
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- Stratégie de Lisbonne (2000-2010) : introduction
- Stratégie de Lisbonne (2000-2010) : mise en oeuvre
La stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi (2000-2010)
En mars 2000, lors du Conseil européen de Lisbonne, les dirigeants européens se sont fixés pour objectif de faire de l’Europe en dix ans "l’économie de connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde".
Cette initiative ambitieuse, dont les objectifs et la méthode ont été révisés en 2005, représentait pour l'Union européenne et ses Etats membres la stratégie globale pour la croissance et pour l'emploi pour la période 2000-2010.
Elle engageait notamment les Etats membres à adopter des objectifs de politique économique et de réforme structurelle communs.
Des objectifs recentrés sur la croissance et l'emploi
Lors du Conseil européen de Lisbonne de mars 2000, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont initié cet ambitieux programme qui avait pour but de répondre aux évolutions économiques induites par la mondialisation. Les pays de l'Union se sont alors engagés à mettre en oeuvre les politiques et réformes nécessaires pour faire de l'économie européenne une économie compétitive, dynamique, basée sur la connaissance et l'innovation.
Sophie Boissard, Directrice générale du Centre d'analyse stratégique
"La stratégie de Lisbonne est la réponse donnée par l'Union européenne aux enjeux de la mondialisation. Cette stratégie s'est naturellement tournée vers les enjeux d'innovation et de compétitivité".
Entretien intégral
Ils se sont fixés pour 2010 un certain nombre d'objectifs chiffrés, comme atteindre les 70 % de taux d'emploi ou consacrer 3 % du PIB de l’UE aux dépenses de recherche et développement.
Parmi les autres priorités identifiées : le renforcement de l'éducation et de la formation, la promotion des technologies de l'information et de la communication, la modernisation des modèles sociaux, le tout dans un environnement macroéconomique "stable".
Le Conseil européen de Göteborg, en décembre 2001, a précisé que la croissance européenne devait se faire dans un souci de développement durable, inscrivant la stratégie de Lisbonne dans une perspective environnementale.
Le Conseil européen a lancé en 2004 un processus de révision à mi-parcours de la stratégie de Lisbonne. Les travaux préparatoires menés par un groupe d'experts, présidé par le Néerlandais Wim Kok, faisaient état de résultats décevants (dans un environnement économique certes moins favorable qu'en 2000), en partie dus à une trop grande dispersion des objectifs.
Suivant les recommandations de la Commission européenne, les chefs d'Etat et de gouvernement ont donc décidé, lors du Conseil européen de mars 2005, de concentrer leur action autour de deux objectifs : la croissance et l'emploi.
On s'est alors mis à parler de stratégie de Lisbonne "révisée", ou encore de "stratégie pour la croissance et pour l'emploi", pour bien montrer qu'il s'agissait alors des deux objectifs phares de l'action européenne.
Une méthode spécifique
Comme la stratégie de Lisbonne touchait à des domaines relevant souvent de la compétence des Etats membres (emploi, protection sociale, éducation…), ils leur appartenaient de mettre en œuvre une grande partie de ce programme.
Le bilan à mi-parcours a révélé un manque de coordination et parfois même d'implication préjudiciable à la réussite de cette initiative. Fort de ce constat, il a été décidé, lors du Conseil européen de mars 2005, de favoriser l'appropriation de la stratégie européenne par l'ensemble des acteurs, en particulier par les Etats membres.
De nouveaux instruments de gouvernance ont été mis en place, afin de permettre une meilleure articulation entre le plan national et le plan européen.
Günter Verheugen, Vice-président de la Commission européenne (jusqu'en février 2010)
"Les Etats membres disposent désormais d’une base commune et cohérente pour coordonner leurs politiques économiques et de l’emploi. En même temps, ils restent responsables pour la définition de leur propre politique, en fonction de leur point de départ et des défis spécifiques auxquels ils doivent faire face".
Entretien intégral
Depuis ce moment, les grandes orientations européennes en matière d'économie et d'emploi, appelées lignes directrices intégrées (LDI), sont déterminées en commun par les Etats membres sur proposition de la Commission. Le Conseil européen de juin 2005 avait par exemple approuvé les LDI pour la période 2005-2008.
Sur la base de ces lignes directrices, et en fonction de sa situation socio-économique propre, chacun des Etats membres établit ses priorités pour la croissance et l'emploi qu'il consigne dans un document appelé programme national de réforme (PNR).
La France a transmis en octobre 2005 son PNR pour la période 2005-2008, document intitulé "pour une croissance sociale". Celui-ci a fait l'objet d'un premier rapport de mise en œuvre, transmis à la Commission européenne mi-octobre 2006. Sur la base de ce rapport, la Commission a présenté le 12 décembre une évaluation du programme national de réforme. Un second rapport de suivi, pour l'année 2006, a été rédigé puis transmis par le Secrétariat général des Affaires générales le 15 octobre 2007.
La stratégie européenne pour la croissance et l'emploi comportait également un volet communautaire, qui s'appuyait à la fois sur une activité législative (par exemple la simplification de la législation pour les entreprises, la nouvelle proposition de directive sur les services) et sur des financements communautaires, notamment en matière de recherche et développement. La Commission européenne a présenté en juillet 2005 le programme communautaire de Lisbonne.
Le rôle de la Commission européenne était cependant moins important qu'au cours de la mise en place du marché intérieur dans les années 90. Plus décentralisée, plus intergouvernementale, la méthode de Lisbonne se fondait sur la définition commune d'objectifs et d'instruments de mesures, ainsi que sur le "benchmarking" (comparaison des performances entre Etats et échange de bonnes pratiques). C'est ce qu'on appelle la méthode ouverte de coordination (MOC).
La mise en œuvre de la stratégie européenne pour la croissance et l'emploi, sous ses aspects nationaux et communautaires, a fait l'objet d'une évaluation globale annuelle à l'occasion des Conseils européens de printemps. Ces sommets étaient préparés sur la base du "rapport de printemps" de la Commission.
Evaluation de la stratégie de Lisbonne
La Commission a réalisé en février 2010 une évaluation de la stratégie de Lisbonne, estimant que celle-ci a eu des effets positifs sur l'Union même si ses objectifs essentiels (à savoir un taux d'emploi de 70 % et des dépenses en R&D équivalant à 3 % du PIB) n'ont pas été atteints.
Le taux d'emploi dans l'UE s'élevait à 66 % en 2008 (contre 62 % en 2000) avant de reculer de nouveau en raison de la crise. De même, l'UE n'a pas réussi à combler l'écart de croissance de la productivité avec les plus grands pays industrialisés: les dépenses totales en R&D dans l'UE, exprimées en pourcentage du PIB, n'ont progressé que légèrement (passant de 1,82 % en 2000 à 1,9 % en 2008).
Mais la Commission souligne que, malgré tout, la stratégie a ouvert de nouvelles perspectives en favorisant des actions communes pour s'attaquer aux principaux défis à long terme auxquels l'UE sera confrontée.
Textes et documents
Evaluation Stratégie Lisbonne [pdf] - 20/07/05 - Commission européenne
Europa – DG Affaires économiques et financières - Commission européenne
Secrétariat général des Affaires européennes
En savoir plus
La banque centrale européenne
Günter Verheugen : "La Commission a remis la stratégie de Lisbonne au cœur de ses priorités et a proposé de la recentrer sur la croissance et sur l’emploi"
Mise à jour : 18/07/2011




















