Euro

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Les origines de l'euro

L'idée de créer une monnaie unique à l'ensemble des membres de la Communauté économique européenne (CEE) est née dans les années 1960. Le projet de monnaie unique n’était pas prévu dans les traités européens. Les Six participaient alors au système de Bretton Woods, système monétaire international qui fixait les cours de change des monnaies.



 

Du projet d'Union économique et monétaire ...

Raymond BarreLe "plan Barre" tient son nom de son initiateur, le Français Raymond Barre, vice-président de la Commission européenne responsable des Affaires économiques et financières de 1967 à 1973

Au sommet de La Haye du 2 décembre  1969, les six Etats membres de la CEE songent à la réalisation d'une Union économique et monétaire. En vue de cet objectif, le 12 février 1969, la Commission européenne présente le plan Barre qui a pour but de faire face aux déséquilibres entre les devises nationales des Six, et d'écarter l'épouvantail d'une crise monétaire internationale par des mécanismes venant en aide aux monnaies les plus faibles et par la concertation des politiques économiques des Etats membres.


Le plan, adopté le 17 juillet 1969 par les ministres des Finances des Six, fera l'objet de réflexions plus approfondies : le Sommet de la Haye représente l'occasion pour  les chefs d'Etat et de gouvernement de créer les conditions nécessaires à la mise en œuvre d'une Union économique et monétaire (UEM).


Ils confient ainsi à Pierre Werner - alors chef du gouvernement et ministre des Finances luxembourgeois – l'élaboration, sur la base du plan Barre, d'un projet détaillé exposant les mesures nécessaires à la réalisation de l'UEM. Le 30 octobre 1970 la Commission européenne rédige une communication adressée au Conseil dans laquelle elle se dit favorable au rapport Werner, "concernant la réalisation par étapes de l'union économique et monétaire de la Communauté.

A la suite de l'écroulement du système de Bretton Woods en 1971 le processus ne peut aboutir, du fait de  l'instabilité des cours de change.

Serpent monétaire européenL'expression "Serpent monétaire européen" vient de la disposition des pièces des monnaies des États membres de la CEE représentant symboliquement un serpent.

Pour y remédier, une première initiative est prise à Bâle (Suisse) le 10 avril 1972 avec la création du Serpent monétaire européen. Les accords prévoient alors un engagement de la part des gouverneurs des banques centrales pour réduire la marge de fluctuation intracommunautaire à un écart maximal de 2,25 % autour de la parité fixe.


Mais les 7 et 8 avril 1978, à l'occasion du Conseil européen de Copenhague, Valéry Giscard d'Estaing et Helmut Schmidt relancent le projet de la Haye, qui se concrétise dans un premier temps avec la création du  Système monétaire européen (SME), qui voit le jour le 13 mars 1979.


Le SME reprend le principe de réduction de la marge de fluctuation propre au serpent monétaire et va plus loin en proposant  un mécanisme de taux de change fixes mais ajustables entre les monnaies des pays de la CEE, désormais au nombre de neuf depuis l'entrée de la Grande Bretagne, de l'Irlande et du Danemark en 1973 . Le SME permet progressivement la création d'une zone de stabilité monétaire. Principale innovation par rapport au serpent, la création de l'Ecu (European Currency Unit), une unité de compte regroupant les valeurs des monnaies qui la composent.

Le 16 mars 2006, un accord entre la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales (BCN) des États membres n'appartenant pas à la zone euro fixe les modalités de fonctionnement du mécanisme de taux de change pendant la troisième phase de l'Union économique et monétaire (UEM). A partir de ce moment-là, le SME devient caduc.

L’adoption de l’Acte unique européen en 1986 donne un nouvel élan au projet de création d’une monnaie unique, en réaffirmant la nécessité de réaliser une UEM et en fixant un calendrier pour la mise en place de celle-ci.


La création de l'Union économique et monétaire

En 1988, le Conseil européen confirme l’objectif de créer une UEM. Les Chefs d'Etat et de gouvernement chargent un comité d’experts en politique monétaire de proposer des étapes concrètes vers sa réalisation.

Le rapport Delors, présenté à la suite de ces travaux, recommande la réalisation de l’UEM en trois étapes.

  • La première phase débute le 1er janvier 1990. Elle prévoit la levée de tous les obstacles internes à la libre circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux au sein de l'Union européenne.

  • La deuxième phase commence le 1er janvier 1994 avec la création de l’Institut monétaire européen (IME), précurseur de la Banque centrale européenne (BCE). Instituée en juin 1998, la BCE œuvre pendant six mois pour concrétiser les travaux préparatoires menés par l’IME. Cette deuxième phase est consacrée aux préparatifs techniques en vue de la création de la monnaie unique, à la mise en place d’une discipline budgétaire et au renforcement de la convergence entre les politiques économiques et monétaires des Etats membres de l’UE.

  • La troisième phase, lancée le 1er janvier 1999, démarre par la fixation irrévocable des taux de change des monnaies des onze Etats membres participants. Elle prévoit ensuite l’introduction de l’euro comme monnaie unique.

... à la naissance d'une monnaie unique

Le rapport Delors est à la base des négociations qui ont conduit au Traité de Maastricht instituant l'Union européenne, signé le 7 février 1992.


Ce traité amende les traités fondateurs de la Communauté européenne en ajoutant un chapitre relatif à la politique économique et monétaire.

L'UEM repose sur deux volets : la coordination des politiques économiques et budgétaires des Etats Membres afin de réaliser leurs objectifs communs, notamment dans les domaines de la croissance et de l'emploi, et la création d'une monnaie commune.

En 1995, à l'initiative du chancelier allemand Helmut Kohl, les quinze Etats membres de l'Union européenne s'accordent sur son nom : l'euro. Ils fixent alors les conditions, le calendrier et les modalités de passage à la monnaie unique.

En mai 1998, onze des pays souhaitant participer à la monnaie unique sont retenus au regard des critères de convergence fixés dans le Traité de Maastricht.

Ces critères sont les suivants :

  • Le rapport entre déficit public et produit intérieur brut doit être inférieur à 3 % ;

  • Le rapport entre dette publique et PIB doit être inférieur à 60 % ;

  • Le taux d'inflation ne dépasse pas de plus de 1,5 point celui des 3 pays ayant la plus faible inflation ;

  • Le taux d'intérêt à long terme ne dépasse pas de plus de 2 points celui des 3 pays les plus stables en matière de prix ;

  • Les marges de fluctuation du SME doivent être respectées.


Les critères de convergence ont pour but d’assurer des évolutions économiques harmonieuses au sein de l’UEM, qui ne provoquent pas de tensions entre les États membres de l’Union.

Jacques Santer

Le 31 décembre 1998, le Président de la Commission européenne de l'époque annonce le passage à l'euro pour onze Etats membres de l'Union européenne, qui doit survenir le lendemain, 1er janvier 1999.


Les critères relatifs au déficit public et à la dette publique doivent toujours être respectés, même depuis le début de la troisième phase, le 1er janvier 1999.

Pour assurer cet objectif, un Pacte de stabilité et de croissance a été adopté lors du Conseil européen d’Amsterdam, en juin 1997, dont la validité à été réaffirmé au cours de la conférence intergouvernementale de 2007 par le biais de sa déclaration n°30.

Le 1er janvier 1999, l'euro devient la monnaie de onze pays (Allemagne, Autriche,  Belgique,
Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays Bas, Portugal) auxquels s'ajoutent la Grèce en 2001, la Slovénie en 2007, Chypre et Malte en 2008 et la Slovaquie en 2009.

Jusqu'en 2002, l'euro est utilisé de manière exclusive sur les marchés financiers et peu à peu dans les paiements scripturaux : chèque, carte bancaire, virement ou prélèvement.

L'euro est mis en circulation sous sa forme fiduciaire le 1er janvier 2002 dans les douze pays de la zone euro avec une période de double circulation euro/monnaies nationales.


Désormais, parmi les 27, seuls la Grande-Bretagne, le Danemark, la Suède, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie, la République tchèque, la Pologne, la Lituanie, et la Lettonie ne font pas partie de la zone euro.





Sources

Europa DG Affaires économiques et financières (fr) - Commission européenne
Banque centrale européenne
L'Euro : notre monnaie (2002) [pdf] - Banque centrale européenne


En savoir plus

La banque centrale européenne - Toute l'Europe
Le rôle de l'euro et ses avantages - Toute l'Europe
Crise économique dans la zone euro 2010 - Toute l'Europe


Mise à jour : 21/07/11