Consommation

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La hausse des prix des produits alimentaires en 2008


2008 a été l'année d'une flambée des prix des produits alimentaires dans le monde entier. En Europe, les prix alimentaires se sont accrus inégalement suivant les pays. Dans le reste de monde, et principalement dans les pays en voie de développement, la hausse des prix alimentaires a déclenché de véritables émeutes de la faim. L'Union européenne tente de répondre à ces crises, notamment en proposant, le 18 juillet 2008, une aide d'urgence d'un milliard d'euros prise sur les fonds agricoles non utilisés.



Pourquoi une telle hausse des prix alimentaires ?

La coopération UE-FAO

La coopération entre la Commission européenne et la FAO remonte à 1991, date à laquelle un accord-cadre sur la coopération a été signé. Deux ans plus tard, une coopération technique est mise en place pour l'assistance et l'aide aux pays en développement. Depuis 1993, près d'une centaine de projets ont été financés.

En juillet 2003, la FAO a adhéré à l'accord-cadre financier et administratif conclu entre l'Union européenne et les Nations Unies. Cet accord permet un partenariat stratégique renforcé en matière de développement et d'aide humanitaire impliquant une diminution des coûts de transaction, une plus grande efficacité et plus de transparence

Réduire par deux le nombre des victimes de la faim d'ici à 2015. Un objectif ambitieux que se sont fixés les grands dirigeants de la planète lors du Sommet mondial sur l'alimentation de 1996.

Avec une population mondiale estimée à 9,4 milliards en 2050, c'est une véritable pénurie qui menace l'ensemble de la planète si des mesures radicales d'adaptation ne sont pas rapidement prises.

La croissance démographique est une explication indéniable. En un siècle, la population mondiale a plus que triplé, passant de 2 à 6,6 milliards d'individus. En conséquence, la surface agricole disponible par tête d'habitant a été divisée par deux au cours des cinquante dernières années. La plupart des pays occidentaux mettent également l'accent sur les mauvaises conditions climatiques qui ont décimé les récoltes, notamment en Europe.

Mais l'accroissement de la population n'explique pas tout et les dirigeants se renvoient les responsabilités. Les pays du Sud, et notamment le Brésil dénoncent les politiques agricoles protectionnistes des pays développés. Est visée notamment la Politique Agricole Commune (PAC) et les subventions que les Etats européens accordent à leurs agricultures. Un certain nombre d'ONG accusent, quant à elles, les biocarburants, considérés comme écologiques et solution face à la flambée des prix du pétrole, d'attiser la hausse des prix.

Egalement sur le banc des accusés, la spéculation financière qui s'est reportée sur les produits alimentaires, notamment les céréales et cause un accroissement déraisonné des prix.

 

La hausse des prix alimentaires en UE en 2008

 

Au sein de l'Union européenne, l'heure n'est pas à la pénurie, comme en Afrique, en Asie ou en Amérique latine, mais à une hausse spectaculaire des prix des produits alimentaires.

L'augmentation des prix alimentaires dans l'Union européenne a atteint en mars et en avril 2008 ses niveaux les plus élevés depuis 1996, date du début de la collecte de ces statistiques par l'office européen Eurostat. Entre avril 2007 et avril 2008, la plus forte hausse annuelle des prix des produits alimentaires a été relevée en Bulgarie (25,4 %), l' un des pays les plus pauvres de l'Union européenne. Les trois pays baltes sont également très fortement touchés. En Lettonie, Estonie, Lituanie, les prix des produits alimentaires se sont accrus de plus de 18 %.

Le Portugal est le pays où l'augmentation a été la plus limitée. Avec une hausse de 3,2 %, cette hausse a eu un impact relativement limitée sur le taux d'inflation. La France (5,5 %), de même que les Pays Bas, Chypre et l'Italie, a été relativement épargnée puisque la hausse est inférieure à la moyenne européenne (7,1 %).

Toutes les denrées alimentaires n'ont pas subi les mêmes augmentations. Le lait, le fromage et les oeufs (+14,9%) ont subi la hausse la plus importante, suivi des huiles et matières grasses (+13,2%), du pain et des céréales (+10,7%),et des fruits (+10,7%).

Les solutions de l'Union européenne

Lors de la Conférence des Nations Unies du 3 au 5 juin 2008, le Commissaire européen Louis Michel a présenté les mesures que l'Union européenne envisage de prendre pour lutter contre l'envolée des prix des denrées alimentaires. L'Union européenne a notamment proposé de moderniser sa politique agricole pour permettre aux agriculteurs d'adapter leur potentiel de production. La remise en culture des jachères est l'un des instruments déjà utilisés par l'Union.

La Commission européenne a conscience qu'il est nécessaire d'agir de manière urgente pour soutenir les agriculteurs. Le 18 juillet 2008, elle a donc proposé la mise en place d'un fonds d'un milliard d'euros pour aider les agriculteurs des pays en voie de développement à faire face à l'augmentation des prix alimentaires. Cet instrument financier spécial viendrait s'ajouter aux fonds de développement existants et serait alimenté grâce à la partie non utilisée du budget agricole de l'Union européenne. Les destinataires de cette aide seraient principalement les pays les plus sévèrement touchés par la crise des prix alimentaires et qui ne disposent pas des moyens ou de la capacité de réagir sans soutien extérieur.

La Commission européenne souhaite que cette aide permette d'inciter les agriculteurs des pays en voie de développement à produire davantage afin d'améliorer la sécurité alimentaire dans les pays bénéficiaires, de réduire les taux de malnutrition et l'inflation des denrées alimentaires. Reste que la mesure proposée relève de la procédure de codécision, ce qui signifie que le Conseil de l'UE et le Parlement européen devront parvenir à un accord d'ici le mois de novembre.

 

Mise à jour : 22/07/2008