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Culture
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Les Capitales européennes de la culture
Après Pécs (Hongrie), Essen (Allemagne) et Istanbul (Turquie) en 2010, c’est au tour de Talinn (Estonie) et Turku (Finlande) de se partager le label de "Capitale européenne de la culture" pour l’année 2011. Que se cache-t-il derrière ce label ? Comment sont désignées les villes lauréates ?
Histoire
"Si c’était à refaire, je commencerais par la culture". On sait maintenant que, si cette phrase a longtemps été attribuée à Jean Monnet, le Père de l’Europe ne l’a en fait jamais prononcée. A l’origine des capitales européennes de la culture, on trouve pourtant la conviction, chez les responsables européens, que l’Europe s’est trop longtemps préoccupée de politique et d’économie, négligeant les échanges culturels entre ses habitants.
L’initiative, qui remonte à 1983, revient à l’actrice Melina Mercouri, alors ministre grecque de la Culture. Deux ans plus tard, Athènes devient la première ville européenne de la culture. Une appellation transformée en 1999 pour revêtir son acception actuelle, encore plus honorifique pour la ville qui en assume la charge.
Objectifs
Le but de cette manifestation est, selon la Commission européenne, de : "mettre en valeur la diversité de la richesse culturelle en Europe et les liens qui nous unissent en tant qu'Européens".
Plus prosaïquement, il s’agit pour les villes ainsi mises à l’honneur de promouvoir leur patrimoine et leur dynamisme culturel à travers l’organisation de dizaines d’expositions, festivals et autres happenings, tout en bénéficiant d’une couverture médiatique non négligeable grâce à la labellisation européenne.
Financements
Comme pour la plupart des initiatives promues par l’Union européenne, l’organisation d’une telle manifestation est synonyme de financements européens.
Ces fonds sont accordés via le programme Culture, doté d’un budget global de 400 millions d’euros pour la période 2007-2013.
Mais l’intérêt pour les villes désignées dépasse le simple cadre des subventions européennes, d’ailleurs jugées insuffisantes par la plupart des cités organisatrices. Il se trouve principalement dans les retombées positives en termes économiques et d’image de marque.
Quatre villes françaises se sont déjà vu décerner le titre de capitale européenne de la culture : Paris en 1989, Avignon en 2000, Lille en 2004, et Marseille en 2013.
Mode de désignation
L’ordre des pays dont les villes peuvent prétendre à ce titre convoité est déterminé jusqu’en 2019. Et la prochaine fois que la France aura ce privilège, en 2013, c’est Marseille qui représentera ses couleurs.
Des règles précises assurent une rotation entre les Etats membres. Une décision européenne adoptée en 1999, et révisée quelques années plus tard pour tenir compte de l’élargissement, fixe leur ordre de passage de 2005 à 2019.
Depuis 2009, deux villes au moins se partagent le label : l’une issue d’un "ancien" Etat membre, l’autre d’un "nouveau". A ces deux lauréates peut s’ajouter une troisième, issue d’un pays tiers, par exemple un pays candidat à l’UE.
C’est ainsi qu’Istanbul a porté le titre en 2010, conjointement à Pécs et Essen. L’ancienne capitale ottomane souhaitait profiter de l’aubaine pour marquer son ancrage européen et sa modernité culturelle.
Prochaines capitales européennes de la culture :
2012 : Guimaraes (Portugal), Maribor (Slovénie)
2013 : Marseille (France), Kosice (Slovaquie)
2014 : Umeå (Suède), Riga (Lettonie)
2015 : Mons (Belgique), Plzeň (République Tchèque)
Une fois connu le "pays d’accueil", il reste à sélectionner les villes qui tiendront le haut de l’affiche une année durant. Quatre ans avant l’échéance, le pays désigné soumet aux institutions européennes une liste de villes présélectionnées.
La Commission réunit alors un jury chargé d’étudier chaque dossier et d’établir une recommandation. La décision finale revient au Conseil des ministres, qui tranche sur la base de la recommandation de la Commission et après avis du Parlement européen.
Les retombées économiques de l'événement
En 2004, la Commission a publié un rapport, réalisé par un expert indépendant, consacré à l’organisation et aux retombées économiques de l’événement au cours des dix dernières années. Un document riche d’enseignements pour quiconque souhaite se lancer dans l’aventure, qui livre en filigrane des conclusions mitigées sur l’impact européen de cette initiative.
S’intéressant aux motivations qui avaient poussé 29 villes lauréates à déposer leur candidature, le rapport concluait : "la plupart d’entre elles poursuivaient de nombreux objectifs renvoyant souvent au besoin de développer le profil international de la ville et de sa région, de mettre en place un programme d’activités culturelles et d’événements artistiques, d’attirer des visiteurs et de renforcer la ‘fierté’ des villes et l’image qu’elles ont d’elles-mêmes".
Le développement de contacts avec d’autres villes et régions européennes se trouvait mentionné par certaines villes seulement. Un attachement minimal à la dimension européenne, confirmé par le fait que "les attentes de coopération entre villes partageant le titre n’ont pas été réalisées ou maintenues".
Les capitales européennes de la culture ont sans doute permis à de nombreux touristes européens de découvrir les richesses des plus belles villes du continent. Mais il reste sans doute du chemin à parcourir avant qu’elles ne créent entre les Européens les liens forts entrevus il y a trente ans par les créateurs de ce label.
En savoir plus
Capitale européenne de la culture - Commission européenne
Site officiel de Tallinn capitale européenne de la culture (en anglais)
Site officiel de Turku capitale européenne de la culture (en anglais)
Dossier réalisé par les EurosduVillage
Mise à jour : 19/07/2011






















