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Elargissement
Sommaire
Turquie
Population: 72,52 millions - (Eurostat - 2006)
Superficie: 780 576 km² - (Ministère des Affaires étrangères)
Taux de croissance du PIB réel: 1,1 % - (Eurostat - 2008)
Taux de chômage: 10,6 % - (Eurostat - déc. 2008)
Dette publique en % PIB: 80,1 % - (Eurostat - 2004)
Inflation: 10,4 % - (Eurostat - 2008)
Monnaie: Lire turque
Politique
La Turquie est une République parlementaire. C’est l’un des rares Etats laïques du monde musulman. Le chef de l’Etat est depuis août 2007 Abdullah Gül.
Recep Tayyip Erdogan (Parti de la Justice et du développement AKP) est Premier ministre depuis mars 2003. Il a fait du rapprochement avec l’Europe l’axe majeur de sa politique.
Histoire
324-326 : après la fondation de Constantinople sur l’ancienne cité de Byzance et la séparation des empires romains d’Orient et d’Occident, en 395, le territoire de la Turquie actuelle constitue le cœur de l’Empire d’Orient puis de l’Empire byzantin, sous le règne des basileus.
1299 : fondation de l’Empire ottoman.
1453 : le sultan Mehmet II s’empare de Constantinople, rebaptisée Istanbul. Au cours du XVIe siècle, l’Empire ottoman domine le monde musulman. Au sommet de sa puissance, sous le règne de Soliman le Magnifique, l’Empire recouvre une partie de l’Europe orientale.
1535 : signature d’un traité des capitulations entre l’Empire ottoman et le Royaume de France, qui servira de modèle aux traités signés ensuite avec les autres grandes puissances européennes.
1683 : l’échec du siège de Vienne marque le début du reflux ottoman, qui perd au cours du XVIIIe siècle un certain nombre de possessions balkaniques.
1839 : le sultan Abdülmecid lance l’ère de réformes, le "Tanzimat" : le vaste Empire entreprend de se moderniser sur le modèle européen. Au cours du XIXe siècle, "l’homme malade de l’Europe" perd peu à peu ses possessions européennes.
10 août 1920 : le Traité de Sèvres prévoit le démembrement de l’Empire ottoman, qui combattit aux côtés des empires centraux et se rangea parmi les vaincus de la guerre.
29 octobre 1923 : la République de Turquie voit le jour à la suite de la guerre d’indépendance. Mustafa Kemal, dit Atatürk (le Père des Turcs), en prend la tête. Il est proche des réformistes Jeunes-Turcs et impose des réformes radicales telles que l’adoption du principe de laïcité, l’abandon de l’écriture arabe au profit de l’alphabet latin et le droit de vote des femmes (en 1934).
10 novembre 1938 : mort de Mustafa Kemal Atatürk. Ismet Inonu lui succède à la tête de l’Etat.
18 février 1952 : restée neutre durant la Seconde Guerre mondiale, la Turquie se rapproche du bloc occidental en adhérant à l’OTAN.
27 mai 1960 : coup d’Etat militaire en Turquie.
1961 : adoption par référendum d’une nouvelle Constitution.
1974 : crise chypriote. Suite au coup d’Etat des colonels grecs à Chypre, l’armée turque intervient dans la partie Nord de l’île.
12 septembre 1980 : coup d’Etat militaire. Dans les années qui suivent, l’armée s’attache à réorganiser le système politique et contenir l’essor du mouvement islamiste. Il faut attendre 1983 pour qu’un gouvernement civil soit formé.
Février 2001 : crise économique et financière en Turquie.
3 novembre 2002 : victoire du Parti AKP aux élections législatives.
Géographie
La Turquie a une superficie de 780.576 km², dont 97 % situés en Asie Mineure et 3 % en Europe (une partie de la Thrace), reliés par les détroits des Dardanelles et du Bosphore.
Ses frontières terrestres sont, à l’ouest avec la Grèce et la Bulgarie, au nord-est avec la Géorgie, à l’est avec l’Arménie et l’Iran, au sud, avec l’Irak et la Syrie. Elle est baignée au nord par la mer Noire, à l’ouest par la mer Egée et la mer de Marmara, au sud par la Méditerranée. Elle compte au total près de 8000 km de côtes.
Occupé en presque totalité par le plateau anatolien (1.500 km d’Est en Ouest), près de 80 % du territoire se trouve à une altitude supérieure à 500 mètres. Le plateau central est enserré par des chaînes montagneuses s’élevant à plus de 3.000 mètres : la chaîne Pontique au nord-est, le Taurus au sud et l’Anatolie orientale où les sommets dépassent 4000 m (Mont Ararat : 5.165 m).
Parmi la dizaine de lacs situés dans le pays, les plus importants sont le Van (1.713 km²) et le Tuz Gölu (1.600 km²). Les principaux fleuves sont : Kizilirmak (long de 1.355 km), Sakarya (824 km), Seyhan (560 km). Le Tigre et l’Euphrate prennent leur source dans l’Est de la Turquie.
La végétation est de type méditerranéen sur les côtes, forêts dans les montagnes, steppe sur la majeure partie du plateau anatolien qui est largement cultivé.
Economie
Si les services représentent aujourd’hui plus de 50 % du PIB, 33 % de la population travaillent encore dans le secteur agricole, produisant des céréales, du tabac, des fruits et du coton. Cependant le secteur industriel manifeste un dynamisme important. Par exemple, la Turquie est un exportateur automobile et son industrie électronique a réalisé une percée sur le marché européen dans les dernières années. Mais la croissance la plus importante revient néanmoins au secteur tertiaire.
Le secteur bancaire est en pleine restructuration. Surtout, le tourisme est un moteur de l’économie, assurant des entrées de devises grâce à l’augmentation régulière du nombre de visiteurs étrangers.
La crise politique de 2001 a entraîné une crise bancaire et économique. Une politique d’austérité engagée par Kemal Dervis a été poursuivie par le gouvernement de M. Erdogan en coopération avec le FMI pour juguler la hausse des prix. Le déficit budgétaire est aujourd’hui dans les normes européennes, l’inflation sous contrôle (8 % en 2005), la croissance élevée (croissance cumulée de 30 % de 2002 à 2005). L’encadrement des dépenses publiques a permis une réduction de la dette publique revenue de 85 % du PIB en 2001 à 68 % en 2005.
Des facteurs de fragilité demeurent (détérioration grandissante du déficit de la balance des paiements courants, insuffisance des investissements) qui font que l’économie turque n’est pas à l’abri de phases de turbulences (dépréciation de la monnaie au printemps 2006).
Culture
La République de Turquie est le dernier des États-nations issus de la dislocation de l’Empire ottoman, et son principal héritier, au moins sur le plan culturel. Dans cet héritage figurent :
- une volonté ancienne de modernisation et d’ouverture à l’Europe et la fierté d’une histoire longtemps glorieuse et marquée par l’islam.
- une politique patrimoniale désormais soucieuse d’intégrer la totalité des civilisations anciennes de l’Anatolie, même quand elles sont revendiquées aussi par d’autres pays : la floraison actuelle des études byzantines en témoigne.
Le mécénat joue un rôle central dans la diffusion de la culture : nombreuses universités privées, souvent de haut niveau, teintées parfois de populisme, musées, éditions d’art.
La Turquie moderne fait preuve d’une sensibilité artistique ouverte : triomphe de l’exposition Picasso ou du cirque Zingaro, succès prévisible de l’exposition Rodin (qui montrera "Le Baiser").
La création artistique est dynamique, à Istanbul en particulier : cinéma (Nuri Bilge Ceylan à Cannes, Berlin…), théâtre (accueil de Peter Brook), musique classique, européenne et ottomane, et variétés (synthèse musicale réalisée par la chanteuse Sezen Aksu). Les autres principaux foyers de vie culturelle sont Ankara, Izmir, Antalya. Il existe une forte demande même dans des régions reculées (Erzurum). A Sivas ou Nevshehir sont projetés des films "européens" ("La Mer intérieure").
La Turquie est un pays de contrastes : une partie du pays, notamment originaire du sud-est, vit selon un code d’honneur féroce que l’émigration dans les grandes villes ne fait pas disparaître aussitôt ; les campagnes pour la scolarisation des filles restent nécessaires.
Les penseurs français ont exercé une forte influence sur l’intelligentsia (Foucault, Deleuze, Baudrillard) : abondance des traductions, contemporaines ou classiques (les "Géorgiques" de Virgile) ; les traductions du français arrivent au deuxième rang, loin devant les autres.
La littérature turque reste peu connue en France, en dehors du poète Nazim Hikmet, de quelques romanciers comme Yachar Kemal et Orhan Pamuk ; encore doivent-ils une part de leur célébrité à des raisons politiques étrangères à leur incontestable talent littéraire. La jeune génération des lettres turques (Asli Erdogan, Perihan Magden) commence toutefois à se frayer une voie grâce notamment à la collection des Lettres Turques créée par Actes Sud. Une émigration, en voie de résorption avec la libéralisation du pays, obtient plus facilement audience (Nedim Gürsel).
"Traduire la Turquie" dans ses aspects multiples et contradictoires reste plus que jamais une nécessité.






















