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Elargissement
Sommaire
Kosovo
Population: 2,47 millions (MAE)
Superficie: 10 887 km²
Taux de croissance du PIB réel: 5,1 % (2009)
Taux de chômage: 43 % (2009)
Monnaie: Euro
Politique
Après des années de pourparlers, le Parlement kosovar a proclamé l'indépendance de la République du Kosovo le 17 février 2008. L'UE a approuvé le 16 février, le lancement d'une mission de police et de justice de 2000 hommes dans le nouvel Etat. Baptisée Eulex, cette force civile européenne reprend les responsabilités judiciaires et policières de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), l’organe des Nations unies qui gère le Kosovo depuis 1999, au terme d'une période transitoire de 120 jours suivant l'indépendance.
Pendant neuf ans, le statut du Kosovo a été régi par la résolution 1244 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui plaçait cette province sous administration internationale. Celle-ci devait pouvoir assurer une autonomie substantielle au peuple du Kosovo au sein de la République Fédérale de Yougoslavie (devenue, par le jeu de la succession d’Etats, la Serbie-et-Monténégro), dans l’attente de la définition du statut futur.
Au 23 janvier 2012, 87 États membres de l'ONU ont formellement reconnu le Kosovo comme un État indépendant et souverain.
La Constitution promulguée le 15 juin 2008 établit un régime parlementaire, avec des droits dérogatoires pour les minorités et notamment pour la communauté serbe du Kosovo (système de double majorité). Le Président de la République du Kosovo est élu par l'Assemblée du Kosovo, ce poste est actuellement Atifete Jahjaga depuis le 7 avril 2011.
Depuis le 9 janvier 2008, Hashim Thaçi en est le Premier ministre.
Le pays et l'Union européenne
Le sommet UE/Balkans à Zagreb en 2000 a affirmé la vocation des pays de la région à rejoindre l’UE, confirmée à Thessalonique en juin 2003.
Un représentant spécial de l'Union européenne (RSUE) au Kosovo a été nommé début février 2008 pour coordonner la politique générale de l'UE.
Selon le rapport de la Commission européenne du 12 octobre 2011, le pays a fait des efforts pour aligner sa législation sur les standards européens, notamment en matière de commerce. D’importants défis persistent cependant en ce qui concerne la réforme de l'administration publique et de l'appareil judiciaire ainsi que la lutte contre la corruption. Sur le plan économique, le gouvernement du Kosovo doit prendre des mesures urgentes pour améliorer sa situation budgétaire.
Le dialogue Belgrade-Pristina, sous l’égide de l’Union européenne, a débuté le 8 mars 2011 à Bruxelles. Les deux parties ont accepté, après plusieurs mois de discussions, de mettre en oeuvre en septembre un accord de libre échange. Des pourparlers ont été ouverts le 19 janvier 2012 avec Pristina portant sur la suppression du régime des visas pour les Kosovars se rendant dans l'espace Schengen.
Histoire
1389 : après avoir fait partie de la Serbie depuis le XIIème siècle, la région est conquise, administrée et islamisée par l’Empire Ottoman qui gouverne la province jusqu’en 1912.
1912 : à la suite des guerres balkaniques, la province est intégrée à la Serbie.
1945 : création de la République populaire fédérale de Yougoslavie, composée de six républiques et deux provinces autonomes, dont le Kosovo (dont le statut de province n’est reconnu qu’en 1965), qui ne bénéficie pas d’une réelle autonomie.
1974 : à la suite des émeutes de 1968, qui avaient réclamé le statut de République autonome au sein de la fédération, le Kosovo obtient une large autonomie avec la nouvelle Constitution : il devient une réelle entité politique, avec une Assemblée et un gouvernement propres. Au cours des années 1980, la revendication du statut de République se poursuit : c’est l’émergence du mouvement nationaliste albanais qui débouche sur la création en 1989 de la Ligue Démocratique du Kosovo (LDK), parti politique prônant la résistance pacifique et la non-participation.
1989 : Slobodan Milosevic, président de la ligue communiste de Serbie, supprime le statut d’autonomie du Kosovo : c’est la "serbisation". Le bilinguisme est suspendu et l’armée fédérale se déploie dans la province.
1991 : la LDK répond à la politique de discrimination systématique menée par le régime serbe de Milosevic par la mise en place de structures parallèles dans les domaines de la santé et de l’éducation. Un gouvernement en exil s’est également constitué en Allemagne, tandis que la plupart des membres de l’assemblée, passés dans la clandestinité depuis 1989, quand ils avaient proclamé l’indépendance, fuient dans plusieurs pays étrangers.
1999 : les négociations diplomatiques, menées à Rambouillet, n’ayant pas permis de déboucher sur un accord de paix, l’OTAN intervient, en menant des opérations militaires contre les forces serbes pour mettre fin à la répression dont faisait l’objet la population albanaise, dont environ un million de personnes a dû fuir le Kosovo depuis l’année précédente. La résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU permet à la Mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK) de lancer le processus de construction démocratique et de faciliter le processus politique de détermination du futur statut du Kosovo. Selon cette même résolution, une présence militaire, assurée par la KFOR, sous commandement de l’OTAN se met en place à l’été 1999. Les violences commises par les Albanais en guise de représailles en 1999 provoquent le départ de plusieurs dizaines de milliers de Serbes.
2001 : la mise sur pied d’institutions provisoires doit permettre à la région de s’auto-administrer : Assemblée, Président du Kosovo, Gouvernement, Cour suprême et Médiateur.
2004 : les élections aboutissent à la formation d’une nouvelle coalition, qui ne fait plus l’objet d’un aussi large consensus, mais le Premier ministre, inculpé par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie pour crimes de guerre, se voit contraint de démissionner en mars 2005.
2006 : après le décès en janvier d’Ibrahim Rugova, le président kosovar, figure historique de la résistance pacifique, et la démission du Premier ministre, Bajram Kosumi, une nouvelle équipe se met en place à la tête des institutions provisoires du Kosovo. Le nouveau Premier ministre, Agim Ceku, est l’ancien chef de la guérilla albanaise. Ces événements interviennent dans un moment crucial : le début des pourparlers sur la statut futur du Kosovo, menés par Martti Ahtisaari, ancien Président finlandais, Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies. A la demande d’indépendance du Kosovo que réclament les Albanais, Belgrade propose une large autonomie de la province. Les négociations s’avérant délicates, elles ont commencé sur des sujets concrets, tels que la décentralisation, la protection des minorités et du patrimoine religieux. Les compétences de la MINUK sont progressivement transférées aux institutions provisoires du Kosovo en fonction de leur capacité à les assumer et dans le but de mieux les responsabiliser. Les premières négociations entre Serbes et Albanais ont eu lieu en février 2006 à Vienne. La participation des Serbes du Kosovo aux institutions de la province leur permettrait de mieux faire entendre leur voix et faire valoir leurs droits.
2007 : les élections législatives et municipales au Kosovo se déroulent le 17 novembre. Entre juillet et la fin de l'année, la troïka composée de l'UE, des Etats-Unis et de la Russie, tente de trouver un compromis sur le statut du Kosovo.
2008 : Le Parlement Kosovar proclame l'indépendance du Kosovo le 17 février. La force civile européenne Eulex reprend peu à peu les responsabilités judiciaires et policières de la MINUK, au terme d'une période transitoire de 120 jours suivant l'indépendance.
Géographie
Le Kosovo, bordé de montagnes au sud, à l’ouest et au nord, constitue un petit territoire enclavé au cœur de la péninsule balkanique, sans débouché commercial important. Il dispose de quelques ressources minières (notamment cinquièmes réserves mondiales de lignite). Par sa langue et sa religion, le Kosovo entretient des relations privilégiées avec l’Albanie. Pristina est le chef-lieu du Kosovo.
Economie
Le secteur agricole, qui était un moteur de l’économie, a été largement ravagé par la guerre. Le statut provisoire et l’incertitude qu’il entraîne ne favorisent pas les investissements étrangers. Les ressources financières du Kosovo sont issues pour une large partie des aides internationales. Enfin, l’économie souterraine a un impact très important. La reconstruction économique est financée par l’Union européenne et gérée par un des "piliers" qui structurent l’action de la MINUK.
Bien que le Kosovo ait fait état d'un taux de croissance s'élevant à 4 % pour l'année 2010, les indicateurs de développement montrent que le Kosovo est une des zones les plus pauvres d’Europe (45 % des citoyens kosovars approcheraient le seuil de pauvreté en 2011), alors que le taux de chômage approchait les 43 % en 2009.
Les données du commerce extérieur du Kosovo affichent un déficit commercial pour le mois de mai 2011 d’environ € 183,5 millions.
Le Kosovo dispose de richesses minières (bauxite, lignite, nickel et or) et hydro-électriques mais l’appareil de production souffre de vétusté et nécessiterait des investissements considérables.
Le 29 juin 2009, le Kosovo est devenu le 186e État membre du FMI. Il s'agit de la première institution mondiale à intégrer le Kosovo depuis son indépendance.
Culture
Anton Pashku (1938-1995)
Il n’y a guère avant la fin du second conflit mondial de littérature en langue albanaise du Kosovo. En revanche, le Kosovo assiste dans les décennies suivantes à l’éclosion de nombreux écrivains et poètes qui rencontrent un grand succès, à partir des premiers efforts de la revue littéraire Jeta e re (Nouvelle vie) et de l’auteur Hiuzi Sulejmani. La fondation de l’université de Pristina en 1969 contribue à donner ses lettres de noblesse et ses circuits de diffusion à une culture et un art spécifiquement kosovars. Din Mehmeti et Ali Podrimja incarnent la vigueur du lyrisme moderne. Le nouvelliste Anton Pashku, influencé par la littérature d’Europe centrale, et en particulier le sens de l’absurde et la contemplation du déclin de Musil et de Kafka.
Monastère de Decani
Le Kosovo peut également s’enorgueillir de son patrimoine architectural, en particulier sacré, qui a cependant été mis en grand danger par les affrontements des dernières années. Qu’il s’agisse de la Mosquée Rouge de Pejë/Pec, édifiée en 1759-1760 ou du couvent de Visoki Decani (Deçan), monastère orthodoxe du XIVème siècle qui mêle les influences romanes et gothiques, du Grand Hammam de Prizren ou du couvent de Banjska, basilique du XIVème siècle, les religions chrétienne et islamique ont laissé une empreinte splendide sur ce petit pays. L’UNESCO s’efforce depuis plusieurs années d’assurer la conservation de ce patrimoine, en particulier à travers le classement de sites tels que le monastère de Visoki Decani au patrimoine mondial de l’humanité.




















