Elargissement
Sommaire
Bosnie-Herzégovine
Population: 3,84 millions (MAE)
Superficie: 51 066 Km²
Taux de chômage: 40 % (2011)
Inflation: 7,4 % (2008)
Monnaie: Mark convertible
Politique
Le pays est doté d’institutions complexes issues des Accords de paix de Dayton, signés à Paris le 10 décembre 1995, qui ont mis fin au conflit et établi les institutions actuelles de la Bosnie-Herzégovine.
L’Etat de Bosnie-Herzégovine est une fédération constituée de deux entités : la Republika Srpska (RS), unitaire et centralisée, et la Fédération de Bosnie-Herzégovine (FBiH), elle-même une fédération décentralisée de 10 cantons. Enfin Brcko est un district à statut particulier sous la juridiction de l’Etat central.
L’Etat central a à sa tête une Présidence collégiale représentative des trois "peuples constitutifs", élue pour quatre ans selon un principe de rotation de ses trois membres tous les huit mois. Le Président en exercice est depuis février 2010 Haris Silajdžic, (Bosniaque - SBiH). Nebojša Radmanovic (Bosno-Serbe - SNSD) lui succédera.
Le Gouvernement central (Conseil des Ministres de 10 membres) comprend également des représentants des trois peuples constitutifs.
Après quinze mois de crise politique ayant suivi les élections législatives d'octobre 2010, les principaux partis se sont accordés pour former un gouvernement de coalition dont les postes ministériels seront répartis entre les trois groupes ethniques du pays, Bosniaques, Croates et Serbe. Vjekoslav Bevanda a été nommé président du Conseil des ministres par la présidence tripartite le 4 janvier 2012.
Cette impasse politique avait bloqué le rapprochement de la Bosnie avec l'UE. Mais le nouveau Premier ministre a affirmé sa volonté "d'oeuvrer à la reprise du rapprochement avec l'UE. Nous devons déployer les plus grands efforts pour remplir les conditions définies" par Bruxelles, a-t-il dit.
Le deuxième pilier des institutions centrales est constitué d’une Assemblée parlementaire bicamérale, composée de la Chambre des Représentants et de la Chambre des peuples. Chacune des deux entités est dotée également d’un exécutif, d’un Parlement et d’un système judiciaire.
Le pays et l'Union européenne
Le Représentant spécial de l’UE veille à la consolidation de l’Etat de droit et la réforme de l’économie, dans l’objectif de répondre aux critères européens. Un accord de stabilisation et d’association (ASA) est en cours de négociation avec l’Union.
Le rapprochement avec l’UE est l’un des objectifs majeurs de la politique extérieure de la Bosnie. Les sommets de Zagreb (2000) et de Thessalonique (2003) ont précisé les conditions à remplir pour le rapprochement puis le lancement du processus d’adhésion à l’UE : la Bosnie doit réformer son administration et sa justice et unifier son espace économique. La Commission européenne se montre optimiste.
L’UE est le principal donateur multilatéral pour la Bosnie, et a assuré la relève de l’OTAN sur le territoire : depuis le 2 décembre 2004, c’est une force militaire européenne (EUFOR) qui garantit la sécurité en Bosnie Herzégovine.
Dans son rapport du 8 novembre 2006, la Commission européenne précise que "la conclusion de ces négociations est subordonnée à des progrès supplémentaires sur un certain nombre de piorités, notamment la réforme de la police".
Le 3 décembre 2007, le gouvernement bosniaque a décidé d’un plan de réforme qui prévoit la fusion des forces de police. Le commissaire à l’Elargissement a alors paraphé l’Accord de stabilisation et d’association dès le lendemain. L’accord sera formellement signé lorsque la Bosnie aura concrètement réformé sa police afin de répondre aux conditions fixées par l’UE.
Le pays n’a toujours pas présenté de demande d’adhésion. Le dernier rapport de l'Union européenne conclut que la progression globale des réformes a été très limitée. Néanmoins, le pays a obtenu quelques résultats comme l’assouplissement des visas, et des progrès ont été accompli en ce qui concerne l’état de droit et la coopération avec le TPIY.
Histoire
Xème siècle : le territoire de Bosnie devient un enjeu pour ses voisins (Byzance, la Hongrie, la Croatie et la Serbie) et les différentes confessions chrétiennes, de rite latin et de rite grec.
1463-1482 : la Bosnie puis l’Herzégovine sont conquises par l’Empire ottoman. Les Serbes, déplacés lors des invasions ottomanes, avaient été placés par la Croatie sur sa frontière avec la Bosnie pour faire office de glacis militaire : c’est la naissance de la "Krajina" (littéralement la frontière). Les Ottomans introduisent l’économie féodale en Bosnie. Ils occupent le pays jusqu’en 1699, et le régissent jusqu’en 1878.
1848 : les Bosniaques participent au "Printemps des peuples", et revendiquent davantage de liberté et l’indépendance.
1878 : le Congrès de Berlin, au lendemain de la guerre russo-turque, fait passer la Bosnie sous occupation et administration de l’Autriche-Hongrie, suscitant une résistance importante. Le pays conserve une autonomie importante au sein de l’Empire austro-hongrois.
1908 : la Bosnie est totalement annexée par l’Autriche-Hongrie. L’idée d’un Etat indépendant regroupant tous les slaves du Sud, littéralement la Yougoslavie, fait son chemin dans les esprits.
1914 : l’assassinat du prince héritier autrichien à Sarajevo déclenche la Première Guerre Mondiale. L’attentat avait pour origine la volonté de groupes radicaux de rattacher la Bosnie à la Serbie. La guerre fait rage avec une particulière violence dans les Balkans.
1918 : la Bosnie rejoint le Royaume des Slovènes, Croates et Serbes, créé par le traité de Genève, dominé par les Serbes à partir de 1921.
1940-1945 : la Bosnie-Herzégovine tombe sous la coupe de la Croatie indépendante ; les Juifs de Bosnie sont persécutés. A l’issue du conflit, la République fédérale de Yougoslavie est proclamée. La Bosnie a une Constitution et un statut de république indépendante.
1974 : la Constitution confère une plus grande autonomie à la Bosnie en décentralisant les pouvoirs gouvernementaux. Après le décès de Tito, en 1980, les difficultés économiques, les revendications ethniques et l’arrivée de Milosevic au pouvoir exacerbent les tensions.
1992 : la Bosnie-Herzégovine suit la voie ouverte par la Slovénie et la Croatie en organisant un référendum sur l’indépendance, dont le résultat est positif. Les paramilitaires serbes se positionnent autour de Sarajevo. La Communauté européenne reconnaît l’indépendance de la Bosnie, et les troupes serbes tirent sur une foule de manifestants pacifiques. C’est le début du siège de Sarajevo et de la guerre de Bosnie.
1995 : l’accord de paix négocié à Dayton en novembre est signé à Paris le 14 décembre. Il instaure un Etat de type fédéral.
Géographie
Le pays a des frontières communes avec la Croatie, la Serbie et le Monténégro. La Bosnie-Herzégovine ne dispose que d’un accès restreint à la Mer Adriatique, sur une bande côtière d’une vingtaine de kilomètres, dans la région de Dubrovnik. Son point culminant atteint 2386 m, dans la chaîne des monts Maglic. Le territoire présente une configuration variée de plaines (surtout au Nord) et de montagnes (Alpes Dinariques). Le compartimentage du territoire par les contraintes physiques, l’imbrication des communautés ethniques et la faiblesse des infrastructures sont un obstacle au développement du pays qui reste en voie de stabilisation politique.
La population du pays est fortement différenciée. Les Musulmans bosniaques sont le groupe le plus important, avec près de 50% de la population, tandis que les Serbes orthodoxes représentent plus de 30% de l’ensemble et les Croates catholiques près de 10%.
Economie
La situation économique du pays a subi dans les dernières années un assainissement tandis que la reconstruction des infrastructures et des équipements de première nécessité progresse lentement.
La priorité de l’Union européenne est d’encourager les autorités de Bosnie-Herzégovine à la réalisation de réformes structurelles allant dans le sens d’une économie de marché, à travers une politique de privatisations. Si des progrès considérables ont été réalisés (en matière de perception des impôts et d’instauration d’une TVA au niveau central), les financements externes jouent un rôle capital, mais la viabilité financière de l’Etat est loin d’être acquise.
Environ 15 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Le chiffre officiel du chômage dépasse 40 %, même s’il est partiellement compensé par l’économie parallèle et les transferts de revenus assurés par les immigrés.
Le pays a été fortement frappé par la crise économique, qui a mis à jour la fragilité de ses finances publiques (poids des dépenses publiques en raison de la complexité des institutions, répercussions de la chute de la production industrielle dans l’UE sur les industries locales, baisse des flux d’IDE...).
La Bosnie-Herzégovine a obtenu en juillet 2009 l’octroi par le FMI d’un crédit stand-by de 1,2 milliards d’Euros sur trois ans, avec des conditionnalités reposant principalement sur une réforme des dépenses publiques et des dépenses sociales.
Culture
Ivo Andric (1892-1961)
L’écrivain Ivo Andric, originaire de Bosnie, est sans conteste le fleuron de la littérature yougoslave. L’auteur du Pont sur la Drina, des Chroniques de Travnik et de La Cour maudite obtient le prix Nobel de littérature en 1961. Mais on peut évoquer aussi des auteurs moins célèbres, comme Mesa Selimovic, auteur du derviche et la mort et de la Forteresse, Mak Dizdar, Miljenko Jergovic, Aleksandar Hemon, Izet Sarajlic, Dzevad Kaharasan...
Goran Bregovic (1950-)
Le musicien et compositeur Goran Bregovic, qui réside à Paris, est le créateur de spectacles musicaux et il a écrit les musiques de la plupart des films du cinéaste Emir Kusturica qui est également bosnien et vit actuellement à Belgrade).
Danis TANOVIC
Metteur en scène. Il a notamment dirigé le film "No Man’s Land" qui a obtenu un Oscar à Hollywood.




















