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[Revue de Presse] Réfugiés : Rétablissement des contrôles à la frontière franco-belge ; Amnesty International épingle l'Europe

Jungle de calais - © malachybrowne

Après l'annonce de la France de fermer une partie de la "jungle" de Calais, la Belgique a renforcé ses effectifs policiers à la frontière franco-belge. Les règles de l'Espace Schengen sont à nouveau remises en question. Au même moment, Amnesty International dénonce une situation catastrophique et épingle l'Europe pour sa gestion désastreuse de la crise migratoire, alors que l'année 2016 bat déjà des records d'affluence de réfugiés.

Amnesty International épingle l'Europe

"Dans son rapport annuel, Amnesty International pointe du doigt la mauvaise gestion de la crise des migrants par les Etats européens", rapporte Europe 1. En effet, l'ONG "a épinglé mercredi la réaction 'honteuse' des pays européens à la crise des migrants ainsi que la réponse 'liberticide' de la France aux attentats terroristes de 2015" [L'Express / AFP].

"Amnesty International avait appelé en vain, début février, le gouvernement français à renoncer à la prolongation de l’état d’urgence, dont l’ONG juge l’impact disproportionné et dont la mise en œuvre a donné lieu, selon elle, à des 'dérives'", explique Le Monde.

Les Echos insistent, "selon l’organisation, ces attaques 'ont donné une nouvelle impulsion en France en particulier, mais également ailleurs en Europe, à toute une série de mesures représentant une menace pour les droits humains'".

Au sujet de l'Europe, Amnesty International s'indigne. "Des Etats trop passifs, une Union européenne qui laisse faire et au final les droits de réfugiés bafoués : il faudra s’habituer à davantage de morts sur la conscience" [France Info]. Pour l'organisation "la plupart des dirigeants européens ont préféré prêter l'oreille aux discours tonitruants hostiles aux immigrés", mettant en péril "plus de 70 années de travail acharné et de progrès humain" [L'Express / AFP].

"Un enfant tué chaque jour sur les routes de l'exil", conclut l'accablant rapport. Pourtant, comme le rappelle Europe 1, "aujourd'hui un migrant sur trois, qui arrive en Europe, est un mineur". Selon l'ONG, "depuis Aylan, 340 enfants se sont noyés".

Plus de 100 000 migrants et réfugiés arrivés en Europe depuis janvier

Les chiffres pleuvent en ce début de semaine. "Plus de 100 000 migrants et réfugiés sont arrivés depuis janvier en Europe, en traversant la Méditerranée, a annoncé mardi 23 février l’Organisation internationale pour les migrants (OIM)", rapporte Le Monde. Les Echos comparent ces  données avec celles de l'an dernier : "en 2015, ce chiffre avait été atteint seulement au mois de juin, et il s’agissait déjà d’une très forte augmentation par rapport à 2014".

"Le périple des migrants n'est pas sans danger", souligne Le Point, "plus de 410 personnes sont mortes ou portées disparues depuis janvier, selon l'OIM. L'écrasante majorité de ceux qui arrivent sont des réfugiés". Le Haut Commissariat pour les Réfugiés a, par ailleurs, publié au même moment "un sondage effectué parmi 400 Syriens et Afghans arrivés sur les îles grecques durant les deux dernières semaines de janvier : 94 % des Syriens interrogés disaient avoir fui le conflit et les violences dans leur pays". Même réponse pour les Afghans, ce qui n'a pas empêché la Macédoine de fermer ses frontières pour les renvoyer en Grèce.

La Belgique ne veut pas d'une jungle sur ses côtes

"Ce sondage intervient alors que la police grecque a commencé mardi matin à transférer en car à Athènes des centaines de migrants afghans, bloqués à la frontière gréco-macédonienne après le refus de la Macédoine de les laisser entrer sur son territoire pour continuer leur périple vers l'Europe du nord", précisent Les Echos.

De la même façon, "la Belgique a annoncé, mardi 23 février, le rétablissement temporaire de contrôles à sa frontière avec la France, pour faire face à un éventuel afflux de migrants quittant la 'jungle' de Calais" [Le Monde]. Le Parisien titre, alarmiste : "L'espace Schengen va-t-il résister à la crise des migrants ?". Jan Jambon, vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur belge s'en défend, "non, Schengen n'est pas mort", titre le média belge L'avenir.

Dans ce brouillard de décisions unilatérales, dénoncées par Amnesty International comme un retour inefficace au souverainisme et "après des mois de polémiques avec la Commission européenne sur les règles de fonctionnement de l’Union, le gouvernement italien avance ses propositions" vers une meilleure intégration. Pour Matteo Renzi, "la préservation de l’Espace Schengen est une priorité et pour faire face à la crise migratoire, des eurobonds pour la gestion des frontières de l’Union pourraient être émis", indiquent Les Echos. Reste à savoir comment réagira François Hollande lorsque le "super-réformateur", en quête d'alliés, lui présentera ses propositions lors du sommet socialiste européen à Paris, le 12 mars prochain.