Immigration et asile

[Revue de Presse] Prise de position commune par Hollande et Merkel

Dîner entre François Hollande, Angela Merkel et Martin Schulz © Présidence de la République

"Le président François Hollande et la chancelière Angela Merkel ont eu un dîner informel, hier soir, à Strasbourg à l'occasion duquel ils ont affiché une 'ligne commune' sur les dossiers des réfugiés en Europe et du 'Brexit' britannique", rapporte Le Figaro. Sans hasard de calendrier, cette rencontre a eu lieu "avant le Conseil européen des 18 et 19 février à Bruxelles, où des décisions importantes doivent être prises sur ces dossiers".

Hier se tenait un "pré-Conseil européen" selon Les Echos, qui rappellent que "le format a été instauré il y a tout juste un an. […] L'an passé, le terrorisme était au cœur des conversations", cette année "le monde parait encore plus dangereux".

Réfugiés : un appel à la Turquie

"Les deux dirigeants ont évoqué la situation en Syrie, en particulier à Alep, exprimant 'une vive préoccupation partagée'", cite La Croix. "Ils sont tombés 'pleinement d'accord' sur les moyens de résorber les flux de réfugiés et pour faire de la mise en œuvre du plan d'action européen une 'priorité'" [Le Figaro].

Le Monde indique que ce plan "passe par une aide à la Grèce pour le contrôle de ses frontières, par un renforcement des moyens d'enregistrement et d'accueil des réfugiés mais aussi par la lutte contre les passeurs. […] Il prévoit également une aide à la Turquie pour permettre à celle-ci de fixer sur son sol une grande partie des flux de réfugiés".

La chancelière allemande effectue d'ailleurs un "déplacement périlleux ce lundi" en Turquie, indiquent Les Echos. L'enjeu est de taille car "si la Turquie […]  ne ferme pas davantage sa frontière vers l’Europe, la politique allemande en vue de contenir l’accueil des réfugiés risque de courir à l’échec".

Or, en Allemagne, "la défiance envers la politique migratoire d’Angela Merkel s’accroît". Selon un sondage repris par Le Monde, "huit Allemands sur dix ont le sentiment que le gouvernement allemand ne parvient pas à maîtriser la crise des réfugiés".

Reste à estimer la portée d'un accord franco-allemand en préparation du prochain Conseil européen, car quand "Merkel et Hollande [affichaient] un front uni sur la question des réfugiés" [Euractiv], "l’Autriche a appuyé samedi une demande de longue date de la Hongrie qui veut 'une ligne de défense' dans les Balkans, en premier lieu en Macédoine, pour stopper l’afflux de migrants face à l’incapacité de la Grèce à 'protéger l’espace Schengen'" [Libération].

Brexit et couple franco-allemand

Les 18 et 19 février, la question du Brexit ne devrait pas faciliter les débats. Le sujet, évoqué lors du dîner strasbourgeois, a inspiré "une convergence de vues, a-t-on précisé vendredi à Paris, en soulignant qu'il 'n'y a pas de différence entre la position de Hollande et de Merkel'" [Courrier international].

"Le chef de l'État français exclut notamment de faire 'de nouvelles concessions (au Royaume-Uni), de nouvelles ouvertures, de nouvelles demandes' d'ici au sommet de Bruxelles" [La Tribune / AFP].

Le prolongement de l'entente franco-allemande

A défaut d'avoir été présents à Strasbourg, les gouverneurs des banques centrales française et allemande, François Villeroy de Galhau et Jens Weidmann, ont profité de cette séquence franco-allemande pour publier une tribune commune dans Le Monde appelant à "renforcer l’intégration européenne pour restaurer la confiance".

Un texte dans lequel les deux hommes "plaident pour un Trésor commun à la zone euro" [L'Obs]. Selon eux "les Européens partagent des valeurs fortes, un modèle social équitable et une monnaie solide. Nous devons nous appuyer sur ces atouts", concluent-ils [Le Monde].