Commission européenne

[Revue de presse] Priorités 2016 : Juncker appelle les Etats membres à prendre leurs responsabilités

Jean-Claude Juncker

Brexit, crise migratoire, Jean-Claude Juncker a présenté vendredi dernier les grandes priorités de la Commission européenne pour 2016. Un discours de rentrée pessimiste durant lequel le président de la Commission a évoqué de nombreux défis, tels que la croissance et l'emploi en Europe, l'harmonisation des normes fiscales, ou encore l'Etat de droit en Pologne. Pour autant, deux sujets majeurs se dégagent : la réponse européenne à la crise des réfugiés n'est toujours pas au point, tandis qu'Outre-manche le vote sur la question de l'éventuelle sortie du Royaume-Uni de l'UE approche à grands pas.

Juncker tance les Etats membres

Le Point dresse un bilan peu glorieux de la politique d'asile adoptée par les pays européens en 2015, année durant laquelle "seuls 272 demandeurs d'asile sur 160 000 ont été répartis dans l'UE".

Si le président de la Commission européenne déclare ne pas abandonner, il déplore que "certains Etats membres n'ont pas tenu leurs engagements pris dans le cadre du plan européen de relocalisation" [Romandie]. Un "Jean-Claude Juncker particulièrement sombre", note Jean Quatremer dans Libération. "'L’Union ne se trouve pas dans un bon état' et le président […] n’hésite pas à évoquer 'le début de la fin'", relève le correspondant à Bruxelles de Libération.

Les Echos rapportent que, "après la Suède et le Danemark, qui viennent de mettre en place des contrôles systématiques à leurs frontières respectives, [l'Autriche a annoncé] que les migrants souhaitant traverser l'Allemagne […] ne seraient plus autorisés à pénétrer en Autriche".

Le constat est établi, les Etats membres n'ont pas respecté les mesures décidées par les instances européennes, mesures qui avaient été adoptées "par le Conseil de l'UE (l'instance où sont représentés les États membres) et le Parlement [européen]" [Le Point].

Vers une révision des normes sur l'accueil des réfugiés

La semaine dernière, le Danemark a annoncé sa volonté de saisir une partie des possessions des réfugiés pour financer leur asile. Samedi, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a quant à lui  évoqué "l'hypothèse d'une taxe européenne sur l'essence pour, en cas de besoin, faire face financièrement à la crise des réfugiés", cite L'Express. "La proposition a suscité de vives critiques en Allemagne y compris dans les rangs de son parti, la CDU, qui est aussi celui de la chancelière Angela Merkel", précise l'hebdomadaire.

En cette période de crise migratoire, nombreux sont les Etats membres pratiquant le jeu des exceptions à la libre circulation des voyageurs. La généralisation de ces pratiques induit la nécessaire "révision du système de Dublin  qui oblige les réfugiés à déposer leur demande d'asile dans le premier pays de l'UE où ils mettent le pied". Un système qui "ne fonctionne pas", selon les propos tenus par Jean-Claude Juncker, qui a annoncé la présentation d'une proposition de révision "au printemps" [7sur7].

Brexit : dénouement imminent ?

"Les dirigeants européens devraient aborder la crise migratoire lors d'une réunion les 18 et 19 février à Bruxelles. Mais ce sommet devrait être dominé par la question de l'éventuelle sortie du Royaume-Uni, le 'Brexit', de l'UE" [TV5Monde].

"Selon le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires européennes, David Lidington, le vote pourrait se tenir avant l’été", rapporte Libération. Pour autant, vendredi Jean-Claude Juncker s'est déclaré "quasiment sûr que nous aurons un accord, pas un compromis, une solution, une solution permanente" [Romandie].

Plus d'éléments seront présentés lors de la réunion des dirigeants européens des 18 et 19 février à Bruxelles. Contexte relève qu'en 2015 " pas moins de 12 réunions des chefs d’État et de gouvernement ont été organisées, soit le triple par rapport aux circonstances normales. Avec pourtant, très peu de résultats de concrets, et quoi qu’il en soit, pas toujours mis en application".

Le président de la Commission, cinglant, n'a pu s'empêcher de constater que "ma génération n'est pas une génération de géants, mais de faibles héritiers […]. Que laisserons-nous ?" [Contexte].