Immigration et asile

[Revue de Presse] Migrants : l'Autriche réunit les Balkans, la Hongrie annonce un référendum

Syrian Refugees in Vienna © Josh Zakary

L'Autriche réunissait hier les ministres de l’Intérieur des pays des Balkans qui se situent sur la route des migrants. Objectif : décider des solutions à apporter à une crise migratoire que ces pays estiment ne plus pouvoir juguler en suivant les directions de Bruxelles. Parallèlement, le Premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé la tenue d'un référendum sur le plan de relocalisation des réfugiés adopté il y a quelques mois par les Vingt-Huit. De son côté, l'Union européenne prépare un nouveau sommet avec la Turquie.

La Hongrie annonce le premier référendum "anti-migrants"

"Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a annoncé mercredi l’organisation d’un référendum sur le plan européen de relocalisation des réfugiés entre pays membres de l’UE auquel son gouvernement est opposé", annonce Libération. Le "premier référendum anti-migrants", comme le surnomme le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore.

"Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocation obligatoire de citoyens non-hongrois en Hongrie sans l’approbation du parlement hongrois ?" : voilà la question que compte poser Orban à ses concitoyens [Libération]. "Le gouvernement, aujourd’hui, ne fait que répondre au sentiment de la population : nous pensons qu’introduire des quotas d’installation de migrants sans l’aval du peuple est tout simplement un abus de pouvoir", justifie la Hongrie [Le Monde].

El Mundo rapporte les propos, plus clairs encore, tenus par le dirigeant hongrois : "celui qui vote 'non', vote pour l'indépendance de la Hongrie". En réponse, "le président du Conseil européen, Donald Tusk, a exhorté à respecter les normes de l'UE" devant le Parlement européen [El Pais].

"Plus les jours passent et plus la fragile cohésion de l’Europe se délite sur la question des réfugiés", estiment Les Echos. Car en marge de la percée hongroise, l'Autriche, accompagnée des pays situés sur la "route des Balkans", organisait mercredi une réunion sur la question migratoire.

L'Autriche et les Balkans font front commun  

En effet, "malgré les critiques d'Athènes, l'Autriche a organisé mercredi à Vienne une réunion sur la crise migratoire qui a rassemblé les pays de la 'route des Balkans' empruntée par les migrants", rapporte L'Obs.

Et selon Le Point, l'"Autriche […] se désolidarise de l'Union européenne". Effectivement, l'hebdomadaire pointe du doigt l'élément important de cet évènement : "dix pays se sont réunis à Vienne, sans concertation avec l'Union européenne, pour trouver une solution". Au sortir de la réunion, une première option se présente : "Vienne pousse son voisin allemand, avec qui elle avait agi jusqu'ici en tandem sur l'accueil des réfugiés, à instaurer à son tour une politique de quotas" [Le Point].

Pour le media britannique Euobserver, "l'Autriche critique l'Allemagne sur les migrants et fait peser la pression sur l'UE". Il serait dommage que Vienne perde son statut de "ville la plus agréable du monde", conservé pendant sept années consécutives en raison de "son excellent accueil des travailleurs étrangers […] et de la sécurité qui y règne" [Les Echos].

A ceci vient s'ajouter une seconde difficulté : "Après l'Autriche, qui a instauré vendredi des quotas quotidiens d'entrées sur son territoire, les principaux pays de transit ont drastiquement resserré les conditions de passage, créant un engorgement en Grèce, où 12 000 migrants sont bloqués", indique l'AFP.

La réaction de la Grèce, persona non grata du sommet autrichien, ne s'est pas fait attendre. Pour le ministre grec des Affaires étrangères, Nikos Kotzias, cette non-invitation est un "acte inamical, car il donne l'impression que certains, en notre absence, prennent des décisions qui nous concernent" [La Repubblica]. Le verbe haut, "Tsipras menace de bloquer la politique d'asile de l'UE", indique Deutsche Welle]. "Si certains pensent qu'ils peuvent élever des clôtures, ils doivent savoir que nous ne pourrons pas accepter et que la Grèce va réagir", a-t-il annoncé.

En résumé, "les migrants provoquent une foire d'empoigne" estime La Tribune de Genève, tandis qu'Il Sole 24 Ore évoque une "rébellion qui risque de déstabiliser l'Europe". 

Pendant ce temps, à Bruxelles

"L'Union européenne craint une 'crise humanitaire' en Grèce, où les réfugiés sont bloqués", cite Libération. En réponse, elle "souhaite renforcer les actions communes avec Ankara pour faire face à l'arrivée massive de migrants sur le sol européen", indiquent Les Echos. Un sommet entre l'Union européenne et la Turquie aura ainsi lieu le lundi 7 mars. Et dès aujourd'hui, les "ministres de l'UE et les pays des Balkans se rencontrent à Bruxelles pour tenter de surmonter les divisions sur une crise des migrants qui pourrait menacer la survie du bloc", indique la BBC.