Royaume-Uni

[Revue de presse] Londres à son tour frappée par un attentat terroriste

Parlement britannique

Mercredi 22 mars, à 14h40, un homme fonce dans la foule sur le pont de Westminster puis s'attaque à l'arme blanche aux gardes du Parlement britannique. Une attaque dans le cœur politique de la capitale britannique, qui fait écho aux attentats de Bruxelles, que l'on commémorait le même jour. Les soutiens sont vite parvenus au Royaume-Uni, qui tente de garder un front uni et de ne pas céder à la peur.

Une attaque rapidement considérée comme "incident terroriste"

A 14h40, mercredi, un homme isolé a frappé l'hyper-centre la capitale britannique. "Cœur battant de la plus vieille démocratie du monde (…) l’endroit choisi par le conducteur du SUV (…) ne peut pas être plus emblématique", souligne Le Monde. Westminster est en effet "le plus vieux Parlement du monde", comme l'a rappelé la Première ministre Theresa May [Les Echos], tandis que les journaux britanniques parlent ce matin d'une "attaque directe à la démocratie" [Le Figaro]. 

L'assaut s'est déroulé en deux temps : un homme au volant d'un SUV "venant de la rive sud de la Tamise (…) a fauché une vingtaine de passants sur le pont, dont une femme qui est tombée ou a sauté dans la Tamise et y a été repêchée vivante mais grièvement blessée. Passé le pont, il a continué avant d’aller s’encastrer dans les grilles qui délimitent l’emprise du Parlement, juste après Big Ben, là où s’interrompent de lourdes barrières de protection", rapporte Le Monde. Dans un deuxième temps, l'homme est sorti du véhicule et a sorti une arme blanche, avec laquelle il a frappé à mort un policier, avant d'en agresser un second. L'assaillant a alors été abattu par d'autres agents présents [L'Express]. Un député britannique conservateur, Tobias Ellwood, a tenté en vain de soigner le policier atteint, décrit Le Figaro.

A l’intérieur de Parlement, la séance est immédiatement arrêtée et les parlementaires y restent confinés jusqu’au début de la soirée [Le Monde]. La Première ministre, Theresa May, était présente dans le vestibule à moins de cent mètres de l’agresseur. Elle a été exfiltrée rapidement dans une voiture blindée de la police. Le quartier a été rapidement bouclé, certains blessés étant soignés sur place, d'autres étant évacués vers les hôpitaux londoniens, relatent Les Echos.

Pour l'instant, l'attentat n'a pas été revendiqué, mais "Scotland Yard a rapidement qualifié l’attaque d''incident terroriste' : "Incident à Westminster : nous traitons ceci comme un incident terroriste jusqu’à preuve du contraire", a ainsi écrit la police métropolitaine sur son site internet [Ouest France].

D'après les dernières informations, donnée par Mark Rowley, le commandant de l'unité anti-terrorisme, dans une déclaration devant Scotland Yard, citée par L'Obs, trois personnes ont été  "tuées dans l'attentat, ainsi que l'assaillant". Parmi les blessés, trois élèves d'un lycée de Concarneau (Finistère), "dont deux d'entre eux (…) dans un état grave, mais leur pronostic vital n'est pas engagé" [L'Express]. Jean-Marc Ayrault, le ministre des Affaires étrangères, est à Londres ce matin pour rencontrer les autorités britanniques. Il doit se rendre auprès des familles des victimes françaises, indique le Quai d'Orsay dans un communiqué [Le Figaro].

Dans la nuit de mercredi à jeudi, la police britannique a procédé à sept arrestations liées à l'attentat. "Nous avons procédé à sept arrestations à six adresses différentes à Birmingham, Londres et ailleurs dans le pays", a précisé Mark Rowley [Le Parisien].

Des messages "d'amitié et de pleine solidarité"

Un an jour pour jour après les attentats perpétrés à Bruxelles, les messages de condoléances et de solidarité ont afflué. Faisant allusion aux récents attentats en France, le président François Hollande a dit "savoir ce que les Britanniques endurent". "C’est au niveau européen qu’il faut s’organiser" pour affronter le terrorisme, a-t-il ajouté [Le Monde]. L'Elysée a également indiqué que "les services britanniques et français sont par ailleurs en contact étroit pour mener l'enquête" [Le Point]. De son côté, le nouveau ministre de l'Intérieur Matthias Fekl a adressé "un message d'amitié et de pleine solidarité au peuple britannique" qui est "aujourd'hui dans l'épreuve". Pour sa part, Michel Barnier, chef des négociations avec le Royaume-Uni pour la Commission européenne dans le cadre du Brexit, a adressé toutes "ses pensées" aux Londoniens [Les Echos].

La chancelière Angela Merkel a elle "réaffirmé que l’Allemagne et ses citoyens se [tenaient] fermement (…) aux côtés des Britanniques dans la lutte contre toute forme de terrorisme ", tandis que le président des Etats-Unis Donald Trump a salué "la réponse rapide de la police britannique", rapporte Le Monde.

Le président russe Vladimir Poutine a également adressé ses condoléances au Royaume-Uni. "Il est évident que pour combattre la menace terroriste, tous les membres de la communauté internationale doivent réellement unir leurs efforts", a-t-il fait valoir dans un communiqué [Le Parisien].

"Les Londoniens ne se laisseront pas intimider par le terrorisme"

Le Royaume-Uni n'avait pas connu d'attaque terroriste de cette ampleur depuis dix ans, rappellent Les Echos. En août 2014, le niveau d’alerte terroriste au Royaume-Uni avait tout de même été porté d’"important" à "grave", le quatrième de cinq échelons [Le Monde], et au début du mois, Scotland Yard avait annoncé que treize tentatives d'attentats terroristes avaient été déjouées depuis juin 2013 [Les Echos].

L'heure est pour l'instant au rassemblement et à l'apaisement. "Les Londoniens ne se laisseront pas intimider par le terrorisme", a assuré mercredi soir le maire de Londres Sadiq Khan [Le Parisien]. "La vie continue, pas question de se laisser intimider", a martelé Theresa May devant la porte noire de Downing Street. "Demain, comme d’habitude, le Parlement se réunira, a poursuivi Mme May. Comme d’habitude, les Londoniens marcheront dans les rues (…), vivront leur vie" [Le Monde]. La cheffe du gouvernement a également indiqué que le niveau d'alerte terroriste restait fixé à "grave", ne cédant pas à la peur [L'Obs].

La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a publié un communiqué dans lequel elle exprime sa sollicitude et indique que le gouvernement se tient prêt à aider "de toutes les façons qu'il le peut" [Les Echos]. A une semaine du déclenchement du Brexit, le Parlement régional écossais devait se prononcer ce mercredi sur une motion autorisant la Première ministre à organiser un référendum pour l'indépendance de l'Ecosse. Après les événements de Westminster, le débat a été suspendu en symbole de l'unité du Royaume [Les Echos].