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Economie et monnaie

[Revue de Presse] Les perspectives de croissance revues à la baisse par la Commission européenne

Commission européenne - Berlaymont

La Commission européenne a publié ce jeudi ses prévisions économiques de l'hiver, selon lesquelles plus de la moitié des pays de la zone euro devraient se préparer à serrer la ceinture pour respecter la Pacte de stabilité. Entre la crise migratoire, les doutes sur la survie de l'espace Schengen et l'important ralentissement du marché boursier asiatique, l'ensemble des Etats membres sont affectés par une conjoncture ne permettant pas une forte croissance. La France, entre autres, est pointée du doigt.

Bruxelles doute de la France, comme de ses voisins

Pour résumer les prévisions de la Commission européenne, il y a les bonnes et les mauvaises nouvelles. Tout d'abord, l'Irlande. L'Irish Times s'enorgueillit : "l'Irlande conserve la plus forte croissance en Europe". Attention cependant, pour le Financial Times, "l'Irlande peut être l'enfant prodigue européen, mais ce n'est pas grâce à Bruxelles", selon le quotidien économique, la réponse Irlandaise se trouve dans la gestion des "banques irresponsables", non dans un "gouvernement parcimonieux et des réformes structurelles" prônées par la Commission, "gardien de la fiscalité européenne".

Seconde bonne nouvelle, "la Commission européenne a révisé en hausse jeudi ses prévisions économiques pour la Grèce, tablant sur une récession moindre en 2016 et un rebond grâce aux réformes, alors que la mobilisation s'étendait dans ce pays contre le plan de retraites soutenu par Alexis Tsipras" [Le Figaro].

Ensuite, les mauvaises nouvelles. Elles concernent la France, l'Italie ou encore l'Espagne. "La France, à politiques inchangées, ne tiendra pas son objectif de réduction du déficit public sous la barre des 3 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2017", rapporte Le Monde.

Ainsi, "la Commission européenne pense que Paris devra prendre des mesures d'économies supplémentaires pour tenir ses objectifs" [Le Figaro]. Pourtant, la France "s'est engagée à ramener le déficit public de 3,7% du PIB en 2015 à 3,3% cette année", rappelle La Tribune.  "Pour que le pays tienne ses objectifs, le budget 2017 devra être raisonnablement courageux, et pas être un budget préelectoral", indique une source diplomatique du Monde.

En Italie, "l'extraordinaire reprise de l'économie italienne rêvée par Renzi se heurte à la Commission européenne, qui révise légèrement à la baisse son estimation de croissance pour l'Italie, tandis que plus de déficit est prévu pour l'année à venir", explique Il Tempo (Italie). La rédaction d'ANSA (Italie) s'inquiète : Rome a négocié un "droit à la flexibilité" en échange du déblocage de l'aide européenne à la Turquie, le quotidien "espère qu'il sera appliqué", et donc que les dépenses qui y sont liées "seront exclues du calcul du déficit".

Scénario similaire pour l'Espagne, "la Commission européenne a [aggravé] ses estimations sur le déficit", cite le quotidien économique Finanzas (Espagne). "Le déficit a dépassé ce qui a été convenu en 2015 et le budget de 2016 doit être corrigé, selon l'exécutif européen", une correction à hauteur de "9 milliards" d'euros, d'après La Opinión A Coruña (Espagne).

Légère baisse des perspectives de croissance en Europe

"La Commission européenne a abaissé très légèrement jeudi sa prévision de croissance pour la zone euro cette année, passée de 1,8% à 1,7%, pointant 'les risques' accrus sur l’économie, tels le ralentissement dans les pays émergents" [Libération].

"La reprise se confirme mais les menaces extérieures s’accumulent et la prévision d’inflation est divisée par deux", précisent Les Echos, qui s'inquiètent notamment des "nuages qui s'amoncellent au plan mondial". La situation chinoise capte particulièrement l'attention des analystes allemands. "Les conditions pour l'économie européenne n'auraient pas pu être meilleures : le prix du pétrole est bas, le taux de change de l'euro favorable, et les intérêts sont nuls. Malgré cela, la Commission européenne craint un vent contraire provenant de l'Est. A savoir de Chine", explique ainsi le quotidien Die Welt (Allemagne).

La Croix souligne par ailleurs l'impact "de la crise migratoire". Un coup d'arrêt pour l'Allemagne, selon Les Echos, dans la mesure où "les migrants imposent à Berlin de resserrer sa discipline budgétaire".

Remise en cause de la règle des 3%

Dans ce contexte, "les règles de déficit font débat", titre Le Figaro, pour qui "près de la moitié des pays de la zone euro, dont la France, sont menacés d'un affrontement avec l'exécutif européen autour des règles de réduction des déficits publics, à moins de modifier leurs politiques".

Les gouvernements invoquent "la crise des migrants qui pèse sur les finances publiques" tout autant qu'une obligation de "dépenser davantage pour assurer la sécurité" ainsi que qu'un besoin de "puiser dans les casses de l'Etat pour stimuler la demande intérieure" [L'Obs / AFP].