Révolution numérique : quelle stratégie pour l'Europe ?
Economie et monnaie

[Revue de presse] Les crises de l'Europe au centre des débats de Davos

George Soros

Chaque année, dirigeants mondiaux et élites économiques se rendent à Davos, petite commune suisse de douze mille âmes située au pied des montagnes, pour présenter les enjeux de l'année à venir et y apporter des embryons de solutions. Mercredi, le programme était clair : l'avenir du Vieux Continent. L'occasion pour Manuel Valls de tenir un discours dramatique sur la situation européenne, mais aussi de voir l'Allemagne et la Grèce réussir à tomber d'accord. Tandis que David Cameron attend patiemment que les exigences britanniques soient acceptées par ses partenaires européens.

"L'Europe peut sortir de l'histoire, se disloquer dans les mois qui viennent"

Les Echos estiment que "pour sa première venue au Forum économique mondial de Davos, Manuel Valls a choisi de dramatiser".

"L’Europe peut sortir de l’histoire", a martelé jeudi 21 janvier, Manuel Valls, le Premier ministre français, qui intervenait lors d’un débat parmi les plus attendus à Davos cette semaine [Le Monde].

Une opinion partagée par "Mark Rutte, son homologue des Pays-Bas […] et Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, sous l’œil vigilant de Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand au bout de la tribune", précise Le Monde.

Le Figaro ajoute que, "reprenant une formule de Raymond Aron à l'égard du président Valéry Giscard d'Estaing, Manuel Valls a lancé alors aux 1300 congressistes présents, et qui n'ont pu qu'en être secoués: 'L'Histoire est toujours tragique'.

"Parmi les menaces citées pêle-mêle par le chef du gouvernement : 'crise des réfugiés, terrorisme, montée des populismes' mais aussi risque de sortie du Royaume-Uni de l'UE", précise Francetv Info.

Tsipras et Schaüble pour un plan Marshall européen

"Alexis Tsipras, dont le pays est en première ligne dans l'arrivée du flot de réfugiés (près d'1 million a traversé l'an dernier la Méditerranée sur des embarcations de fortune), n'a lui non plus pas caché sa colère : 'ce serait une honte que l'Europe se transforme en forteresse'", cite La Tribune.

"Wolfgang Schaüble, le ministre allemand des Finances qui s’est durement affronté avec Athènes, est au fond d’accord", s'étonnent Les Echos. Le grand argentier allemand est allé jusqu'à évoquer "l’idée d’un plan Marshall, en Europe, et dans les pays d’émigration".

"En des termes plus pragmatiques, le Premier ministre néerlandais a repris la balle au bond : on doit gérer cette situation dans les semaines à venir car dès le printemps le problème des réfugiés va revenir", ajoute Le Figaro.

Pour le financier milliardaire américain George Soros, "'c'est la panique dans la politique d'accueil de l'Europe', car 'nous avons passé le point de bascule au-delà duquel l'afflux (de migrants) baisse la capacité d'intégration des pays'" [Le Point].

Pour répondre à ces crises, "tous sont unanimes : il faut 'plus d’Europe'" [Le Monde].

Le Brexit, une épreuve de patience

"Chacun à leur tour, ces dirigeants ont lancé un vibrant appel pour que la Grande-Bretagne reste dans l’Europe" [Le Monde]. "'Un Brexit serait "une catastrophe', a abondé le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble", cite par exemple Le Point.

"S'il dit espérer un accord le mois prochain, au sommet européen de février, pour éviter le Brexit, Manuel Valls pense tout de même 'qu'il faudra plus de temps'". Qu'à cela ne tienne, David Cameron tient sa ligne : "S'il y a un deal sur la table, je le prends […] s'il n'y a pas de deal, je ne suis pas pressé, je suis patient", a-t-il déclaré, précisant qu'une fois le "deal" présenté il ferait campagne contre le Brexit [Le Monde].