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Immigration et asile

[Revue de Presse] L'espace Schengen balloté entre sécurité et marché unique

Passeport européen pour les réfugiés comme un avion en papier

"L’espace Schengen a été mis en place voici trente ans et regroupe aujourd’hui 26 pays, dont 22 sont membres de l’UE", rappelle Le Monde. Mais un retour définitif des contrôles aux frontières "[est] régulièrement [remis] sur le tapis. En particulier depuis le début de la crise des migrants" [Sud Ouest].
"Le 12 février, le Conseil européen a ainsi donné trois mois à la Grèce pour renforcer sa gestion de la crise migratoire. […] En cas d’échec, les pays membres pourraient être autorisés à rétablir durablement les contrôles entre leurs frontières. […] Or, il semble peu probable que la Grèce, totalement débordée, parvienne à tenir de tels délais…" [Le Monde].

La fin de Schengen, une opération à 1 400 milliards d'euros ?

La question se retrouve ainsi suffisamment abordée pour qu'une "étude de l’institut Prognos, rendue publique par la Fondation allemande Bertelsmann" soit reprise par la presse française. "La fin de l'espace Schengen coûterait une fortune à l'Europe", titre Capital. "Ce ne serait pas seulement un séisme politique aux conséquences humanitaires sans doute dramatiques. Ce serait également un tsunami économique pour les pays membres et pour leurs partenaires", indique Le Monde, en précisant : "la fin de l’espace de libre circulation européen Schengen pourrait coûter jusqu’à 1 400 milliards d’euros à l’Union européenne (UE) sur dix ans".

Deux scénarios ressortent de l'étude. Le premier "optimiste" envisage "un coût cumulé de 470 milliards d’euros sur le Produit intérieur brut (PIB) de l’UE en dix an". Pour la France, "la facture serait de 77 milliards d'euros" [Les Echos]. Dans le cadre du second scénario dit "pessimiste", le coût pour l'UE est placé à 1 400 milliards d'euros. 244 milliards pour la France [L'Express].

Le Monde rappelle que "début février, France Stratégie, l’organisme de réflexion lié à Matignon, estimait de son côté que l’abandon de Schengen coûterait une dizaine de milliards d’euros à la France sur dix ans – soit huit fois moins que le chiffre établi par l’institut Prognos". L'étude serait pour certains "excessive". Dans tous les cas, "ce sont les citoyens qui paient la facture", assure Aart De Geus, président de la fondation Bertelsmann et ancien ministre des Affaires sociales des Pays-Bas [L'Express].

Après trente ans de libre circulation, l'espace Schengen est sous le feu des projecteurs et peine à résister à la pression migratoire. Première bénéficiaire d'une fermeture des frontières, "la criminalité organisée spécialisée dans le trafic d'êtres humains a récolté en 2015 jusqu'à six milliards d'euros, l'essentiel de cette somme provenant du trafic de migrants vers l'UE", rapporte La Tribune de Genève.

L'Europe contre les passeurs

Euronews précise le chiffre fourni par Europol, l'Office européen de police : "le trafic de migrants aurait rapporté l’année dernière entre 3 et 6 milliards d’euros aux réseaux criminels". Cependant, selon la structure "ce chiffre pourrait même tripler à l’avenir si la crise migratoire devait se poursuivre au même rythme".

"Quelque 90 % des migrants – plus d’un million – entrés illégalement en Europe en 2015 ont utilisé 'un service de facilitation', a déclaré le directeur d’Europol, Rob Wainwright", rapporte Le Monde. D'après "l’agence européenne des frontières extérieures Frontex, 140 000 migrants sont déjà entrés illégalement en Europe en 2016".

C'est dans ce contexte qu'a été annoncé le lancement du Centre européen pour la lutte contre le trafic de migrants (EMSC). Une "division devant aider ses membres à démanteler les réseaux de passeurs [et] concentre son action sur deux lieux-clés de la crise migratoire, Catane, en Italie, et Le Pirée, en Grèce" [Le Monde].

Frontières et terrorisme

A l'occasion de cette même conférence de presse, Rob Wainwright a insisté : "5000 djihadistes se trouveraient en Europe" [Le Figaro]. "Le directeur d’Europol s’est toutefois voulu rassurant concernant le flux de migrants arrivant en Europe depuis le Moyen-Orient. 'Il n'y a aucune preuve concrète que les terroristes utilisent systématiquement les vagues de réfugiés pour s'infiltrer en Europe', a-t-il expliqué".

Loin de se prétendre alarmiste, "les analystes d’Europol sont convaincus que le groupe État islamique 'prépare de nouvelles attaques dans des États membres de l’UE, et en particulier en France'", rapporte La Dépêche.