Collection Réflexe Europe - La Documentation française
Immigration et asile

[Revue de presse] Immigration : nouveau 'mini-sommet' à Bruxelles ce dimanche autour des Balkans

Refugees in Serbia and Croatia

Un nouveau sommet se tiendra dimanche à Bruxelles, réunissant autour de la table les Etats situés sur la 'route des Balkans'. A l'approche de l'hiver et au regard de l'intensification du conflit au Moyen-Orient l'urgence grandit quotidiennement, tant pour les populations fuyant les frappes que pour les Etats incapables d'accueillir un tel flux de population.

Le considérable afflux de migrants auquel doivent répondre les Etats des Balkans soulève de nombreuses problématiques. Le Figaro rapporte que les "records d'arrivées de migrants enregistrés en septembre en Hongrie sont aujourd'hui dépassés en Slovénie". Le gouvernement slovène demande l'aide de l'Europe et rappelle qu'il s'agit du "plus petit pays de la route des Balkans, avec des capacités réduites, aussi bien de contrôle que d'accueil".

Le Monde rappelle que "ce petit pays de 2 millions d’habitants de l’espace Schengen est devenu un point de passage obligé pour tous ceux en route pour l’Autriche et l’Europe occidentale depuis que la Hongrie a fermé sa frontière avec la Croatie vendredi dernier".

Pour répondre à l'appel slovène, Jean-Claude Juncker a convoqué "un sommet en format restreint dimanche à Bruxelles avec les dirigeants les plus concernés". Cette réunion, annoncée cette semaine, a été organisée dans l'urgence. En cause, le "drame humanitaire [qui] menace l'UE à l'approche de l'hiver. La route des Balkans empruntée par des dizaines de milliers de réfugiés et de migrants se termine désormais en cul-de-sac" [Le Figaro].

En matière humanitaire, c'est en ce moment la République tchèque qui est pointée du doigt par la communauté internationale. Le haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al-Hussein, a dénoncé ce jeudi la soumission "de façon routinière [de] ces migrants et réfugiés à une détention de quarante jours, parfois jusqu’à quatre-vingt-dix jours, dans des conditions décrites comme dégradantes". Des propos rapportés par Le Monde qui achève sa description en ajoutant que les migrants doivent "payer pour leur propre détention".

Il faut se souvenir que, "comme la Hongrie, la Slovaquie et la Pologne, la République tchèque s’oppose fortement au système des quotas exigé par la Commission européenne" [Le Monde].

Dans le reste de l'Union, la situation n'est guère plus reluisante. Toujours dépassée par la situation, la Grèce "a indiqué jeudi attendre de l'Union européenne un soutien supplémentaire d'au moins 330 millions d'euros en 2016 pour faire face à l'afflux de migrants, et réclamé de ses partenaires européens les renforts promis en personnels" [Le Figaro].

Plus au nord, l'Allemagne est aux prises avec le mécontentement d'une partie de sa population. Selon Libération, "des incendies criminels de foyers de migrants ont été déjoués par la police allemande". "Treize personnes, soupçonnées d’appartenance à la mouvance extrême droite, ont été interpellées mercredi", poursuit le quotidien.

C'est également Libération qui fait état des recherches menées par la police suédoise, qui "a annoncé vendredi que 'des motivations racistes' animaient le jeune homme de 21 ans qui a tué la veille deux personnes au sabre dans une école accueillant majoritairement des élèves issus de l’immigration".

Cette multiplication d'évènements atteste que les tensions ne cessent de se cristalliser au sein de l'Union. "Budapest appelle les Européens à changer de politique migratoire" titre l'Obs. "Viktor Orban a appelé les dirigeants européens à changer leur politique en matière d'immigration affirmant que dans le cas contraire ils risquaient d'être confrontés à une crise politique et à des menaces pour l'ordre démocratique", relate l'hebdomadaire. Il pourrait trouver un soutien en Autriche où le "gouverneur de la région de Styrie réclame le déploiement des forces armées pour contenir la crise des réfugiés et sécuriser les frontières" [Euractiv].