Allemagne

[Revue de presse] Immigration : en Allemagne, Cologne a tout changé

Angela Merkel

Dans plusieurs villes d'Europe, la nuit de la Saint-Sylvestre a été marquée par les agressions. A Cologne, mais également dans d'autres communes allemandes ainsi qu'en Autriche, en Suisse, en Finlande ou encore en Suède. Dans la seule ville de Cologne, plus de 500 agressions, notamment sexuelles, ont été enregistrées et semblent impliquer en grande partie des demandeurs d'asiles et migrants. Ce chiffre, impressionnant, semble induire une coordination des agressions et amène la chancelière allemande à durcir une politique jusqu'à présent favorable à l'accueil des populations fuyant le conflit syrien.

Des violences répandues en Allemagne

"Après les violences du Nouvel An à Cologne le nombre de plaintes est passé à 516, dont environ 40 % pour des faits d’agression sexuelle", rapporte Le Monde. Les Echos ajoutent que "Hambourg a enregistré plus de 130 plaintes pour le Jour de l'An".

Pour Le Figaro "les événements de Cologne apparaissent de moins en moins comme des cas isolés : à Hambourg, Francfort, Bielefeld, les mêmes attouchements, insultes, vols, viols ont été recensés". Le Monde précise que sur l'ensemble des agressions enregistrées lors du Nouvel An, "environ 40% [étaient] pour des faits d'agression sexuelle".

Une agression coordonnée

Heiko Mass, le ministre allemand de la Justice, a déclaré au quotidien Bild qu'il s'agit d'une attaque "coordonnée ou préméditée", cite L'Express.

Les enquêtes sont encore en cours, mais les services de polices évoquent d'ores et déjà des hommes "d'apparence africaine, arabe et sud-européenne" [Les Echos]. Concernant Cologne, le journal ajoute que "le ministère de l’Intérieur allemand a reconnu vendredi que 22 des 32 suspects qui ont été arrêtés sont des demandeurs d’asile".

L'Express rapporte les suggestions du syndicat de la police criminelle en Allemagne, pour qui ces agressions seraient imputables "à la mafia marocaine, qui aurait infiltré des foyers de réfugiés".

Libération met en commun des témoignages de jeunes femmes présentes à Cologne ce soir-là, et  évoque des forces de l'ordre "totalement impréparées à une situation inédite, en sous-effectifs". Face à cette incapacité à protéger la population, "le président de la police de Cologne a présenté vendredi sa démission".

Merkel durcit le ton

"En 2015, l’Allemagne a vu affluer 1,1 million de demandeurs d’asile, et les violences du Nouvel An à Cologne ont créé un choc dans le pays, faisant croître les critiques à l’égard de la politique d’ouverture aux demandeurs d’asile suivie depuis septembre par la chancelière", explique Le Monde.

"La politique d'accueil des réfugiés a cédé la place à un discours de tolérance zéro. Poussée à infléchir sa ligne par ses alliés, la chancelière Angela Merkel s'est montrée menaçante samedi, à l'issue d'une réunion des dirigeants de la CDU à Mayence. 'Une peine de réclusion même avec sursis doit interrompre le droit à l'asile', a-t-elle expliqué", rapporte Le Figaro, qui insiste sur les inflexions que la chancelière apporte à sa politique d'immigration.

Et Libération ajoute que "la 'chancelière des réfugiés' doit désormais surmonter le défi de l'intégration de plus d'un million de demandeurs d'asile devenus suspects aux yeux de l'opinion". "Jamais Angela Merkel n’a autant été sous pression".

Les prochaines élections régionales auront lieu en mars en Allemagne, et la question migratoire sera au centre des débats. De la même façon qu'en Slovaquie, en préparation des élections générales du 5 mars, le parti de Robert Fico, au pouvoir, a décidé de ne plus accueillir de musulmans. Le parti du Premier ministre slovaque a d'ores et déjà trouvé son slogan de campagne : "nous protégeons la Slovaquie" [Euractiv].