Dossier special Vacances
Diplomatie et défense

[Revue de presse] Discours d'adieu de Joe Biden : "L'ordre libéral international" menacé par Poutine

Joe Biden

Pour son dernier discours en tant que vice-président des Etats-Unis, mercredi 18 janvier au Forum économique mondial de Davos (Suisse), Joe Biden ne s'est pas embarrassé des règles de la diplomatie. Il a défendu la relation transatlantique dans une attaque à peine voilée contre Donald Trump et son discours isolationniste. Il a ensuite explicitement désigné la Russie et Vladimir Poutine en tant que menace majeure pour les Etats-Unis et l'Europe.

Un avertissement pour Donald Trump

A deux jours de l'investiture de Donald Trump, Joe Biden a tenu à prendre l'exact contre-pied du discours du milliardaire sur la mondialisation et la relation avec l'Europe. "Nous devons défendre l'ordre international libéral mis en place au lendemain de la Seconde guerre mondiale", a déclaré le vice-président sortant à l'adresse du public de Davos, rapporte Le Figaro. Pour Joe Biden, l'alliance entre l'Europe et les Etats-Unis forme "la fondation de ce qu’a accompli le monde avec succès au cours de la deuxième moitié du XXe siècle" [Le Monde].

Dans un plaidoyer pour la mondialisation et le commerce international, il a sévèrement critiqué le successeur de Barack Obama, sans pour autant le nommer. Joe Biden a dénoncé "les programmes isolationnistes à l'ordre du jour, qui par le passé ont conduit à des catastrophes. La fermeture des portes et la construction des murs sont une conception erronée de la sécurité", cite Le Figaro.

A rebours des propos de Donald Trump, le vice-président sortant a défendu l'Union européenne, garante de "l'ordre international libéral". "Défendre l’ordre international libéral exige que nous résistions aux forces de la désintégration européenne et maintenions notre insistance de longue date sur une Europe, entière, libre et pacifique", a-t-il déclaré [La Croix]. "Cela signifie lutter pour l’Union européenne, l’une des institutions les plus dynamiques et importante sur terre", a également affirmé Joe Biden, relate le quotidien.

Le vice-président américain s'est aussi employé à défendre l'OTAN, que Donald Trump pourrait remettre en cause : "Notre alliance atlantique peut répondre aux défis de l'heure", a clamé Joe Biden [Le Figaro].

Virulentes critiques à l'égard de la Russie

Le vice-président a pris encore moins de gants en évoquant la principale menace pesant selon lui sur les Etats-Unis et l'Europe : Moscou. "Je ne vais pas mâcher mes mots, ce mouvement [de remise en cause du modèle occidental] est conduit principalement par la Russie", relate le quotidien suisse la Tribune de Genève.

Selon Joe Biden, "sous la présidence de Poutine, la Russie s'emploie, avec tous les instruments à sa disposition, à affaiblir le projet européen, à tester les failles des nations occidentales et à revenir à une politique de sphères d'influence", cite Challenges. Il a mis en garde les Européens contre les cyberattaques russes, dont il pense qu'elles peuvent affecter les élections de 2017 en Europe. Une allusion aux accusations de Washington contre Moscou, qui serait intervenue dans la campagne présidentielle américaine via ce type d'attaques. "Alors que de nombreux pays en Europe doivent organiser cette année des élections, il faut s'attendre à de nouvelles tentatives de la Russie pour interférer dans le processus démocratique. Cela se reproduira, je vous l'assure. Et à nouveau l'objectif est clair : provoquer l'effondrement de l'ordre libéral international", a-t-il prévenu.

Si les responsables russes nient l'idée selon laquelle le Kremlin cherche à diviser l'UE, l'éventualité de cyberattaques russes est prise très au sérieux au niveau européen, selon Euractiv. "Le 16 janvier, des sources européennes ont […] informé des journalistes de l’inquiétude croissante émanant des 'menaces hybrides' [incluant notamment des cyberattaques] en provenance de la Russie et des tentatives du pays de 'déstabiliser le processus démocratique' ou d’'attaquer des infrastructures critiques' dans certains pays européens", explique le média.