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Immigration et asile

[Revue de Presse] Crise migratoire : l'OTAN en mer Egée

Rencontre du ministre de la Défense grec, M. Kammenos, avec Jens Stoltenberg, Secrétaire général de l'OTAN - 10/02/2016 © OTAN

La Commission européenne a présenté hier un nouvel agenda pour la migration, des lignes directrices que les Etats membres sont appelés à suivre pour assurer l'accueil des réfugiés. Sont notamment pointées du doigt la Grèce et l'Italie, en raison de l'inefficacité des hotspots qui doivent faciliter l'identification et la relocalisation des migrants. En parallèle, la Turquie s'indigne des propositions européennes de renvoi des migrants sur son sol, mais lance un appel conjoint avec la Grèce pour que l'OTAN sécurise la mer Egée.

Un "agenda pour la migration" en provenance de Bruxelles

"Réfugiés : Bruxelles veut des actes", titrent Les Echos. Ainsi, "la Commission européenne s’est livrée, mercredi, à un exercice de communication délicat au cours duquel elle a délivré bons et mauvais points aux Etats membres". "Les 28 pays membres doivent également appliquer le système de répartition décidé par les dirigeants", ajoute Le Point. "Seuls 500 migrants en ont bénéficié".

Pour le portail allemand Deutsche Welle, les "progrès faits jusqu'ici par l'UE dans la crise des réfugiés" peuvent se résumer de la façon suivante : "pas beaucoup". C'est pourquoi l'UE présente son "agenda pour la migration", l'occasion de rappeler à l'ordre les Etats confrontés le plus frontalement à l'afflux migratoire.

En première ligne, la Grèce et l'Italie mais aussi la Turquie

"L’UE accroît encore la pression sur la Grèce pour l’accueil des réfugiés", titre Libération. Ainsi, "face à l’urgence de la crise migratoire, la Commission européenne a une nouvelle fois exhorté la Grèce à améliorer les conditions d’accueil des réfugiés, avec l’objectif de pouvoir lui renvoyer des migrants afin de soulager d’autres Etats membres débordés". Des Etats débordés, tels que "la Pologne, par exemple, [qui] n'a pas accueilli un seul réfugié arrivé en Grèce ou en Italie. Et elle n'est pas la seule", selon Manfred Weber, président du Parti populaire européen au Parlement européen [Euractiv].

"L’objectif est en fait de réintégrer pleinement Athènes dans le système de Dublin", estime Euronews. Une analyse partagée par The Guardian, qui précise que "la Grèce a un mois pour améliorer la situation avant de nouveaux contrôles en mars". Pour Yannis Mouzalas, ministre grec de l'Immigration, "il y a eu des échecs, mais la Grèce ne mérite pas les menaces de l'UE" [El Pais].

En Italie, l'agacement se fait également sentir. "Bruxelles accuse l'Italie : les retours sont insuffisants", s'indigne le Corriere della Sera. La réponse de Matteo Renzi n'aura que peu tardé : "mes amis, nous pouvons changer cette mauvais approche bureaucratique", rapporte Il sole 24 ore.

La Commission européenne a, par la même occasion, lancé un nouvel appel à la Turquie, afin qu'elle "fasse plus pour ralentir le flux de migrants se dirigeant vers la Grèce" [EUObserver]. La question se pose alors, "l'Europe peut-elle se décharger sur la Turquie ?" [La Tribune / Arte].

The Guardian publie l'opinion de l'ambassadeur de la Turquie auprès de l'Union européenne. Selon Selin Yenel, le "plan de réinstallation des réfugiés en Turquie à condition que la route de la mer Egée soit fermée est inacceptable et infaisable".

La Turquie et la Grèce voudraient une mission de l'OTAN en mer Egée

Selon les informations de l'agence Reuters, tirées d'une source allemande "la Turquie et la Grèce sont tombées d'accord pour demander le soutien de l'OTAN en mer Egée afin de combattre les passeurs".

Les informations du Monde concordent : "l’Allemagne dirige actuellement un groupe de navires de guerre de l’OTAN croisant en Méditerranée orientale, qui seraient engagés pour cette opération destinée à compléter le travail de l’agence européenne de surveillance des frontières de l’Union européenne, Frontex".

L'Allemagne au cœur des évènements

En Allemagne, l'inaction n'est plus tolérée. Le Monde revient sur "l’inquiétante propagande russe sur la crise des réfugiés en Europe. […] Les agences proches du Kremlin […] ciblent en premier lieu la chancelière Angela Merkel". Pour le quotidien, ces manœuvres trouvent leur origine dans la position d'Angela Merkel, "chef de file d’une Europe qui s’est opposée à l’annexion de la Crimée, et qui a imposé des sanctions à la Russie en raison du conflit meurtrier dans l’est de l’Ukraine".

Une nouvelle occasion de justifier le "quadruplement de la contribution américaine à la défense de l'Europe" [Les Echos]. En effet, "les 28 pays membres de l'OTAN ont adopté mercredi à Bruxelles de nouvelles dispositions pour dissuader la Russie de toute initiative militaire dans les pays baltes et en Europe de l'Est", rapporte Le Figaro.