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Immigration et asile

[Revue de Presse] Crise migratoire : l'OTAN appelé en urgence

Le secrétaire général de l'OTAN à la réunion des ministres européens de la Défense © OTAN

Incapable de proposer une réponse coordonnée, l'Union européenne apparaît toujours plus désarmée pour faire face à la crise des réfugiés. En quête constante de solutions, l'UE continue de courtiser la Turquie et en appelle désormais à l'OTAN pour réguler les flux. Une Alliance atlantique d'ailleurs déjà sur le pont en Europe de l'Est, dans le but de prévenir d'éventuelles velléités russes.

Vers des camps de réinstallation en Turquie

Sur le théâtre de la crise migratoire, le chapitre de l'opération séduction européenne envers la Turquie entame son nouvel acte. "La question d’une 'réadmission' par la Turquie de candidats réfugiés qui auraient transité par son territoire pour passer en Grèce est au programme des responsables européens", informe Le Monde.

L'Union européenne a promis "trois milliards" à Ankara, ainsi qu'une "libéralisation de la politique des visas", en échange de la négociation d'un "accord de réadmission" devant entrer en vigueur en juin. Selon les journalistes du Monde, "la liste des 'idées' de dirigeants européens ne s’arrête pas là, confirmant leur désarroi".

Une panique européenne

Tandis que Le Monde publie un recueil de témoignages sur "la jeunesse volée des réfugiés mineurs", Euractiv rappelle que l'essence de cette crise se trouve également dans l'économie : "l'Autriche demande un soutien financier pour l'accueil des réfugiés. […] Le gouvernement autrichien a annoncé le mois dernier qu'il limiterait à 37 500 le nombre de personnes autorisées à demander l'asile cette année, et que les autres seraient renvoyées chez elles".

Le constat est aisé à établir. "Le projet phare de Jean-Claude Juncker pour endiguer la crise migratoire, qui ambitionne de répartir les réfugiés entre les 28 pays de l’UE, risque de se déliter devant la mauvaise volonté affichée par les Etats membres" [Libération]. Les chiffres sont loin d'être atteints, alors que "les migrants et réfugiés ont été dix fois plus nombreux à arriver en Europe par la mer au cours des six premières semaines de l'année que durant la même période en 2015" [L'Obs / Reuters].

Selin Yenel, ambassadeur de la Turquie auprès de l'UE, confie à Euractiv que "les demandes européennes pour que la Turquie ouvre ses frontières sont le signe que l'UE est en proie à la 'panique'".

L'appel surprise à l'OTAN

"Après un déplacement lundi d'Angela Merkel à Ankara, l'Allemagne et la Turquie ont demandé conjointement cette semaine l'aide de l'OTAN pour lutter contre l'immigration illégale et les passeurs", synthétise Le Figaro. "Cette demande, annoncée par la chancelière allemande à l’issue de sa rencontre, lundi 8 février, avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, a 'surpris tout le monde' au siège de l’OTAN, y compris la délégation allemande", ajoute La Croix.

Selon Le Figaro, "l'appel aux forces de l'OTAN est un moyen [pour la Turquie] de les entraîner dans son conflit avec la Russie et les Kurdes en Syrie".

Dans les Balkans, l'OTAN

De fait, l'actualité géopolitique est particulièrement chargée. "'Permettez-moi d'ajouter un commentaire sur la Russie, dont les actions menées en Syrie ne font qu'empirer une situation déjà très critique', a déclaré le président du Conseil européen [Donald Tusk] à l'issue d'une rencontre à Bruxelles avec le Premier ministre géorgien", cite Challenges. Une prise de position, de la part de l'ancien Premier ministre polonais, qui fait également écho au déploiement des forces de l'OTAN en Europe centrale, à la demande notamment de Varsovie.

Une actualité principalement relayée par des quotidiens britanniques tels le Telegraph, qui indique que "des troupes britanniques pourraient être déployées le long de la frontière de la Russie avec l'Europe de l'Est, selon les plans de l'OTAN pour dissuader toute incursion de Moscou". The Guardian précisant que "le Royaume-Uni va envoyer cinq navires dans la mer Baltique, dans le cadre du renforcement de l'OTAN contre la Russie".