Dossier special Vacances
Education et formation

[Revue de presse] Classement PISA : des performances inégales en Europe en matière d'éducation

Elèves dans une salle de classe

Très attendue, l'enquête PISA de l'OCDE, visant à évaluer les systèmes scolaires à travers des tests mesurant les acquis des élèves, a été rendue publique le 6 décembre. 540 000 élèves de 15 ans dans 72 pays ont ainsi été évalués en 2015, plus particulièrement en sciences et dans une moindre mesure en mathématiques et en compréhension de l'écrit. La France se trouve en milieu de classement avec l'Autriche, les Etats-Unis et la Suède. Source de débats parmi les Etats membres de l'UE, cette étude permet toutefois d'identifier certaines recettes gagnantes des "bons élèves" du classement.

La France en milieu de classement

495 points, c'est le score de la France au dernier classement PISA, ce qui la situe dans la moyenne parmi les pays de l'OCDE (493 points). Sa place est la même qu'en 2006, la dernière fois qu'une enquête PISA se concentrant sur les acquis en sciences a été publiée, rapportent Les Echos. Les points positifs révélés par l'évaluation des élèves français concernent "la démarche scientifique [dont ils font preuve], liée à l'intérêt et au plaisir pour l'expérimentation, où les élèves français sont au-delà de la moyenne de l'OCDE", explique pour le journal Eric Charbonnier, expert à l'OCDE. De même, en compréhension de l'écrit, la France a connu "une augmentation importante de la proportion d'élèves très performants et des performances supérieures à la moyenne de l'OCDE", selon l'étude. De meilleurs résultats qu'en 2009 donc.

En revanche, Eric Charbonnier juge l'état des inégalités dans le système scolaire français "inquiétant". "En France, un élève défavorisé a quatre fois plus de chances d'être en difficulté, contre trois en moyenne dans les pays de l'OCDE", souligne-t-il. "Seuls la Hongrie et le Luxembourg sont aussi dans ce cas, parmi les 34 pays de l'OCDE. La France fait ainsi partie des pays où la variation des scores expliquée par le milieu socio-économique des élèves est 'la plus marquée'", indiquent Les Echos, qui considèrent que la France ne s'inspire pas assez des pratiques ayant fait leurs preuves dans d'autres systèmes éducatifs, comme le recours au tutorat.

L'origine sociale peut être beaucoup moins déterminante qu'en France, selon l'étude. "Certains pays réussissent mieux à amoindrir ce facteur (Canada, Corée du Sud, Estonie, Finlande et Japon, qui affichent en outre des scores élevés de performance). Pisa 'a montré qu'on pouvait avoir l'excellence ET l'équité sociale', a martelé Gabriela Ramos, directrice de cabinet du secrétaire général de l'OCDE" [Le Point].

La ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Balkacem a profité de la publication du classement PISA pour formuler une attaque en règle contre le programme de la droite aux présidentielles de 2017, fustigeant des "oppositions stériles et court-termistes", rapporte L'Express. "Tout ce qui nous est proposé par l'opposition revient à nous ré-entraîner dans le déclin (subi par) notre école pendant la décennie des années 2000", a-t-elle également déclaré. Pour l'OCDE, les réformes entreprises par la France depuis 2012 vont en effet dans le bon sens. "Ce sont des bonnes mesures, soyez-en fière", a lancé Gabriela Ramos à la ministre de l'Education nationale.

Une étude permettant d'identifier les recettes gagnantes

L'Obs liste les principaux éléments qui ont fait la réussite des systèmes scolaires les mieux classés dans l'étude PISA. En premier lieu, leur "capacité à faire progresser tous les élèves, indépendamment de leur milieu social d'origine". La lutte contre l'échec scolaire est également fondamentale. "Le développement de l'accueil à l'école des moins de 3 ans issus de milieux défavorisés, tel qu'il a été décidé par la France, est le bienvenu", estime l'hebdomadaire.

La valorisation de l'enseignement professionnel, qui n'est pas perçu comme une filière de relégation dans les pays bien classés, est une autre clé de réussite pour un système éducatif. L'Obs prend l'exemple du Royaume-Uni, 15e en sciences et où "depuis 2008, la commission chargée de l'emploi et des compétences incite les entreprises à intervenir dans le système de formation professionnelle, et promeut les investissements dans les compétences utiles à la croissance. Elle fournit des informations fiables sur le marché du travail et contribue à créer un réservoir de compétences concurrentiel au niveau international".

Libération cite des exemples de mesures mentionnées par l'étude comme étant source d'amélioration de l'éducation. En Europe, les initiatives de plusieurs pays ont été saluées par l'OCDE. En ce qui concerne la prise en compte des inégalités sociales, le Royaume-Uni a été remarqué par son programme de financement baptisé "Pupil Premium" pour les écoles où sont scolarisés des élèves défavorisés.

En termes de décrochage scolaire, l'étude met notamment en avant l'Irlande et la Finlande, ayant mis en place des programmes de suivi personnalisé afin de prévenir ce phénomène.

Enfin, s'agissant des débouchés offerts par le système scolaire, le Luxembourg et la Suisse se distinguent. Dans ces deux pays, les organisations professionnelles sont investies dans le système éducatif pour garantir la cohérence entre les diplômes et l'évolution du marché du travail.