Immigration et asile

[Revue de presse] Brexit : dernière ligne droite pour les négociations ?

Jean-Claude Juncker et David Cameron à la COP21

Le Premier ministre britannique se rend ce vendredi à Bruxelles pour y rencontrer les présidents de la Commission et du Parlement européens. Lundi il devrait se voir adresser les réponses européennes à ses exigences. Le cas échéant, cela pourrait être la dernière ligne droite avant le Conseil européen de février, puis un référendum britannique en juin.

Vers une dernière ligne droite ?

"Les négociations pour éviter une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne entrent dans le dur ce vendredi", rapporte l'Obs. La Tribune de Genève précise que le Premier ministre britannique va également "rencontrer le président du Parlement européen, Martin Schulz".

Par conséquent, indique Romandie, "David Cameron ne se rendra pas en Suède et au Danemark, comme initialement prévu. Une source gouvernementale britannique a refusé de préciser si c'était Cameron ou Juncker qui avait sollicité cette rencontre. […] A l'approche du Conseil (européen) de février, des réunions vont se tenir avec les personnes les plus impliquées dans le processus de négociation, a précisé cette source".

En effet, "le président du Conseil européen Donald Tusk va rencontrer dimanche à Londres le Premier ministre britannique David Cameron" [L'Obs / AFP]. La RTBF en explique le contexte, "une 'task force' présidée par un haut fonctionnaire britannique a même été mise sur pied pour mener les négociations, mais [des solutions] doivent être formulées en début de semaine prochaine, sans doute lundi, au nom des 28 par le président du Conseil européen, Donald Tusk".

Pour l'Express (média britannique), les représentants des institutions font face à un "Premier ministre dans la panique des ultimes négociations avec l'UE".

Réfugiés et "migrants européens"

Certaines orientations se dessinent dans les négociations. "Le ministre de l’Immigration, James Brokenshire, a annoncé que le Royaume-Uni allait accueillir des enfants qui ont été séparés de leur famille par le conflit en Syrie et dans d’autres pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord", rapporte Le Monde.

Cependant, l'emploi du terme "migrant" outre-Manche doit être précisé. Le Monde rappelle en effet que lorsque sont évoqués "les Européens s'installant au Royaume-Uni […] les Britanniques [les] nomment 'migrants européens'".

The Guardian indique que "la Grande-Bretagne et l'Europe progressent dans la quête de Cameron de refuser aux citoyens européens travaillant au Royaume-Uni les crédits d'impôt et autres prestations pour un maximum de quatre ans".

Effectivement, "l'UE propose un 'frein d'urgence' à Londres sur l'immigration [en autorisant] n'importe quel Etat membre en mesure de démontrer que les flux migratoires menacent ses prestations sociales de cesser d'en faire bénéficier les nouveaux venus pendant une durée pouvant aller jusqu'à quatre ans" [L'Obs / Reuters].

"Une autre idée consisterait à conditionner à un certain niveau de salaire l’accès des travailleurs européens aux prestations sociales", ajoute La Croix.

Pour le quotidien espagnol El Mundo, "l'UE dispose déjà de ces deux mécanismes, en quelque sorte", faisant référence à une jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne remontant à 2014. Cette décision avait conduit "112 Espagnols" à être expulsés de Belgique la même année.

L'incertitude britannique

Outre-Manche, le débat fuse. Les Echos rapportent que, "répondant à l’appel de David Cameron, les patrons des grands groupes pointent les dangers d’une sortie de l’Union européenne". Pourtant, The Telegraph cite une analyse de la banque Barclays, pour qui "le vote sur le Brexit pourrait faire du Royaume-Uni un 'refuge' au sein d'une Europe en désintégration".

Tandis que l'opinion britannique continue de fluctuer quant à la place du pays au sein de l'Union européenne, "la proposition européenne […] pourrait ouvrir la voie à un accord les 18 et 19 février à Bruxelles et à un référendum en juin" [Le Monde].