Royaume-Uni

[Revue de presse] Brexit : David Cameron parcourt l'Europe en quête de soutien

David Cameron

La question du référendum sur la sortie de l'UE continue de monopoliser l'agenda du Premier ministre britannique. Après avoir tenté d'apaiser les eurosceptiques de son parti en annonçant que ses ministres pouvaient s'exonérer de la solidarité gouvernementale sur le Brexit (revue de presse du 6 janvier), David Cameron a passé la journée de jeudi à chercher des soutiens en Allemagne et en Hongrie. Pour que la suite des événements se déroule conformément à ses attentes, Cameron a besoin que les Etats membres soutiennent les quatre séries de réformes qu'il exige de l'UE pour y maintenir le Royaume-Uni.

Pour Libération, "David Cameron a reçu jeudi des signaux encourageants à Berlin et Budapest, sans toutefois obtenir l’appui inconditionnel aux réformes qu’il réclame pour maintenir le Royaume-Uni dans l’UE".

En effet, l'une de ces réformes est particulièrement controversée, et porte sur "la suppression d'allocations aux migrants afin de tenter d'endiguer l'immigration vers le Royaume-Uni" [Le Point].

La question des prestations sociales en premier plan

"Sa demande visant à suspendre pendant quatre ans les prestations sociales pour les travailleurs européens installés aux Royaume-Uni rencontre le plus d’oppositions car elle contrevient au principe de libre circulation", explique Le Monde.

"Nous voulons nous assurer que les systèmes d’aide sociale, et en particulier notre système, ne créent pas un appel d’air vers le Royaume-Uni, car nous ressentons la pression d’une migration excessive ces dernières années", a déclaré le locataire du 10 Downing Street [Euronews].

D'après le site suisse Romandie, "Cameron et Merkel se rapprochent sur la question des aides sociales". Le journal précise qu'en Allemagne des travaux sont en cours pour modifier les conditions d'octroi des aides sociales : "Mme Merkel […] a jugé que l'octroi automatique d'allocations sociales dès le début du séjour d'un citoyen d'un autre pays de l'UE n'était pas dans l'esprit de la libre-circulation en Europe et qu'il n'y avait pas d'Union sociale en Europe".

Le Monde précise que, pour autant, "l’Allemagne ne semble prête ni à modifier les traités européens ni à se brouiller davantage avec ses voisins est-européens pour satisfaire Londres".

"Lors de son étape hongroise, l’accueil a été plus mitigé. Si le Premier ministre Viktor Orban rejoint David Cameron sur la nécessité de changer la gouvernance économique en Europe ou de redonner plus de pouvoir aux Etats, il dit refuser qu’on traite les Hongrois comme des parasites", rapporte Euronews.

Une base de travail est fixée

Victor Orban a souligné que sa "position valait également pour les autres pays dits du groupe de Visegrad" [La Libre]. Or, "les Européens de l'Est, qui comptent parmi les nombreux migrants originaires de l'Union européenne présents au Royaume-Uni, se sentent particulièrement visés par cette exigence britannique pour contenir l'immigration", explique le journal.

Néanmoins les trois autres exigences britanniques, soit la gouvernance économique de l'UE, plus de compétitivité du marché unique et le maintien du rôle des parlements nationaux, ont fait l'objet d'un accueil favorable en Hongrie.

Le Premier ministre britannique cependant par terminer sa campagne pour la modification des traités, et devra "aussi convaincre les dirigeants belges, grecs et portugais qui, au Conseil européen de décembre, se sont opposés à tout compromis sur les prestations sociales" [Le Monde].