France

[Revue de presse] Attaque terroriste sur les Champs-Elysées : le dernier round présidentiel télévisé bouleversé

Champs Elysées

A trois jours du premier tour de l'élection présidentielle, placée sous haute surveillance en raison de la menace djihadiste, un attentat a été perpétré jeudi 20 avril à 21h sur les Champs-Elysées à Paris. Selon le dernier bilan, un policier a été tué et deux autres blessés, l'assaillant a quant à lui été abattu mais, officiellement, son identité demeure confidentielle. Les candidats à la présidentielle ont appris cette tragique nouvelle en direct, lors du dernier grand rendez-vous politique télévisé avant le premier tour de l'élection du 23 avril prochain. Une concomitance de ces deux événements qui pourrait, selon la presse française et étrangère, avoir un impact réel sur les résultats du scrutin de dimanche.

Attentat sur les Champs Elysées : des policiers pris pour cible

Vers 20h50, hier soir, un agent de police et deux de ses collègues ont été pris pour cible par des tirs, alors que leur véhicule était stationné "en surveillance tactique" sur la célèbre avenue des Champs- Elysées à Paris, relate Le Monde. Le premier policier a été froidement assassiné. Quant aux deux autres agents de police, l'un a été légèrement touché, l'autre plus gravement. "L'agresseur est arrivé en voiture, est sorti. Il a ouvert le feu sur le car de police à l'arme automatique, a tué l'un des policiers et a essayé de s'en prendre aux autres en courant", déclare une source policière interrogée par Le Figaro.

L'attaque survenue à seulement trois jours du premier tour de l'élection présidentielle a presque aussitôt été revendiquée par Daesh, signale El Pais. Selon un communiqué publié par son organe de propagande amaq, "l’auteur de l’attaque des Champs-Elysées dans le centre de Paris est Abu Yussef le Belge, et c’est un des combattants de l’Etat islamique", indique Sud Ouest. Or, selon les informations du Monde, l'auteur de l'attaque à "l'arme de guerre", serait Karim Cheurfi, un homme de 39 ans originaire de Livry-Gargan "déjà poursuivi pour des faits de violences sur des policiers remontant à 2001". "Avec cette revendication précoce, le groupe État islamique serait-il allé trop vite en besogne ? Aurait-il dévoilé l'identité d'un "combattant" qui ne serait pas encore passé à l'action ?", c'est l'hypothèse soulevée par Europe 1. La police belge aurait en effet prévenu dès jeudi plusieurs services de police français qu'"un individu très dangereux [serait] en route vers la France", poursuit la chaîne de radio. L'homme cité par l'organisation de l'État islamique s'est finalement présenté à la police ce matin, indique Le Figaro.

Dès 8h ce matin, François Hollande a convoqué une réunion de défense exceptionnelle. Outre le Premier ministre Bernard Cazeneuve, les quatre ministres régaliens (Intérieur, Justice, Défense et Affaires étrangères) étaient présents [Le Point]. Le président de la République, cité par The Independant, a notamment déclaré être convaincu que cette "attaque lâche" était un acte terroriste.

Une fin de campagne perturbée ?

"Cette fusillade est survenue à trois jours du premier tour de l'élection présidentielle dans un contexte où la France a été confrontée depuis 2015 à une vague d'attentats djihadistes sans précédent ayant fait 238 morts", rappelle la RTBF. Cette nouvelle attaque sanglante pourrait, selon Der Spiegel, propulser le thème du terrorisme sur le devant de la scène et "influencer les votes". En effet, l'attaque est survenue à 21h, alors que les 11 candidats à l'élection présidentielle participaient à l'émission spéciale en direct sur France 2 "15 minutes pour convaincre", rappelle The Guardian. "Le terrorisme et la sécurité sont deux thèmes chers aux votants, mais le chômage et le pouvoir d'achat sont des sujets encore plus pressants. Cependant, les analystes ont depuis longtemps prévenus que cela pouvait s'inverser s'il y avait de nouvelles effusions de sang", analyse le journal britannique.

En outre, mardi 18 avril, deux terroristes présumés avaient déjà été arrêtés à Marseille, lors d'une opération qui, selon les autorités françaises, a permis d'éviter un attentat "imminent" en pleine campagne présidentielle, rappelle El Pais.

Après cette annonce, la candidate du Front national Marine Le Pen, l'ex-Premier ministre François Fillon et le candidat d'En marche Emmanuel Macron ont déclaré qu'ils annuleraient leurs meetings de vendredi [The Guardian]. De son côté Jean Luc-Mélenchon a souhaité adresser une "pensée émue" à la famille du policier tué, tout en rappelant avec fermeté que le processus démocratique ne devait pas être interrompu. "Les violents n'auront pas le dernier mot face aux citoyens" a-t-il déclaré  [Ouest France].

"C'est fini le laxisme ! C'est fini la naïveté ! On ne peut pas laisser à nos enfants un pays impuissant à les défendre. Il faut de la lucidité, du courage, de la détermination, c'est cela que vous Français vous devez maintenant exiger et choisir", s'est empressée de réagir Marine Le Pen, en conclusion de son intervention télévisée [Le Parisien]. "La réalité, c'est que les dirigeants de cette planète se comportent comme des magiciens qui ont donné naissance à des choses qu'ils ne contrôlent absolument plus. J'appelle les électeurs à ne pas céder à cette démagogie facile" a quant à elle déclaré Nathalie Arthaud [Ouest France].

El Pais rappelle également que les deux journées électorales des dimanches 23 avril et 7 mai, seront organisées sous haute surveillance, avec le déploiement de 50 000 policiers, gendarmes et militaires sur tout le territoire français.