Allemagne

[Revue de presse] Allemagne : officiellement investi par le SPD, Martin Schulz talonne Angela Merkel

Martin Schulz

Ancien président du Parlement européen, Martin Schulz, âgé de 61 ans, a été élu dimanche 20 mars à l'unanimité à la tête du Parti social-démocrate allemand (SPD). Un score record pour celui qui affrontera Angela Merkel lors des élections législatives de septembre, et qui a redonné l'espoir d'une victoire à son camp.

"Schulzmania"

"Le SPD est de retour ! Nous sommes de retour ! (…) Je veux, chers camarades, être le prochain chancelier allemand", a déclaré Martin Schulz hier, face aux militants de son parti, le SPD, réunis à Berlin [France 24]. Martin Schulz a été élu à l'unanimité des 605 délégués du SPD, dimanche 20 mars, venus de toute l'Allemagne pour assister au congrès du parti. "Du jamais-vu" puisque "le dernier record pour un président du parti remontait à 1948, avec 99,71 %", précise le journal. Pour l'ancien homme fort de Bruxelles, "ce résultat est le point de départ de la reconquête de la chancellerie" [Le Figaro].

La chancelière allemande Angela Merkel, qui semblait "indéboulonnable" il y a encore quelques mois, est en effet désormais mise en danger par Martin Schulz [Le Point]. Une situation qui semblait impensable à l'époque ou Sigmar Gabriel était président du Parti social-démocrate allemand. M. Gabriel, "peu populaire", "semblait incapable de pouvoir conduire le SPD à la victoire", c'est pourquoi l'actuel vice chancelier d'Allemagne a annoncé mi-janvier qu'il renonçait à un second mandat [Le Monde].

Selon un eurodéputé cité anonymement par Libération, M. Schulz a réussi à sortir son épingle du jeu "en jouant très bien sa partition d’enfant du peuple, ancien alcoolique et fumeur repenti, qui s’est fait tout seul". "De fait, Schulz rompt avec les canons d’un SPD embourgeoisé qui s’est éloigné des préoccupations de son électorat", poursuit le journal. Le candidat profite en outre "de son parcours atypique et de ses origines modestes" pour "adoucir son profil bruxellois".

Les deux candidats "au coude à coude"

Si Martin Schulz n'a certes pas encore "détrôné Angela Merkel", l'hypothèse de voir un candidat du SPD ravir le poste de chancelier n'a jamais été aussi "sérieuse" [Le Monde]. Selon les derniers sondages, le centre-gauche allemand obtiendrait "32 % des voix", contre 33% pour la CDU-CSU, parti de la chancelière [Le Figaro].

Des résultats qui étonnent désormais jusqu'à Bruxelles : "La progression fulgurante dans les sondages de l’ancien président social-démocrate du Parlement européen laisse tout le monde pantois (…). Au mieux, on s’attendait à ce qu’il fasse de la figuration face à Angela Merkel", qui brigue quant à elle son quatrième mandat [Libération].

Martin Schulz se présente face à la chancelière avec un programme "très à gauche" qui lui a déjà valu "le sobriquet dans la presse allemande de Robin des Bois du SPD" [Le Point]. Dans son discours du 19 mars, il a démontré qu'il souhaitait axer sa campagne sur "la justice sociale" [France 24]. Renouvelant "ses appels en faveur de l'éducation gratuite, de l'investissement dans les crèches et les écoles ou les programmes de formation pour les chômeurs", M. Schulz a également rappelé sa volonté d'œuvrer à la réduction des écarts de salaires qu'il juge "intolérables" entre l'est et l'ouest, relate le journal.

Regard vers l'Europe et le monde

Lors de son discours de passation de témoin, Sigmar Gabriel "s'est laissé griser à l’idée de voir Emmanuel Macron président et Martin Schulz chancelier", note Le Monde. Une annonce qui risque de "mettre en cause le lien historique entre le SPD allemand et le PS français, le jour même du grand meeting de Benoît Hamon à Bercy".

Martin Schulz à quant à lui réitéré son "attachement à l’idéal européen" en promettant de s'en prendre aux "populistes qui attisent le nationalisme et dénoncent à tout bout de champ la presse mensongère". Une pique directement adressée aux présidents turc et américain Recep Tayyip Erdogan et Donald Trump.