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Immigration et asile

[Revue de presse] Réfugiés : l'Europe cherche toujours des solutions

Réfugiés syriens à Vienne © Josh Zakary

Après la publication hier par Europol d'un nouveau chiffre choc, l'ensemble de la presse française réagit dans un élan d'émoi et d'inquiétude. Selon l'Office européen, plus de 10 000 enfants migrants non accompagnés ont disparu en Europe au cours des deux dernières années. Une inconnue demeure : combien d'enfants sont exploités à des fins criminelles ? En marge de cette fracassante annonce, le problème reste le même pour l'ensemble des Etats membres. Chacun cherche une solution et, quand la solidarité européenne pêche, certains la trouvent dans le repli, d'autres dans la reconnaissance des actes désintéressés.

Plus de 10 000 enfants migrants non accompagnés ont disparu

"Plus de 10.000 enfants migrants non accompagnés ont disparu en Europe sur les 18 à 24 derniers mois, a affirmé dimanche l'agence de coordination policière Europol, craignant que nombre d'entre eux soient exploités, notamment sexuellement, par le crime organisé", rapporte Le Figaro.

"Ce chiffre concerne les enfants dont toute trace a été perdue après leur enregistrement auprès des autorités européennes", précisent Les Echos, qui ajoutent qu'"environ la moitié d’entre eux ont disparu en Italie".

Sur le "million de migrants […] arrivés en Europe en 2015, […] quelque 27% d'entre eux sont des mineurs" [Libération / AFP]. Cependant, "tous ne seront pas exploités à des fins criminelles, tempère Brian Donald", un responsable d'Europol [Les Echos].

Le Figaro évoque une "infrastructure paneuropéenne sophistiquée". Selon La Croix, "des groupes criminels actifs dans la traite d'êtres humains sont par ailleurs maintenant actifs dans les filières d'immigration illégale afin d'exploiter des migrants".

La Croix reprend les propos de Brian Donald, d'après lequel "il y a en Allemagne et en Hongrie des prisons dans lesquelles la grande majorité des détenus sont là en raison d'activités criminelles liés à la crise migratoire".

Pendant ce temps, l'Europe cherche une réponse commune à la crise

En Allemagne justement, "Merkel serre la vis et se bat sur tous les fronts", titrent Les Echos. "Après avoir accueilli l’an dernier 1,1 million de demandeurs d’asile, […] Angela Merkel a souligné que la plupart d’entre eux se verront accorder une protection temporaire, limitée à trois ans, et non pas le statut de réfugié".

Les Etats membres continuent de chercher  des solutions pour gérer l'afflux de migrants. Des solutions parfois vivement critiquées, comme celle proposée par le Danemark. Courrier international reprend la tribune du rédacteur en chef du quotidien danois Politiken, publiée par le Financial Times, dans laquelle le journaliste note que la "loi des bijoux […] est une alerte qui rappelle jusqu'où l'Europe pourrait dériver si nous ne sommes pas capables d'affronter ce problème ensemble".

Pour cela faut-il encore se donner les moyens d'une action commune. La Croix revient sur "le casse-tête européen du financement de la crise migratoire". Le quotidien détaille les différentes idées pouvant permettre de réunir les "ressources permettant de gérer l'arrivée des migrants en Europe". Et en conclut que "la solidarité européenne se retrouve à nouveau mise à mal".

Sur cette question des financements, Euractiv rapporte en exclusivité que "la Commission tente d'éluder un audit sur l'immigration". En effet, par un courrier envoyé au président de la Cour des comptes européenne, signé par trois vice-présidents de la Commission européenne, l'institution en dénonce les conclusions. L'audit porte sur la "coopération avec les pays tiers sur les politiques d'immigration et d'asile". La Cour des comptes européenne a mis en exergue "un manque d'évaluations et des coûts démesurés".

Les habitants des îles grecques, prix Nobel de la paix ?

Par ailleurs, alors que la Grèce est menacée d’être isolée de fait par un rétablissement prolongé des contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen, Le Monde rapporte l'existence d'une pétition "pour la nomination d'habitants des îles grecques au prix Nobel de la paix". "Les populations des îles grecques de la mer Egée ont fait et font encore tout ce qu’elles peuvent pour aider les réfugiés syriens, bien qu’elles soient depuis de nombreuses années victimes d’une sévère crise économique", explique la pétition en question. Le texte "[a] recueilli près de 600 000 signatures dimanche soir, quelques heures avant son expiration", ajoute Le Point.

Le gouvernement grec dans le collimateur de Bruxelles "s’engage désormais à 'avoir rempli ses engagements d’ici le prochain sommet européen' des 18 et 19 février à Bruxelles, ont fait savoir dimanche dans un communiqué les services du Premier ministre Alexis Tsipras, tout en appelant l’UE à montrer "le même sens des responsabilités"[Le Monde].