Parlement européen

Programme de l'UMP : priorité à la réforme de Schengen

Jean-Claude Juncker 29 mars 2014

A deux jours des élections européennes, le Front national devance toujours l'UMP selon les derniers sondages, avec un écart de plus en plus serré. Le parti, affaibli ces dernières semaines par des dissensions internes, a dû faire face aux prises de positions d'Henri Guaino qui affirme qu'il ne votera pas pour le candidat de son parti en Ile-de-France, ou encore celles de Laurent Wauquiez qui présente des propositions radicales sur l'Europe et veut "tout changer". Plus récemment, Nicolas Sarkozy a défendu son modèle européen en signant une tribune dans Le Point pour réformer Schengen. Les candidats quant à eux mènent campagne de manière inégale et contrastée selon les circonscriptions.

Alain Lamassoure s'engage pour l'Europe

"L'UMP, seul vote utile pour l'Europe et pour la France" : c'est le slogan choisi par l'UMP pour la campagne 2014 des élections européennes. Selon Alain Lamassoure, candidat tête de liste en Ile-de-France, "la France retrouvera l'amour d'elle-même et la foi en son génie national en réalisant que son rôle dans la construction européenne est la plus belle contribution qu'elle ait jamais apporté à la paix dans le monde". Pour l'eurodéputé sortant qui arpente les couloirs du Parlement depuis 1994, "2014 a marqué d'une date l'histoire de la construction européenne. Avec le nouveau traité européen, ces élections ont désormais un enjeu politique majeur. Le pouvoir est à prendre en Europe".

Le parti doit composer avec des listes présentant des candidats chevronnés mais aussi certains parachutés, comme Nadine Morano ou Renaud Muselier.

Pour la France, agir en Europe

Dans son programme, l'UMP, comme la plupart des autres partis, donne la priorité à l'emploi et particulièrement à celui des jeunes. Mais le parti se démarque avec notamment "le renforcement de l'utilisation du Fonds social européen pour l'intégration professionnelle". Un soutien est également affiché au lancement de grands projets européens pour faire émerger des champions industriels à l’échelle mondiale.

Lors du Congrès du 6 mars, le Parti Populaire européen (PPE) a désigné son candidat à la présidence de la Commission européenne : le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, face au Français Michel Barnier. L'ancien président de l'Eurogroupe pourrait donc prendre la place de José Manuel Barroso en cas de victoire du PPE aux élections européennes.

Concernant la monnaie unique, l'UMP entend rester dans la zone euro pour que la Banque centrale européenne (BCE) soutienne la croissance et l’emploi. "Nous devons coordonner nos politiques économiques pour maximiser la croissance. Ce sont souvent les budgets nationaux qui jouent un rôle destructeur. Nous devons mettre en place un concept économique européen", explique Alain Lamassoure.

Attendu au tournant sur l'immigration, l'UMP affiche clairement sa position, même si selon les candidats le vocabulaire n'est pas uniforme. "Nous voulons réformer Schengen de fond en comble en réduisant le regroupement familial, en excluant de Schengen les pays qui ont des frontières passoires. Nous opposer à l’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans Schengen. Expulser dans leur pays, hors Schengen, les délinquants récidivistes et les criminels", peut-on lire sur le site officiel de la campagne.

"C'est un combat frontal avec le Front national. Il nous faut une immigration choisie et non subie. Cette absence de maîtrise de l'immigration crée des problèmes graves", explique Alain Lamassoure. La question de la montée du populisme se pose différemment lors de ces élections alors que ce phénomène intervient même dans des pays qui n'ont pratiquement pas de chômage. "Il faut que nous ayons les mêmes règles sur les conditions d'entrée, de séjour, de travail des ressortissants des pays tiers", note l'ancien député à l'Assemblée nationale.

L’UMP se démarque cependant distinctement sur l'un des grands thèmes de la campagne : il est le seul parti français à approuver le principe des discussions dans le cadre du traité transatlantique, pour lesquelles il demande tout de même plus de transparence.

Portraits de deux candidats : Jérôme Lavrilleux et Rachida Dati

L'une des plus grandes batailles de ces élections se jouera dans le Nord-ouest. Et c'est le directeur de cabinet de Jean-François Copé qui sera en première ligne. Jérôme Lavrilleux, 44 ans, affrontera le bulldozer Marine Le Pen. 

Jérôme LavrilleuxJérôme Lavrilleux, tête de liste pour l'UMP dans la circonscription du Nord-Ouest

Malgré plusieurs ennemis au sein du parti en raison d'une guerre interne Fillon-Copé pour la présidence de l'UMP en 2012, le plus proche conseiller du chef du parti l’a emporté, à la stupeur de certains.

A 44 ans, l’un des piliers de la campagne présidentielle de 2012 de Nicolas Sarkozy espère ainsi doubler la présidente du Front national.

La politique économique de la présidente du FN, qui prône la sortie de l'euro et le retour au franc, c'est la perte immédiate du pouvoir d'achat des Français de 20 à 30%.
           - Jérôme Lavrilleux

Un combat qu'il mène selon lui avec les 32.000 militants UMP de la région, qu’il inonde de SMS, " phoning", courriers pour mobiliser, en même temps qu’il sillonne les terres "utiles" à droite.

Le conseiller général de l’Aisne se prononce contre "l’élargissement sans fin de l’UE et contre l’entrée de la Turquie". Il est secondé par Tokia Saïfi, candidate sortante.

Sur la liste d'Ile-de-France figure, aux côtés d'Alain Lamassoure, une eurodéputée sortante souvent critiquée pour son absence au Parlement européen : Rachida Dati.

Rachida DatiRachida Dati,candidate UMP sur la liste pour l'Ile-de-France

J’attends que notre parti gagne dimanche. Après, ça va être une autre histoire. Ça exaspère les candidats, ceux qui sont en haut et qui appellent à l’unité et à l’apaisement, c’est eux qui mettent le foutoir. Tous les jours, il y a des gens qui tractent, collent des affiches et se font engueuler.
                   - Rachida Dati

Pendant la campagne, la maire du 7e
arrondissement, qui a choisi de se porter candidate, a critiqué les centristes dont elle reproche à certains d'entre eux de ne pas avoir rencontré d'électeurs. En outre, Rachida Dati a été démarchée par Nicolas Dupont-Aignan, candidat de la droite souverainiste et ancien de l'UMP. En effet, à l'image d'Henri Guaino ou de Laurent Wauquiez, l'ancienne ministre de la Justice est connue pour ses positions parfois eurosceptiques et critiques, comme sur le sujet de l'espace Schengen.

Rachida Dati, qui n'a pas pu faire partie du bureau de l'UMP, espère donc gagner à nouveau un siège au sein de l'hémicycle.