Justice et affaires intérieures

Nombre de personnes emprisonnées dans les Etats membres de l'UE

prison (c) istock

D’après l'édition 2017 des Statistiques pénales annuelles du Conseil de l’Europe (SPACE) portant sur l'année 20151 404 398 personnes sont incarcérées dans toute l’Europe soit 102 880 de moins qu’en 2014. Le taux d’incarcération a également diminué de 7% passant de 124 à 115,7 détenus pour 100 000 habitants.
Cependant, le problème de la surpopulation dans les prisons est toujours d'actualité. L’Espagne (133,1 détenus pour 100 places), la Hongrie (129,4), la Belgique (127), la France (113,4) et le Portugal (113) sont les pays membres de l’UE les plus concernés par ce phénomène.

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Trois États membres de l’Union européenne dépassent le seuil de 200 personnes emprisonnées pour 100 000 habitants. Il s’agit des États baltes : la Lituanie (277,7 détenus pour 100 000 habitants), la Lettonie (223,4 détenus) et l’Estonie (210,3 détenus).

A l’inverse, 14 pays se situent sous le seuil de 100 détenus pour 100 000 habitants. C’est le cas de la Croatie (79,7 détenus), Chypre (77,1 détenus), la Finlande (54,8 détenus), la France (98,3 détenus), l’Allemagne (77,4 détenus), la Grèce (89,4 détenus), l’Irlande (80,4 détenus), l’Italie (86,4 détenus), le Danemark (56,1 détenus), la Slovénie (67,8 détenus), ou encore la Suède (58,6 détenus)  et les Pays-Bas (53 détenus).
Au niveau mondial, aucun pays de l’UE ne figure parmi les 27 pays ayant le plus grand nombre de détenus pour 100 000. D’après le Centre internationale pour l’étude des prisons, les Seychelles arrivent à la première place avec 799 prisonniers pour 100 000 habitants, devant les Etats-Unis (666 prisonniers) et le Salvador (586 prisonniers).

Aucune corrélation ne peut être établie entre la population du pays et le nombre de prisonnier par habitant. L’Allemagne, pays le plus peuplé de l’Union européenne fait en effet partie des pays ayant le moins de détenus pour 100 000 habitants (82), tandis que les pays baltes, faiblement peuplés se situent tous à l’autre extrémité du spectre.

De la même manière, il est impossible d’établir un lien entre le nombre de détenus par habitant et le taux d’occupation des prisons, autre critère incontournable de l’étude du milieu carcéral. En effet, les Etats baltes affichent tous trois des taux inférieurs à 100%. A l’inverse, la Slovénie ou Chypre, où le nombre de détenus pour 100 000 habitants est réduit, dépassent pour l’un le seuil de 100% et pour l’autre le seuil de 115% en ce qui concerne le taux d’occupation des prisons.

En la matière, les "mauvais élèves" de l’Union européenne sont Chypre (115,72%), la Grèce (136,5%), la France (113,86%), le Portugal (112,38%) ou encore la Roumanie (103,10%). Au total, 9 Etats membres sur 28 dépassent le seuil de 100%.
A contrario, 11 pays se trouvent sous la barre des 90% d’occupation des prisons. Parmi ces Etats membres, on compte le Luxembourg (48,59%), la Pologne (51,37%), la Lettonie (75,34%), la Lituanie (78,25%), les Pays-Bas (78,87%), ou encore l’Irlande (85,7%).

A l’échelle mondiale, aucun Etat membre de l’Union européenne ne fait partie des 19 pays ayant le plus fort taux d’occupation des prisons. Ce "classement", également établi par le Centre international de l’étude des prisons, est dominé par  Haïti (454,4%), le Salvador (348,2%) et les Philippines (316%). La Polynésie française arrive à la 19ème place avec un taux d’occupation des prisons de 210,5%.