Collection Réflexe Europe - La Documentation française
Sport

Mircea Diaconu : "Le sport, que ce soit pour les personnes handicapées ou non, n’a pas d’égal"

Mircea Diaconu

Le 17 février dernier, un débat sur le sport et le handicap était organisé au Parlement européen à Bruxelles, à l’initiative de l’eurodéputé roumain Mircea Diaconu. En tant qu’intervenant, Sport et Citoyenneté a pu s’entretenir avec l’actuel vice-président de la Commission Culture et Education du Parlement européen.

En quoi cette thématique « Sport et Handicap » est-elle importante à vos yeux ?

Mircea Diaconu : Je pense que le patrimoine est très précieux et que le sport est un élément essentiel de notre patrimoine culturel européen, en raison de son extraordinaire capacité à transcender presque tous les obstacles, qu’ils soient politiques, géographiques ou linguistiques. Cependant, des barrières socio-économiques existent encore dans l'UE, qui compliquent l’accès au sport pour tous. Et ces obstacles sont, malheureusement, encore plus présents pour les personnes en situation de handicap.

Lors de notre conférence du 17 février, nous avons réuni des sportifs, des experts et des représentants des institutions européennes et des autorités nationales afin de réduire l'écart actuel entre la politique sportive de l’UE et la dure réalité de sa mise en œuvre dans les États membres.

Sport et Citoyenneté est un think tank européen promouvant les valeurs du sport et militant pour sa meilleure implantation dans la société.

Le sport, que ce soit pour les personnes handicapées ou non, n’a pas d’égal. Il doit devenir l’un des aspects inclusif et indivisible de la culture européenne. En tant que roumain, où que vous vous trouvez dans le monde, vous pouvez mentionner Nadia Comăneci et les gens savent d'où vous venez. Espérons qu’à l'avenir, si l’on mentionne Ionel Lungu, Laura Văleanu ou Mihăiţă Papară, les gens sauront aussi que nous sommes roumains. Ces derniers ne représentent qu'une petite partie de notre équipe nationale paralympique. Ce sont des gens aux vies extraordinaires, qui devraient être encouragés et soutenus.

La recherche dans ce domaine suggère que peu de données comparables sont disponibles sur l'état de l'activité physique pour les personnes ayant un handicap. Comment le Parlement européen peut-il être un support pour combler cette lacune ?

Mircea Diaconu : La recherche est en effet nécessaire. Cependant, nous ne devons pas nous cacher derrière les statistiques ou attendre les résultats d'une étude avant de prendre des mesures.

Depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne, l'UE s’est elle-même engagée dans la promotion du sport pour tous, de l'égalité des chances et de son financement. Cependant, son action manque encore de clarté, et sa mise en œuvre peut varier considérablement d'un État à l'autre.

Le Parlement européen doit continuer à faire pression sur les États afin d'amener des pays comme la Roumanie au même niveau que le Royaume-Uni en termes d'accès au sport et d'investissement dans tous les athlètes, qu’ils soient valides ou non. Plus nous avons d’exemples positifs à mettre en avant, plus nous serons convaincants. Cette lacune ne peut être comblée que grâce à une coopération plus profonde entre le Parlement européen, les États membres et d’autres organisations comme l’OMS.

Quelle importance ce sujet aura-t-il dans votre travail parlementaire à l'avenir ?

Mircea Diaconu : Honnêtement, mon surnom au Parlement européen est « M. Patrimoine » et je ne pense pas devenir « M. Sport » demain. Ce poste est sans doute déjà pris et beaucoup de députés ont plus d'expertise que moi dans ce domaine. Cependant, j’ai découvert le sport et ses enjeux grâce à Mihăiță Papară, qui fait partie de notre équipe paralympique et qui est en stage avec moi à Bruxelles. Ce fut un honneur de recevoir ces champions à l’occasion de cette conférence, mais j’ai été déçu d'entendre le peu d’aides reçues par ces derniers. C’est précisément pour cette raison que je resterai engagé sur ces questions tout au long de mon mandat.


Propos recueillis par Maxime Leblanc et Adrien Rodrigues.
Cet entretien est publié dans le cadre d'un partenariat avec
Sport et Citoyenneté.