Dossier Vacances 2016
Essentiel sur l'UE

La genèse de la Déclaration Schuman du 9 mai 1950

1950. Houjarray Bernard Clappier, Robert Schuman, Jean Monnet

Acte fondateur de l'Europe, la désormais célèbre 'Déclaration Schuman' prononcée le 9 mai 1950 depuis le Salon de l'horloge par le ministre des Affaires étrangères de l'époque, fête cette année ses soixante ans. Mais ce que l'on sait moins, c'est que l'idée même d'une telle déclaration est née dans l'esprit de Jean Monnet près de dix ans auparavant, en 1941. Des premières réflexions de l'un des Pères fondateurs de l'Europe à la rédaction du texte qui signera la création de la première communauté européenne, la CECA, retour sur la genèse de la Déclaration Schuman.

Washington, 1941 : les prémices d’une idée

Selon son biographe, Eric Roussel, c’est en Amérique que Jean Monnet semble avoir, dès 1940, commencé à réfléchir à l’avenir de l’Europe.

Lors de son arrivée à Washington (mandaté par Churchill, il devient vice-président du British Supply Council), le thème était à l’ordre du jour et, au Département d’Etat, on en discutait avec ardeur dans la perspective de l’après-guerre. Pour beaucoup d’Européens réfugiés aux Etats-Unis et qui réfléchissaient à l’avenir du vieux continent, ce séjour forcé fut l’occasion de découvrir le fédéralisme dont les théoriciens étaient pour la plupart anglo-saxons. Jean Monnet s’est montré particulièrement sensible à ces débats [1].

Dans ses "Mémoires", Paul-Henri Spaak évoque sa première rencontre avec Monnet à Washington en 1941 : "Nous parlâmes de l’après-guerre, de la façon dont il faudrait assurer la paix et l’avenir de l’Europe. Il m’exposa la philosophie et les grandes lignes de ce qui devait être un jour le plan Schuman." [2])


Comité français de Libération nationale (C.F.L.N.). Alger, entre le 5 juin et le 15 octobre 1943 © PPP/IPS (Paris) Source Fondation Jean Monnet pour l’Europe, LausanneAlger, juillet 1943 : en pleine guerre, le début de la réflexion de Jean Monnet

Membre à Alger du Comité français de libération nationale auprès du Général de Gaulle en tant que Commissaire à l’armement et à l’approvisionnement, Jean Monnet pousse davantage sa réflexion sur l’avenir de l’Europe, alors en pleine guerre.

Etienne Hirsch, ingénieur et résistant, rejoint Alger en juillet 1943 et devient l’un des plus proches collaborateurs de Jean Monnet (il sera l’un des futurs co-rédacteurs de la Déclaration Schuman). Un matin de l’été 1943, Hirsch surprend Monnet penché sur une carte en train de couvrir de hachures la Ruhr, la Lorraine, le Luxembourg, la Campine, le Borinage.

- "Que faites-vous ?"
- "C’est de là que vient tout le danger, lui répond Monnet. C’est grâce aux productions de charbon et d’acier que l’Allemagne et la France forgent les instruments de la guerre. Pour empêcher un nouveau conflit, il faut, sous une forme ou sous une autre, soustraire cette région aux deux pays qui, par trois fois en moins d’un siècle, s’étaient affrontés."

Interloqué, Hirsch rétorque tranquillement qu’il lui paraissait utopique de reconstituer une Lotharingie et qu’il serait sage de rechercher une autre méthode. Le problème chemina dans l’esprit de Monnet pour aboutir sept ans plus tard au concept de la Communauté européenne du charbon et de l’acier [3].


Alger, 5 août 1943 : une vision pour l’Europe et un plan d’action pour la paix

Jean Monnet
Né le 9 novembre 1888 à Cognac, où il fait des études brèves. Il complète sa formation par de nombreux voyages. De 1914 à 1918, il propose au président du Conseil de coordonner les ressources de guerre franco-britanniques. En 1939, en pleine débâcle, il soumet un projet d’Union franco-britannique, qui ne verra pas le jour. Trois ans plus tard, il est chargé du premier Plan français de modernisation et d’équipement. Il imagine, en 1950, de souder les destins des deux pays par une mise en commun de la production du charbon et de l’acier, matières premières de l’industrie de guerre. Il élabore le projet de Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) dans sa maison d’Houjarray. Son idée de mise en commun des productions de charbon et d’acier, soumise au ministre des Affaires Etrangères Robert Schuman, est rendue publique le 9 mai 1950, sous l’appellation de "Déclaration Schuman".

Voir la biographie

Comment éviter de revivre les erreurs du passé, comment créer les conditions d’une paix durable entre les ennemis d’hier ?

Dans une note fameuse, datée du 5 août 1943 à Alger, Jean Monnet s’interroge sur la manière de rétablir durablement la paix et d’assurer la reconstruction économique en Europe une fois le conflit terminé.

A cette époque déjà, il reconnaît que le cœur du problème réside dans la relation entre la France et l’Allemagne. Il faut créer un lien entre ces deux pays et réunir autour d’eux tous les pays libres de l’Europe pour bâtir ensemble une communauté de destin.

Il écrit : "Il n’y aura pas de paix en Europe si les Etats se reconstituent sur une base de souveraineté nationale avec ce que cela entraîne de politique de prestige et de protection économique. […] L'Europe se recréera une fois de plus dans la crainte. Les pays d’Europe sont trop étroits pour assurer à leurs peuples la prospérité que les conditions modernes rendent possible et par conséquent nécessaire. […] Leur prospérité et les développements sociaux indispensables sont impossibles, à moins que les Etats d’Europe ne se forment en une fédération ou une "entité" européenne qui en fasse une unité économique commune." [4]

Dans cette note, Monnet expose, en outre, ce qui constituera presque toute la teneur de la Déclaration Schuman : limitation des souverainetés nationales, subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général, lutte contre le protectionnisme, nécessité pour l’Europe d’accroître ses débouchés sur le marché mondial, lien entre les réformes sociales internes et la création d’un ordre mondial plus équitable, lien également entre la modernisation et l’efficacité économique, et in fine, la constitution d’une fédération ou "entité" européenne.

 

 

 

 

 

 


Portrait de Jean Monnet, le 16 juin 1955. © Photothèque de la Commission des Communautés européennes Source Fondation Jean Monnet pour l’Europe, LausanneParis, 1946-1950, Jean Monnet Commissaire au plan, souligne les insuffisances des tentatives d’unification de l'Europe

Depuis 1946, Jean Monnet occupe le poste de Commissaire général du Plan de modernisation et d’équipement. Tout entier consacré à sa tâche, il n’est pas mêlé aux premières tentatives d’unification : les mouvements fédéralistes et unionistes, de toutes tendances politiques, organisent un grand Congrès, à La Haye, en mai 1948.

A l’époque, Monnet craint qu’il ne débouche sur aucune réalité : "Dans la grande confusion d’idées caractéristique de tels rassemblements, on eût pu, j’en suis sûr, discerner quelques lignes d’action fécondes mélangées à beaucoup de rêve. Mais j’avoue que je n’y prêtai pas beaucoup d’attention, et l’enlisement des résolutions enthousiastes, qui devaient aboutir un an après à la formule du Conseil de l’Europe, me confirma que cette voie conduisait à une impasse.". [5]

Jean Monnet est aux Etats-Unis quand est signée la Convention de l’Organisation Européenne de Coopération Economique (OECE). En prenant connaissance du texte il distingue la faiblesse d’un système qui ne dépasse pas le stade de la simple coopération intergouvernemental.

Il s’en confie au Président du Conseil, Georges Bidault, dans une note du 18 avril 1948 : "L’effort des différents pays, dans les cadres nationaux actuels, ne sera pas, à mon avis, suffisant. En outre, l’idée que seize pays souverains coopéreront effectivement est une illusion. Je crois que seule la création d’une fédération de l’Ouest, comprenant l’Angleterre, nous permettra en temps voulu de régler nos problèmes et finalement d’empêcher la guerre. J’en sais toutes les difficultés -peut-être l’impossibilité, mais je ne vois pas d’autre solution, si le répit nécessaire nous est accordé." [6]

Pour Jean Monnet, "il faut commencer par des réalisations à la fois plus pragmatiques et plus ambitieuses, attaquer les souverainetés nationales avec plus d’audace sur un point plus limité." [7]


1949-1950 : le contexte de la guerre froide presse la recherche d’une solution

Après le blocus de Berlin en 1948, la création des deux Allemagnes en 1949 et celle de l’OTAN la même année, Jean Monnet se montre très soucieux au sujet de la situation internationale.

La solution réside dans l’organisation de l’Europe ; une Europe unie jouerait nécessairement un rôle dans la détente internationale, en atténuant l’affrontement bipolaire des Etats-Unis et de l’Union soviétique.


Jean Monnet / Bernard Clappier : une rencontre décisive

Depuis 1947, Bernard Clappier, directeur de Cabinet de Robert Schuman (alors ministre des Finances), est souvent amené à déjeuner avec Jean Monnet au siège du Commissariat au Plan.

Vers le début du mois de mars 1950, Jean Monnet entreprend de lui lire les notes qu’il a rédigées au sujet de l’Allemagne. Il ne lui en laisse pas de traces écrites mais cela n’empêche pas Clappier de mettre Robert Schuman au courant.

Un mois plus tard, vers la mi-avril, Monnet interroge Clappier sur les réactions de R. Schuman. Clappier lui fait savoir que Robert Schuman "aime les écrits, les textes, qu'il peut étudier à loisir. C'est donc en lui remettant un texte qu'on pourra obtenir de lui une réaction sérieuse." [8]

Le vendredi 28 avril 1950, Jean Monnet remet à Bernard Clappier une note qui contient tous les éléments clés de la future Communauté européenne du Charbon et de l’Acier. Le 29 avril, Clappier accompagne jusqu’à la gare de l’Est Robert Schuman, qui est sur le point de quitter Paris pour aller passer la fin de la semaine chez lui à Scy-Chazelles en Lorraine.

Le ministre emporte donc le document pour pouvoir l'étudier tranquillement et à son retour, le lundi 1er mai, Schuman déclare à Clappier : "J’ai lu le papier Monnet. J’en fais mon affaire".

A peine rentré au Quai d'Orsay le ministre demande à Jean Monnet de le rejoindre. L'initiative est alors dans le champ de la responsabilité politique. Le temps presse, et le succès de l’opération implique une discrétion absolue. [9]


Première page du 9ème projet de la Déclaration, 6 mai 1950 Fondation Jean Monnet pour l’Europe, Lausanne. Archives de Jean Monnet, AMG1/2/9.La rédaction de la Déclaration Schuman : neuf versions en trois semaines

Le 12 avril 1950, Jean Monnet rencontre dans son bureau du Commissariat au plan un jeune professeur de droit de l’université d’Aix en Provence et jurisconsulte au Quai d’Orsay, Paul Reuter.

Le dimanche 16 avril 1950, Jean Monnet convie Paul Reuter et Etienne Hirsch chez lui, à Houjarray (Yvelines) près de Paris.

Rejoints plus tard par l’économiste Pierre Uri (futur co-rédacteur des traités de Rome), ils rédigent une note de quelques feuillets qui contient à la fois l'exposé des motifs et le dispositif d'une proposition qui allait bouleverser tous les schémas de la diplomatie classique (Notes de Paul Reuter, nuit du 16 au 17 avril 1950 : "Paix – Europe – France-Allemagne – Renonciation partielle souveraineté… ") [10]

Ils précisent l'idée d'un pool charbon-acier européen et rédigent un premier texte. Mais, déjà, tout est là : "L’Europe doit être organisée sur une base fédérale. Une union franco-allemande en est un élément essentiel, et le gouvernement français est décidé à l’entreprendre…".

Le 6 mai 1950, ils rédigent la neuvième et dernière version de ce texte. Jean Monnet veille à ce que ce travail soit entouré de la plus grande discrétion.

Outre Robert Schuman et le secrétaire général du quai d’Orsay, Alexandre Parodi, deux ministres sont dans la confidence, René Mayer et René Pleven, ainsi que les collaborateurs de Monnet, Pierre Uri, Étienne Hirsch, Robert Marjolin ou encore Paul Reuter. Au total, neuf personnes ! [11]

"Je ne saurais préciser, à vingt-cinq ans de distance, quelle fut la contribution de chacun de nous trois à ce texte… Je peux seulement dire que sans Hirsch et sans Reuter, il n’eût pas atteint d’emblée la forme élaborée qui fait de lui le véritable document d’origine de la Communauté." [12]


salon de l'horlogeParis, note du 3 mai 1950 à Robert Schuman

Alors qu’il rédige les différentes versions de ce qui deviendra la Déclaration Schuman, Jean Monnet écrit le 3 mai au ministre des Affaires étrangères : "Il faut changer l'esprit des hommes.

Des paroles n'y suffisent pas. Seule une action immédiate portant sur un point essentiel peut changer l'état statique actuel. Il faut une action profonde, réelle, immédiate et dramatique qui change les choses et fasse entrer dans la réalité les espoirs auxquels les peuples sont sur le point de ne plus croire…

Il ne faut pas chercher à régler le problème allemand qui ne peut être réglé avec les données actuelles. Il faut en changer les données en les transformant. Il faut entreprendre une action dynamique qui transforme la situation allemande et oriente l’esprit des Allemands, et ne pas rechercher un règlement statique sur les données actuelles." [13]

La pensée de Monnet s’affine : le litige franco-allemand porte sur la Sarre et la Ruhr, c’est donc sur les richesses que produisent ces régions - et qui en font un enjeu - qu’il faut porter l’effort.

Le charbon et l’acier étaient à la fois la clef de la puissance économique et celle de l’arsenal où se forgeaient les armes de guerre. Cette double fonction leur donnait alors une formidable signification symbolique. Les fusionner par-dessus les frontières serait leur ôter leur prestige maléfique et les tournerait, au contraire, en gage de paix.

La fusion du charbon et de l’acier des deux pays : l’idée est née, il faut désormais lui donner une forme économique, politique, institutionnelle.

Le 3 mai 1950, Robert Schuman, de son côté, évoquait en Conseil des ministres la vague possibilité d’une prochaine initiative française à l’égard de l’Allemagne, projet qu’il doit annoncer à la réunion tripartite à Londres le 10 mai.
Le jour où l’Europe est née: 9 mai 1950, 18h00…

Le Conseil des ministres au cours duquel Schuman devait annoncer le projet de pool charbon-acier aurait dû se tenir le mercredi 10 mai, jour pendant lequel le ministre français avait également rendez-vous avec ses homologues anglo-saxons à Londres. Pleven et Mayer firent en sorte que le Conseil soit avancé au 9 mai.

Dans la matinée du 9 mai, au moment même où Robert Schuman défendait sa proposition devant ses collègues en Conseil des ministres, Robert Mischlich, un de ses proches collaborateurs, la communiquait en main propre au Chancelier Adenauer, qui dut, pour le recevoir, interrompre une séance du cabinet fédéral à Bonn.

Le Chancelier fut immédiatement enthousiasmé par la proposition. Robert Mischlich, fort de l’approbation d’Adenauer, appela immédiatement Bernard Clappier qui demeurait dans un bureau de l’Elysée, lieu où se tenait le Conseil des ministres. Ce dernier, après en avoir informé Schuman, appela Monnet au Commissariat du Plan : "C’est acquis, on peut y aller".

En Conseil, il y eut quelques réticences de la part de certains, à l’instar de Georges Bidault, mais Pleven et Mayer se firent les avocats convaincants de la proposition Schuman. Finalement le Conseil des ministres français donna son accord. [14]

Dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay, à 17h30, une centaine de journalistes convoqués, dont beaucoup d’étrangers, attendent le ministre des Affaires étrangères français.

Roger Massip, du Figaro, témoigne : "Mêlé à mes confrères de la presse, j’assistai à l’événement. Il reste de la cérémonie une image précise : celle de Robert Schuman, pénétrant dans la salle, silhouette familière, la tête penchée en avant, marchant à pas feutrés, suivi de quelques fonctionnaires. Il prit la place qui lui avait été réservée au bout d’une grande table revêtue du classique tapis vert. A sa droite, assis, silencieux, Jean Monnet. Ayant ajusté avec soin ses lunettes à grosse monture et aux verres épais qui accusaient la malice de son regard, le ministre commença sa lecture. J’entends aujourd’hui encore son accent rude et heurté : "Il n’est plus question de vaines paroles, mais d’un acte hardi, d’un acte constructif. La France a agi, et les conséquences de son action peuvent être immenses. Nous espérons qu’elles le seront…"

C’était le début d’une introduction donc la lecture dura très exactement une minute et demie. Après quoi le ministre rendit public le texte de sa proposition. Lorsqu’il s’arrêta, la demie de dix-huit heures sonnait à l’Horloge. C’était la fin d’un jour mémorable, la fin du jour où l’Europe est née… ". [15]

Cette déclaration constitue l’acte de naissance de la Communauté européenne du charbon et de l'acier, première pierre fondatrice de l’Union européenne.

 

 

Réalisée en partenariat avec l'Association Jean Monnet (Paris) et la Fondation Jean Monnet pour l'Europe (Lausanne)

Notes de bas de page

[1] Eric Roussel, Jean Monnet, Fayard, 1996, p. 378
[2] Paul-Henri Spaak, Combats inachevés, tome 2 : de l’espoir aux déceptions, p. 38
[3] Etienne Hirsch, Ainsi va la vie, Fondation Jean Monnet pour l’Europe, 1988, p. 78
[4] Fondation Jean Monnet pour l’Europe, Un changement d’espérance, la Déclaration du 9 mai 1950, 2000, p. 25
[5] Jean Monnet, Mémoires, Fayard, 1976, p. 323
[6] Jean Monnet, Mémoires, Fayard, 1976, p. 323
[7] Jean Monnet, Mémoires, Fayard, 1976, p. 323
[8] Interview de Bernard Clappier par Roger Massip, L’Europe, une longue marche, Fondation Jean Monnet pour l’Europe, 1985, p. 22-23
[9] Pascal Fontaine, Jean Monnet l’Inspirateur, Jacques Grancher éditeur, 1988, p. 61
[10] Fondation Jean Monnet pour l’Europe, Un changement d’espérance, la Déclaration du 9 mai 1950, 2000, p. 106
[11] Jean Monnet, Mémoires, Fayard, 1976, p. 355-356
[12] Jean Monnet, Mémoires, Fayard, 1976, p. 349
[13] Fondation Jean Monnet pour l’Europe, Un changement d’espérance, la Déclaration du 9 mai 1950, 2000, p. 79
[14] Fondation Jean Monnet pour l’Europe, Un changement d’espérance, la Déclaration du 9 mai 1950, 2000, p. 171
[15] Fondation Jean Monnet pour l’Europe, Un changement d’espérance, la Déclaration du 9 mai 1950, 2000, p. 171