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Justice et affaires intérieures

[Revue de presse] La France et la Belgique appellent à un renforcement des frontières extérieures

Manuel Valls

Lasse de l'image de plaque tournante du terrorisme qu'elle s'est vue attribuer après les attentats de Paris, la Belgique accueillait hier la France pour un mini-sommet sur le renforcement de la lutte antiterroriste. A l'issue de leur rencontre, les deux chefs de gouvernements ont annoncé plusieurs mesures : la mise en place d'un magistrat français en charge de la liaison intergouvernementale ou encore le renforcement des effectifs destinés aux contrôles frontaliers. Ils ont, par la même occasion, exprimé leurs attentes à la Commission européenne qui présente aujourd'hui son plan d'action contre le financement du terrorisme.

La lutte contre le terrorisme, un objectif commun

"'Le message principal, c'est que nous sommes côte à côte et déterminés à faire face pour élever le niveau de sécurité de nos concitoyens', a expliqué Charles Michel lors d'une conférence de presse tenue avec son homologue français à l'issue d’un mini-sommet sur la lutte contre le terrorisme", rapporte France 24.

Si "officiellement, les deux pays voisins se félicitent de travailler main dans la main", la Tribune de Genève rappelle que "la Belgique, en particulier ses services de police et de renseignement, impuissants à prévenir le massacre, ont néanmoins été la cible de critiques en France, qui sont mal passées outre-Quiévrain". Pourtant, Manuel Valls a annoncé n'avoir "jamais douté un seul instant de la force et de la détermination du gouvernement belge", clamant que le réel problème vient des "systèmes d'information, de renseignement et de prévention […] au niveau de l'Europe", cite La Libre Belgique.

Cependant, l'heure n'est plus au "fameux bashing" qu'a condamné le Premier ministre belge Charles Michel, mais à un renforcement de la coopération franco-belge. "Réunis à Bruxelles, les gouvernements français et belge ont annoncé une série de mesures et de propositions visant à renforcer la coopération des pays européens après les attentats de Paris" [L'Express / AFP].

Selon France 24, la "première application concrète de cette coopération" sera l'installation à l'ambassade de France à Bruxelles d'un "magistrat de liaison français" pour "fluidifier plus encore l'entraide entre les deux pays" et "approfondir la connaissance de leurs systèmes juridiques et judiciaires". "Manuel Valls a plaidé lundi à Bruxelles pour l'élaboration d'un 'pacte européen de sécurité, indispensable à la survie de Schengen'", insiste Le Point.

Vers une réforme de l'espace Schengen ?

Le Premier ministre français a également "cité l'échange de policiers et d'officiers de liaison et le renforcement de la coopération de la police transfrontalière", rapporte Romandie. "La France et la Belgique appuient également la volonté de la Commission européenne de modifier les règles de l'espace Schengen, 'afin notamment d'instaurer de manière systématique et obligatoire le contrôle aux frontières extérieures', y compris pour les ressortissants européens", ajoute l'Express.

Mais la réforme de Schengen pourrait aller plus loin, juge Le Monde, qui rapporte que l'exécutif européen a lancé "une complexe – mais redoutable – procédure" pouvant aboutir, à terme, à une "mise en quarantaine" de la Grèce.

La Commission esquisse son plan d'action

La Commission européenne, justement, "dévoile ce mardi son nouvel arsenal contre le financement du terrorisme" [Les Echos]. Dans le cadre d'un entretien publié sur le site du quotidien, Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne, regrette que "les services de renseignement partagent peu leurs données, à la fois par peur des fuites et car ils ne le font que s’ils ont en échange des informations neuves".

De quoi être satisfait de la coopération franco-belge annoncée, donc, bien que les deux gouvernements aient appelé de leurs vœux une réponse européenne. Deux dossiers sont évoqués. D'une part, le "'PNR européen' recensant au niveau européen les données concernant les passagers aériens", d'autre part "la fraude documentaire". C'est à propos de ce 2nd sujet que Manuel Valls a appelé à Commission européenne à "faire rapidement des propositions législatives", cite Le Point.