Dossier Vacances 2016
Energie

La dépendance énergétique européenne

La dépendance énergétique européenne

En février 2016, l'Office européen des statistiques (Eurostat) a publié un état de la dépendance énergétique européenne. Cette dépendance du continent aux importations, notamment de pétrole et de gaz, est au centre des préoccupations politiques relatives à l'Union de l'énergie. Les tensions entre l'Europe et la Russie autant que l'instabilité du cours du pétrole ou encore l'imprévisible issue du conflit au Moyen-Orient amènent à s'interroger sur les risques que fait encourir ce manque d'indépendance de l'Union européenne. D'où vient l'énergie européenne et quels pays en importent le plus ? La réponse en carte.

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La dépendance énergétique au plus bas dans 9 Etats membres

Le taux de dépendance énergétique

Ce taux, qui représente la part d'énergie importée par rapport au total d'énergie consommée, montre à quel niveau une économie repose sur ses importations pour subvenir à ses besoins en énergie.

Les trois pays européens au meilleur ratio énergie consommée / produite sont, en 2014, l'Estonie (8,9%), le Danemark (12,8%)et la Roumanie (17%), suivis par la Pologne (28,6%), la République tchèque (30,4%), la Suède (32%), les Pays-Bas (33,8%) et la Bulgarie (34,5%).

Au cours de la même année, certains pays connaissent leur plus haut taux de dépendance énergétique depuis 1990. Ce sont Malte (97,7%), le Luxembourg (96,6%), Chypre (93,4%), l'Irlande (85,3%), la Belgique (80,1%)  et la Lituanie (77,9%).

Parmi les cinq Etats membres consommant les plus grandes quantités d'énergie, les moins dépendants de leurs importations sont le Royaume-Uni (45,5%) et la France (46,1%), à l'inverse de l'Allemagne (61,4%), de l'Espagne (72,9%) et de l'Italie (75,9%).

La performance de neuf pays est à souligner : la Bulgarie, l'Estonie, la France, l'Italie, la Lettonie (40,6%), le Luxembourg (96,6%), Malte, le Portugal (71,6%) et la Roumanie. En 2014 ils ont atteint leur plus faible taux de dépendance à l'énergie importée, à la différence de la République tchèque (30,4%), qui n'a jamais eu, depuis 1990, autant besoin d'importer son énergie.

L'UE dépend des importations pour un peu plus de la moitié de sa consommation d'énergie

En 2014, l'Union européenne dépend, pour 53,4% de sa consommation d'énergie, de ses importations. Le reste de l'énergie est produite sur le sol européen.

Sur le long terme, la dépendance énergétique européenne a augmenté depuis 1990. Cette évolution n'est pas constante. Depuis 2008, plus haut pic de dépendance enregistré à ce jour, l'Union produit chaque année un peu plus d'énergie.

L'indépendance énergétique européenne dépend des politiques adoptées par les Etats membres. Les Etats sont autonomes dans le choix de leurs sources d'approvisionnement et de leur mix énergétique.

La Russie, fournisseur majoritaire de l'Union européenne

En 2013, sur l'ensemble de ses importations, 39% du gaz, 33,5% du pétrole et 28,8% des combustibles solides sont russes. Le second pays dont dépend le plus l'Union est la Norvège, seul pays européen à produire plus d'énergie que ce qu'il n'en consomme, avec un taux de dépendance énergétique de -569,6%.

Par la suite, les nombreux rebondissements des projets de gazoducs South Stream (devant permettre à la Russie de fournir l'Italie, l'Autriche et les Balkans) et North Stream 2 (toujours en négociations entre l'Allemagne et la Russie, soutenu par l'Autriche), ont soulevé des inquiétudes quant à la pérennité d'un partenariat énergétique russo-européen.

Le "paquet sécurité énergétique"

La Commission européenne a présenté le 16 février son premier "paquet législatif" sur la sécurité énergétique, censé approfondir l'Union de l'énergie.

La Commission devrait dans un premier temps lancer un processus de régionalisation et répartir les Etats membres en neuf grandes régions de l'énergie.
Ces neufs régions devraient se fournir auprès de trois fournisseurs différents au minimum. Cela implique cependant une ouverture des marchés de l'énergie, ce à quoi les pays européens pourraient être réticents.

D'autre part, la Commission souhaite encourager le recours au gaz naturel liquide (GNL). Ce combustible, facile à transporter et à stocker, aujourd'hui encore peu exploité, pollue moins que le pétrole ou le charbon. Le GNL permettrait à l'UE de diversifier ses partenaires commerciaux en se tournant vers l'Australie, l'Iran, la Turquie ou le Nigéria.
Cependant, cela reste un combustible fossile dont l'utilisation engendre une production de méthane.

Enfin, la Commission européenne souhaiterait s'exprimer a priori sur la conformité des accords conclus par les Etats membres avec les objectifs de l'Union de l'énergie. Une expression qui pourrait aller jusqu'à prendre la forme d'un droit de veto.

Ce projet de législation doit encore être débattu par les Etats membres et le Parlement européen avant qu'une adoption soit envisageable.