Culture

Journées européennes du patrimoine : les sites remarquables en Europe

Journées du patrimoine

A l’occasion des Journées européennes du patrimoine (16 et 17 septembre), Toute l’Europe vous propose une liste des sites les plus remarquables issus du patrimoine européen. Chacun de ces sites raconte une partie de l’histoire commune du vieux continent, de l’Athènes classique aux institutions communautaires qui siègent à Bruxelles.

Athènes et son acropole

Acropole Athènes

Athènes nous fait remonter le temps jusqu'aux premières idées démocratiques. La capitale grecque est aussi indissociable de son Acropole, un monument connu dans le monde entier, inscrit au patrimoine de l’Unesco depuis 1987 et qui fait l’objet d’une campagne de restauration depuis 1975. Ce fut au Ve siècle avant J-C que la colline rocheuse du plus haut point de la ville, à 156 mètres d’altitude par rapport au niveau de la mer, vit apparaître les premiers temples, tels que nous les voyons aujourd’hui. Suite à sa victoire sur les Perses et à l’établissement de la démocratie, Athènes voit naître l’Acropole dont Périclès, un homme d’Etat athénien, compta parmi les hommes à l’origine du projet. Symbole universel de l'esprit et de la civilisation classiques, les temples de l’Acropole rendent hommage aux divinités de la mythologie, dont la plus adulée par le peuple était Athéna, déesse de la Sagesse et de la Guerre, qui donna son nom à la ville et en devint la protectrice. 

Rome

Les colonnes de Trajan

Rome aujourd’hui, c’est le tumulte de la grande ville, des millions de visiteurs chaque année dans cette capitale italienne de 2,8 millions d’habitants, où la Dolce vita ne se discute pas, mais se vit. La légende dit qu’elle fut fondée en 753 av. J-C par Romulus et Remus, deux jumeaux qui furent allaités par une louve, devenue symbole de Rome. Avant que cette ville qui vit le jour le long du Tibre ne devienne la capitale de l’Italie en 1871, c’est par son histoire qu’elle fit sa renommée. Elle fut en effet d’abord centre de la République romaine, puis de l’Empire romain et capitale du monde chrétien au IVe siècle. En quelques siècles, l’Empire romain a dominé l’ensemble du bassin méditerranéen et en 117, il atteint son expansion maximale et sa plus grande stabilité politique avant le commencement du déclin. Il reste entre autres de cette grandeur le droit romain, tandis que le centre historique de Rome est classé au patrimoine de l’Unesco, comportant quelques-uns des principaux monuments de l’Antiquité tels que les forums et le mausolée d’Auguste, les colonnes de Trajan et de Marc Aurèle, le mausolée d’Hadrien, le Panthéon, ainsi que les édifices religieux et publics de la Rome papale.

Prague

Prague

Située en plein coeur de l’Europe centrale, la ville aux cent clochers fascine par son côté romanesque. En échappant aux destructions de la Seconde Guerre mondiale, Prague a conservé son architecture mêlant les styles préroman, roman, gothique, rococo, Art nouveau, cubiste…  Aujourd’hui capitale de la République tchèque, cette cité médiévale porte plus de 1 100 ans d’histoire et son centre-ville historique est inscrit sur la liste du patrimoine mondial par l’UNESCO depuis 1992. La capitale tchèque construite autour de deux rives qui furent reliées dès 1170 par un pont de pierre doit surtout son charme à un homme :  Charles IV, roi de Bohême et empereur du Saint-Empire romain germanique, qui y naquit en 1316. C’est sous son règne que Prague devint en 1355 la capitale du Saint Empire romain germanique et qu’elle attira l’attention de l’Europe entière. Aujourd’hui, plus de 18 millions de personnes visitent chaque année cette ville, dont la moitié sont des étrangers.

LAlhambra, Cordoue et lAndalousie

L'Alhambra

Grenade ne serait pas Grenade sans l’Alhambra : ce magnifique ensemble fortifié, avec au loin les sommets enneigés de la Sierra Nevada, domine la plaine et la ville du Sud de l’Espagne, faisant face au quartier populaire et pittoresque de l'Albaicin. Avec ses magnifiques jardins, ses forteresses, ses appartements royaux et ses casernes, l’Alhambra porte un nom d’origine arabe. Elle témoigne, avec la Grande mosquée de Cordoue, de la présence musulmane en Espagne du VIIIe au XVe siècle, dont découle l’art hispano-mauresque du sud de l’Andalousie. Au VIIIe siècle, le sud de l’Espagne est occupé par l’empire arabe omeyyade, remplacé en 750 par le Califat abbasside. Cette domination va durer de 711 jusqu’en 1492, produisant une riche synergie culturelle et une grande production artistique et scientifique et faisant de Cordoue, la capitale de l’émirat Al-Andalus, la plus grande ville d’Europe au Xe siècle. La Reconquête espagnole au XVe siècle met fin à cette période, avec la chute du dernier bastion musulman à Grenade.

Florence et la Renaissance

La cathédrale Santa Maria del Fiore

La Renaissance italienne marque entre le XIVe et le XVI siècle une période de grands changements culturels en Europe, développant l’humanisme, redéfinissant le rôle de l’homme et de la religion, introduisant la perspective dans la peinture. Florence est le berceau de ce mouvement, dont on connaît aujourd’hui les noms des principaux protagonistes : Michel-Ange, Léonard de Vinci, Raphaël ou encore Machiavel et Pétrarque. Huitième ville d'Italie par sa population, Florence est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1982, pour ses monuments qui racontent le rôle joué par la ville sous les Médicis aux XVe et XVIe siècles : la cathédrale du XIIIe siècle Santa Maria del Fiore, l'église Santa Croce, le palais des Offices et le palais Pitti qui sont l'œuvre d'artistes comme Giotto, Brunelleschi, Botticelli et Michel-Ange. En 2016, près de 5 millions de touristes ont visité Florence.

La tour de Belém, Lisbonne

Tour de Belem

Lorsqu’on pense au Portugal, on pense évidemment aux explorations. A Lisbonne, dans la capitale portugaise, la tour de Belem, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en 1983, rappelle les découvertes maritimes qui ont marqué le monde moderne. Construite au début du XVIe siècle pour garder l'entrée du port de Lisbonne, elle se situe tout près du monastère des hiéronymites, également inscrit au patrimoine de l’UNESCO. De style manuélien, la tour témoigne de l’art portugais à son apogée et de ses explorateurs, Vasco de Gama en premier lieu (son corps repose aujourd’hui dans le tout proche monastère des Hiéronymites). Au XVe siècle, le Portugal était en effet la première puissance maritime au monde. Il fut également au XIIIe siècle le premier état d'Europe à avoir atteint ses frontières définitives, et Lisbonne en devint la capitale en 1255. Plus de 11 millions de touristes étrangers ont visité le Portugal en 2016.

Paris, le long de la Seine

La Tour Eiffel

Paris, Ville Lumière. Si l’origine de cette expression fait référence à plusieurs hypothèses, cette appellation pour désigner la capitale française est souvent associée au Siècle des lumières et des philosophes du XVIIIe. Ville la plus peuplée de France avec ses 2 millions d’habitants, elle joua un rôle majeur au sein de l’Europe. Au XVIIe siècle, elle est la capitale de la principale puissance politique européenne et devient au XVIIIe siècle, l'un des plus grands centres culturels de l’Europe. Entre 1814 et 1852, c’est à Paris que des grands débats se font autour de sujets majeurs comme la révolution et le royalisme, le nationalisme et le cosmopolitisme, l’athéisme et le catholicisme. Chaque année, elle accueille plus de 20 millions de visiteurs (en baisse en 2015 et 2016 à cause des attentats), qui viennent y admirer des chefs d’oeuvre de l’architecture comme le Louvre, la tour Eiffel et l’arc de Triomphe. Les rives de la Seine, classées au patrimoine de l’Unesco depuis 1991, retracent en quelques kilomètres toute l’évolution et l’histoire de la capitale française, et représentent l’endroit le plus emblématique de la ville.

Le palais de Schönbrunn à Vienne

Le palais de Schönbrunn

C’est d'abord son aspect grandiose qui étonne. Le palais de Schönbrunn à Vienne émerveille en effet par son imposante architecture et ses jardins. Résidence impériale des Habsbourg du XVIIIe siècle à 1918, imaginée par les architectes Johann Bernhard Fischer von Erlach et Nicola Pacassi, il contient des chefs-d’œuvre d'art décoratif. Classé au patrimoine mondial de l'Unesco depuis 1996, il témoigne de la culture autrichienne et du passé de l’Empire austro-hongrois. Depuis les années 1960, il demeure l'un des sites touristiques les plus visités de la capitale autrichienne, recevant plus de 2 millions de visiteurs par an. C’est dans cette résidence d’été des Habsbourg - qui compte au total 1441 pièces, dont 45 peuvent être visitées - que Marie-Thérèse, l'empereur François-Joseph et l'impératrice Elisabeth passèrent du temps. L’impératrice est depuis devenue un vrai personnage culte, où le musée Sisi lui est dédié.

Londres, capitale de la révolution industrielle

Big Ben

Au XIXe siècle, Londres est la ville la plus peuplée du monde, avec environ un million d’habitants en 1801 et 6 millions cent ans plus tard. Sa grandeur prend une forme toute particulière lorsqu’en mai 1851, elle organise l’Exposition universelle, une première dans le monde. Elle réunit 14 000 exposants venus du monde entier et se tient dans le Crystal Palace, un immense bâtiment de verre et de métal édifié spécialement pour l’occasion. Londres est alors le pôle majeur du commerce mondial, au sommet de la puissance britannique d'époque victorienne. La presse lui consacre de nombreux articles où l’on présente la puissance industrielle de cette ville gigantesque d’Angleterre, qui avant Paris, et la plupart des grandes villes européennes, a été la première à réorganiser son centre. Plusieurs monuments londoniens racontent cette époque glorieuse, du célèbre Tower Bridge à la Royal Albert Hall, en passant par le symbole même de la ville : le Big Ben.

Le centre historique de Varsovie 

Centre de Varsovie

Loin de la grisaille, la vieille ville de Varsovie offre un labyrinthe de ruelles pavées et de belles façades colorées. Ce quartier qui date du XIIIe siècle invite à la promenade avec sa place du marché, avec ses restaurants et ses cafés. Mais le centre historique de la capitale polonaise ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui s’il n’avait pas été reconstruit à l’identique après la Seconde guerre mondiale. En août 1944, la population de Varsovie décide de se libérer par elle-même et alors que l’Insurrection progresse rapidement, les troupes nazies décident de raser la ville : plus de 85 % du centre historique de la ville est alors détruit. Après la guerre, une campagne de reconstruction sur cinq ans permet de reconstruire les églises, les palais, et la vieille ville. Le centre historique est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco et considéré comme un "exemple exceptionnel de reconstruction quasi totale d'une séquence de l'histoire". Il raconte une page très sombre de l’histoire polonaise et européenne, mais parle également de la renaissance qui a suivi.

Les restes du mur de Berlin et la Porte de Brandebourg

La Porte de Brandebourg

"Ce fut la nuit où les deux Allemagnes s’embrassèrent, ivres de bonheur de liberté… et de champagne. Ce fut cette nuit-là que les bulldozers sont arrivés au fond de la rue dont on avait oublié le nom". C’est sur ces mots que se termine l’article "La folle nuit de Berlin" du journaliste Yves Harté, qui retrace en novembre 1989 cette nuit où le "Mur" est tombé. Ce rempart de 160km de long, constitué de parpaings creux de 50 centimètres et qui séparait depuis 1961 l’Allemagne de l’Ouest de l’Allemagne de l’Est, et marquant le clivage idéologique de la Guerre froide. Aujourd’hui, au Mémorial situé à Bernauer Strasse, un pan entier du mur de Berlin a été conservé et ce sont désormais les touristes qu’il attire. Près du centre berlinois, une autre partie du mur porte désormais des graffitis et des peintures murales. La East Side Gallery a été réalisée par des artistes du monde entier sur ces derniers pans muraux. Ce sont 106 oeuvres au total. Autre symbole de la ville : la porte de Brandebourg, qui fut érigée entre 1788 et 1791. Avec ses 26 mètres de haut et 65,5 mètres de long, elle en impose par sa grandeur. Le mur de Berlin passait à côté.

Bruxelles, les institutions européennes

La Commission européenne

Au fur et à mesure que le projet européen s’est concrétisé, donnant naissance à l’Union européenne en 1992, la capitale de la Belgique est devenue de facto la capitale de l’Europe unie. A Bruxelles siègent les principales institutions de l’UE : le Parlement, lorsqu’il ne se réunit pas en session plénière à Strasbourg, la Commission, qui représente le pouvoir exécutif européen, le Conseil de l’UE, qui réunit les ministres des 28 Etats membres, et le Conseil européen, formé par les 28 chefs d’Etat et de gouvernement. Capitale d’un pays neutre durant la Seconde guerre mondiale et situé entre l’Allemagne et la France, Bruxelles a été choisie pour accueillir plusieurs organisations internationales, dont l’OTAN. Aujourd’hui, la "capitale européenne", qui compte plus d’un million d’habitants, est visitée chaque année par 3 millions de personnes (données de 2016, en baisse à cause de l’alerte terrorisme).